Yoann Isambert, du secrétariat international de la CNT, est décédé à l’hôpital Henri-Mondor, à Créteil, le 2 avril, à l’âge de 31 ans. Sans aucun signe précurseur, son état de santé s’était brutalement dégradé, et il avait dû être transporté en urgence à l’hôpital dans la nuit du 1er avril.

Avec un drapeau CNT, Yoann avait défilé, le 11 janvier à Paris, dans le pôle rouge et noir de la grande manifestation de soutien à la gauche kurde. Il était également un membre actif de l’association Sulidarità, qui vient en aide aux prisonniers politiques corses et à leurs familles.

L’Union communiste libertaire s’associe à la peine éprouvée par ses proches, ses ami·es et camarades. Nous reproduisons le courrier d’adieu publié par le Syndicat des travailleurs de l’éducation de Paris (STE 75).


TU NOUS MANQUERAS CAMARADE

Donne-moi ta main camarade

Prête-moi ton cœur compagnon

Nous referons les barricades

Comme hier la confédération

C’est avec une indicible douleur que nous apprenons la disparition de
notre camarade Yoann.

Yoann était un camarade de la CNT que nous connaissions bien. Il était
de toutes les manifs, de tous les combats. Nous le connaissions dans la
rue, dans les cortèges de la CNT, au « 33 », aux pré-rendez-vous, aux
réunions des groupes de travail, sur la liste fédérale, dans les UR, au
secrétariat international…

Sa personnalité en avait fait l’ami de beaucoup parmi nos camarades.

Une expression dit que personne n’est indispensable, mais chacun·e
apporte quelque chose et Yoann, outre sa présence et son engagement réel
et physique, apportait une intelligence, une réflexion, un calme, une
qualité d’échange, un humour, une rage contre l’injustice, une justesse
d’analyse, une joie de vivre… Ses formidables coups de gueule, exprimés
toujours avec beaucoup de calme, de fermeté et de justesse, mais surtout
son humanité et sa grande gentillesse qui a toujours fait de Yoann une
personne à l’écoute, bienveillant et au grand cœur, nous rendaient le
militantisme plus intéressant, plus agréable, plus fraternel et sororel,
plus structuré.

Tu vas nous manquer et tu vas manquer à la lutte car même si tu avais
une personnalité pacifiste, tu voulais en découdre radicalement avec le
capitalisme, source de tant d’injustice et d’inégalité sociale. Que ce
soit dans ton engagement auprès de tes élèves de Villepinte qui te
manquaient tant pendant le confinement, dans les luttes
d’autodétermination des peuples corse, basque, kanak, palestinien,
kurde… et pour les prisonniers politiques.

Nous ressentons aussi une grande injustice, parce que l’âge auquel tu
nous quittes, camarade, accentue notre désarroi. On avait tellement de
choses à vivre encore en commun, des victoires et des défaites, mais des
combats que tu ne refusais jamais tant ils te paraissaient justes.

Mais tu n’étais pas qu’un militant et nos pensées se tournent vers ta
compagne Maïté, ta famille, tes proches, tes ami·e·s pour qui la douleur
doit être encore plus grande. Nous espérons que ces quelques lignes
réchaufferont quelque peu leur cœur endeuillé car elles perdent avec toi
une personne précieuse pour tant de qualités.

Nous adressons nos condoléances à Maïté, ta compagne, notre camarade,
amie, à ta famille, à tes ami·e·s et tes proches, à tes camarades du STE
93, à ceux de la région, de la fédé Éduc, de la Conf’, à tes camarades
en Corse, à tes élèves.

La période est tellement injuste que nous ne pouvons nous rendre
physiquement à la cérémonie pour t’entourer d’un salut fraternel, pour
un hommage que nous aurions souhaité beau et émouvant, à la mesure de
l’être que nous perdons. Au moment de la cérémonie sachez que nous
serons avec vous, nous partagerons vos larmes, nous serons votre
soutien. Courage à vous.

Bises rouges et noires, tu nous manques déjà tellement camarade.

Tes camarades de la CNT STE 75


Article publié le 04 Avr 2020 sur Unioncommunistelibertaire.org