Décembre 22, 2019
Par Rebellyon
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Comment peut-on répondre aux violences depuis une vision antipatriarcale et anticapitaliste, pour construire de la vie devant tant de morts ? Comment peut-on construire depuis nos réalités et nos outils une base commune qui nous permette de renforcer l’organisation entre nous, entre les peuples, les collectifs, les quartiers et les organisations ?

C’est autour de ces deux questions que plus de 600 femmes cis et trans venues de tout le Mexique, de plusieurs pays d’Amérique latine et centrale, des Etats-Unis et d’Europe, ont travaillé ensemble les 26, 27 et 28 juillet 2019, à l’appel du Congrès National Indigène (CNI : Congreso Nacional Indigena).

Cette rencontre de femmes a eu lieu dans le village de San Juan Volador, situé au bord de l’océan Atlantique dans la région de Vera Cruz au Mexique.

On a eu la chance de pouvoir s’y rendre et on vous propose un documentaire radiophonique intitulé « El son del caracol » sur cette 2e rencontre nationale de femmes du Congrès national indigène de juillet 2019, diffusé pour la 1re fois dans l’émission féministe Langues de Fronde de décembre 2019 

Après leur soulèvement armé en janvier 1994 et le début du processus d’autonomie de territoires situés au Sud du Chiapas, les zapatistes ont lancé un appel à la mobilisation, cette fois pacifique, des peuples indigènes de tout le Mexique. C’est comme ça qu’est né le Congrès national indigène en octobre 1996, qui est encore aujourd’hui un réseau de solidarité entre de nombreuses luttes menées dans tout le pays, fondées sur des objectifs et des valeurs similaires à celles des zapatistes : démocratie directe, solidarité, autonomie.

Les questions de l’égalité hommes/femmes et des droits des femmes ont été dès le début un sujet important pour l’armée zapatiste de libération nationale (EZLN), qui comptait plusieurs femmes parmi ses leaders. La commandante Ramona et la commandante Susana ont ainsi parcouru les communautés zapatistes pendant 4 mois pour l’élaboration de la Loi révolutionnaire des femmes de l’EZLN, proclamée dès le soulèvement du 1er janvier 1994.

En avril 2018, les femmes zapatistes ont organisé la première rencontre internationale de femmes qui luttent, qui a rassemblé environ huit mille femmes au Chiapas. Les femmes du CNI ont alors décidé d’organiser une première rencontre nationale de femmes sur des bases similaires en juillet 2018, puis une deuxième en juillet 2019.

Vous trouverez joints à cet article les versions espagnole et française de la déclaration finale de cette deuxième rencontre de juillet 2019.

En attendant la 2e rencontre internationale de femmes qui luttent appelée par les zapatistes, qui aura lieu fin décembre 2019 au Chiapas !




Source: Rebellyon.info