Septembre 22, 2021
Par Demain Le Grand Soir
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’est à quelques kilomètre de sa maison de Tourinnes-la-Grosse où il vivait depuis les années 1970 que s’est éteint Julos Beaucarne. Il avait pendant plus de 50 ans fait la musique qu’il aimait, suivant sa propre voie de musicien et de poète un peu à l’écart des grands circuits médiatiques.

Né le 27 juin 1936 à Bruxelles, le chanteur grandit dans la campagne, à Écaussines, son père étant vendeur de machine agricole. Attiré d’abord par le théâtre, il décide de partir de chez lui, abandonnant des études qu’il ne finit pas pour vivre de divers métiers. Il commence à chanter en 1961 alors qu’il est en Provence, se produisant sur les places publiques pour gagner de quoi réparer sa voiture. Débute alors pour lui une carrière de comédien en Belgique suivit d’un premier album en 1967 Julos chante Julos, le premier de presque 50.

Sa popularité devient vitre grandissante, et dans les années 1970 il chante notamment à l’Olympia. Le musicien restera pourtant un peu à l’écart des projecteurs, se méfiant de la publicité et de la communication, préférant son indépendance et le contact direct avec son public. Sa vie est marquée par un évènement tragique : le 2 février 1975, sa femme Louis Hélène Brunfaut, surnommée « Loulou », est assassinée de 9 coups de couteau par un jeune homme déséquilibré que la famille hébergeait. Julos Beaucarne écrit alors une lettre ouverte bouleversée où il appelle notamment « à reboiser l’âme humaine »

C’est du nom de cette épouse regrettée qu’il baptise sa maison d’édition (éditions Louise-Hélène France) avec laquelle il éditera ses nombreux albums mais également plusieurs livres. Passionné et créatif, le musicien s’était même lancé dans la sculpture, composant ses œuvres en détournant des objets de leur usage, et était également revenu au cinéma, devenant le Père Jacques dans le diptyque de Bruno Podalydès Le Mystère de la Chambre Jaune (2003) et Le Parfum de la dame en noire (2005).

Interrogé par le journal La Voix du Nord en 2014 sur son engagement politique, Julos Beaucarne déclarait se reconnaître dans le terme « anarchiste » :

Ça me va parfaitement. Anarchiste, je le suis jusque dans la moelle de mes os ! Anarchiste, selon moi ça veut dire proposer des pistes que les autres n’ont pas encore explorées et enfoncer des portes qui n’ont pas été encore ouvertes. C’est ce que je fais depuis cinquante ans maintenant “.

Le musicien avait ainsi tracé sa propre route, créant deux rassemblements politiques sans étiquettes : le Front de Libération de l’Oreille et le Front de Libération des Arbres Fruitiers. Poète, il aimait les mots passionnément, se nommant lui-même « obsédé textuel », écrivant plus de 500 chansons. Il reprenait parfois les mots des autres pour ses chansons : Hugo ou encore Verlaine qu’il a mis en musique.

Très Attaché à la Wallonie et à sa langue, il avait également raconté son pays dans de nombreuses chansons, notamment avec « La P’tite Gayole », faisant de cette chanson traditionnelle un hymne de la région. C’est cette même région, mais pas seulement, qui lui rend hommage aujourd’hui, célébrant un amoureux des mots et du genre humain.




Source: Demainlegrandsoir.org