Août 26, 2021
Par Expansive
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Rencontre et discussion autour de l’abolition du système pénal avec Gwenola Ricordeau

Printemps 2020. La mort de Georges Floyd, asphyxié par la police de Minneapolis, provoque une quasi-insurrection aux Etats-Unis. Des émeutes secouent la plupart des villes du pays ; les manifestants brûlent le commissariat de Minneapolis et obligent le président à se réfugier dans son bunker. À Seattle le mouvement occupe une partie du centre ville et crée une zone autonome.

Ce soulèvement a des échos mondial. Il participe à restructurer les luttes contre les violences policières, et redonne force et légitimité à la question de l’abolition de la police.

En réalité, cette question et celle de l’abolition de la justice sont discutées depuis les années 70 par des criminologues et des groupes militants qui cherchent à élaborer des concepts et des alternatives concrètes au système pénal.

Depuis une dizaine d’années aux Etats-Unis, un nouveau cycle de luttes s’est ouvert, répondant à une série de meurtres policiers racistes et donnant une énergie nouvelle au mot d’ordre abolitionniste, ( on pense en 2012 aux meutres de Trayvon Martin et de Rodney King suite auxquels Black Live Matters a vu le jour).

En France, les idées abolitionnistes ne trouvent pour le moment pas un tel écho : si de nombreuses personnes militent en ce sens, peu de collectifs se positionnent aujourd’hui en faveur de l’abolition (à notre connaissance, seuls l’ex-Génépi, l’envolée et Mwasi) et le débat est encore relativement confidentiel. Malgré l’importance des luttes contre les violences policières, le système pénal lui-même est en effet rarement interrogé. Qu’est-ce que punir veut dire ? A qui profite le concept de “crime” ? Qu’implique le statut de victime ? Faut-il déléguer la gestion d’un conflit à des professionnels ? Et surtout comment faire autrement ?

Ce sont de ces problèmes que traitent les trois textes classiques du mouvement abolitionniste présentés par Gwenola Ricordeau dans Crimes et peines, paru au printemps aux éditions Grevis.

Parce que nous pensons que les débats et pratiques autour de l’abolition du système pénal sont trop peu connus en France et en Europe, parce que nous voulons participer à leur réappropriation, parce que nous voulons apprendre à vivre sans police ; nous vous proposons de venir en discuter avec Gwenola Ricordeau le samedi 11 septembre à Rennes.

Gwenola Ricordeau est féministe et milite pour l’abolition du système pénal. Originaire de France, elle habite depuis 2017 en Californie du Nord et elle est professeure associée en justice criminelle de la California State University, Chico. Elle a récemment publié Crimes et peines : penser l’abolitionnisme pénal.

Cette discussion sera précédée le vendredi soir par des ateliers et discussion en petits groupes pour imaginer concrètement comment s’émanciper de la police et la justice pour construire des alternatives au système pénal en place.

Parce que nous pensons que les débats et pratiques autour de l’abolition du système pénal sont trop peu connus en France et en Europe, parce que nous voulons participer à leur réappropriation, parce que nous voulons apprendre à vivre sans police ; nous vous proposons de venir participer à des discussion en petits groupes pour essayer d’imaginer concrètement comment s’émanciper de la police et la justice pour construire des alternatives au système pénal en place.

RER




Source: Expansive.info