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publié
le dimanche 14 juin 2020 Ă  14:24 |

Jacob, groupe belge de la FĂ©dĂ©ration anarchiste “Ici et maintenant”


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Distanciation sanitaire : siÚges condamnés

Trouver une telle expression dans les pages du journal d’un syndicat dit socialiste est inadmissible. Invoquer comme excuse qu’il s’agit d’une expression relevant de l’usage courant ne l’est pas non plus. J’en veux pour exemple que le gouvernement, lui, fait attention Ă  un usage appropriĂ© du mot social et parle systĂ©matiquement de distance physique !

Surtout que, si on rĂ©flĂ©chit un peu, on comprend que l’expression de « distanciation sociale Â» n’a pas le sens qu’on veut lui donner. Si en Belgique il y a encore des nobles, pour autant, il n’y a plus de distance sociale qui contraindrait le peuple Ă  respecter une Ă©tiquette dĂ©gradante. Par ailleurs, il n’y a pas non plus de castes. En revanche, il y a bien des classes sociales et une distance sociale, un conflit, entre exploiteur.euse.s et exploitĂ©.e.s, et l’un des buts premiers de la FGTB est de les dĂ©truire Ă  jamais.

Dans le cadre d’une Ă©pidĂ©mie, il convient de respecter une distance physique ou d’établir une barriĂšre physique pour se protĂ©ger. On peut donc parler de distance physique, de distance de sĂ©curitĂ©, de distance hygiĂ©nique ou, plus pĂ©dant, de distance prophylactique. Pas de distanciation sociale.

À cause du confinement, des distances de sĂ©curitĂ© et du port du masque, il nous manque justement le contact social nĂ©cessaire aux humains. C’est cela dont nous avons Ă©tĂ© privĂ©s. Nous sommes une espĂšce sociale (comme l’a rappelĂ© la premiĂšre ministre, encore une fois c’est une libĂ©rale qui souligne ce fait, alors que j’ai entendu des personnes de gauche parler de distance sociale
 Un comble ! ) Il n’est donc pas question de diminuer les contacts sociaux, mais au contraire de les augmenter par tous les moyens disponibles … en respectant la distanciation de sĂ©curitĂ© ou la distanciation physique, pour parler comme le gouvernement ( une fois n’est pas coutume ! )

Dans le numéro de Mai 2020 du magazine Syndicats, cet affront à nos valeurs a été perpétré moultes fois :

– en page 6 dans l’article “Que faire des enfants aprĂšs le dĂ©confinement ?”

– en page 9 dans l’article “FGTB Ă  votre service”

– deux fois en page 20 dans l’article “La sĂ©curitĂ© n’est toujours pas garantie dans le secteur des titres-services”, oĂč on exprime la distance sociale en mĂštres !

– en page 25 dans l’article “L’aĂ©roport de LiĂšge, tĂȘte de pont”

– trois fois en pages 30 et 31 dans l’article “Retour au boulot… mais pas sans protection” oĂč on parle pourtant “d’exploiter au maximum la concertation sociale” ce qui constitue enfin une utilisation correcte du mot
 !) 

– et enfin deux fois en page 32 dans l’article “Le masque : une obligation ? Un outil essentiel de protection”

Inutile de faire la liste de ces nĂ©gations des principes de base de la FGTB dans le numĂ©ro d’avril, tout le monde aura compris de quoi on parle.

On pourra bien dire : c’est un dĂ©tail, mais on le sait, le diable se cache dans les dĂ©tails. Y a de quoi ĂȘtre vraiment déçu que la rĂ©daction n’ait pas veillĂ© Ă  corriger cette utilisation inappropriĂ©e du mot social dans les articles publiĂ©s  !

En solidaritĂ©… quand-mĂȘme !…


Article publié le 14 Juin 2020 sur Nantes.indymedia.org