Récit de la journée d’hier et communiqué des demandeurs d’asile et leurs soutiens. Face à un orchestre de percussions venu se faire entendre pendant une inauguration de la mairie de Dijon, la préfecture, encore et toujours, répond à coups de grenades lacrymogènes et flashball.

Communication suite aux attaques de la police sur les expulsés et leurs soutiens hier près de l’éco-cité jardin des maraîchers.

Voici un communiqué des demandeurs d’asile expulsés ce lundi et de leur soutien présent hier soir pour répondre aux allégations de la préfecture

Nous sommes partis hier en cortège depuis le chemin des cailloux à une centaine de personnes, migrants expulsés ce lundi de la CPAM et des soutiens. Nous souhaitions nous rendre à l’inauguration du mail Guynemer par le Maire de dijon pour interpeller les élus sur les conditions indignes dans lesquelles ont été laissées les personnes expulsées : un terrain sans toilettes ni douches, balayé aux quatre vents. Alors que la Préfecture passe en force et expulse à la veille d’une audience, le terrain proposé par la Mairie en urgence n’est tout simplement pas viable.
Très vite, à plusieurs centaines de mètres de l’inauguration, le cortège a été arrêté par des policiers déchaînés agitant leurs matraques, et pointant les manifestants avec leurs flashballs. Il s’agissait ostensiblement de tout faire pour que le message que nous cherchions à délivrer ne puisse être entendu et pour cacher une fois de plus les personnes laissées à la rue. Nous sommes finalement parvenus à rejoindre d’autres soutiens regroupés face au Mail guynemer sur le quartier des Lentillères. Contrairement aux allégations de la Préfecture, les déferlements de gaz lacrymogènes et les tirs de flashball n’ont pas fait suite à des tirs de projectiles. Ils ont été la réponse brutale à un simple concert de casseroles et à la volonté de montrer une banderole « expulsions : 65 demandeurs d’asile toujours dehors » aux officiels et invités présents à l’inauguration. La plus grosse perturbation de l’inauguration a été causée par ces mêmes tirs copieux de gaz lacrymogènes qui ont reflué jusqu’aux officiels et entraînés la clôture prématurée de la cérémonie. Notons que ces tirs de lacrymogènes ont provoqué des départs successifs de feux sur des jardins et aux abords d’habitation en pleine période sèche. Les habitants du quartier ont heureusement pu les éteindre à temps, tant bien que mal. Nous protestons vivement contre l’attitude irresponsable du Préfet Bernard Schmeltz et de la police dijonnaise. Ils ne peuvent continuer de tenter de cacher une situation indigne qu’ils ont eux-même provoqués, ni continuer à réprimer brutalement ceux qui en souffrent directement ainsi que leurs soutiens. Nous continuerons à nous mobiliser jusqu’à obtenir un relogement viable pour tous les demandeurs d’asile expulsés ce lundi et la libération des personnes emmenées en centre de rétention. Ils ne nous feront pas taire.

Mercredi 11 septembre à 18h était prévue l’inauguration du « mail » de l’écoquartier « Ecocité Jardin des Maraîchers », un cocktail pour inugaurer un chemin traversant le quartier. Les habitant.es du nouvel écoquartier étaient convié.es mais une dizaine de personnes seulement sont venues. D’autres voisin.es se faisaient alors refouler par la police car il fallait présenter un carton d’invitation.

Une soixantaine de personnes réfugiées, désormais installés au « chemin des cailloux » et leurs soutiens qui se sont déplacés pour y faire du bruit et visibiliser les conditions indignes dans lesquelles elles sont hébergées.

L’écoquartier est bouclé par la police. Premières sorties de matraques quand le groupe essaie de traverser l’écoquartier pour se rapprocher de la cérémonie. Le message est clair, vous n’êtes pas les bienvenus, ici comme ailleurs, rentrez à votre campement sinon vous allez prendre des coups.
Les gens chantent « On veut une maison , pas des expulsions » .

De l’autre côté de l’écoquartier, un autre groupe d’une vingtaine de personnes s’est formé sur le trottoir de la rue Bertillon et fait du bruit derrière les grilles qui bordent la cérémonie.

Le groupe qui est bloqué décide d’aller les rejoindre en faisant le tour.
C’est toujours pas possible, la BAC s’est positionné derrière un petit tunnel et quand le groupe essaie de le traverser ils se font charger et recoivent des grenades lacrymogène.
Le groupe parvient en faisant un grand tour à rejoindre le quartier des Lentillères jusqu’ à se retrouver sur le terrain de bmx qui jouxte la cérémonie. La casserolade qui avait démarré sur le trottoir se voit refoulée derrière une bute en terre sur le dit « terrain de bmx », la police se positionne sur la bute.

Derrière la bute, très bonne ambiance ! Divers types d’instruments sont alors en cours de création et une puissance sonore se dégage. Bidons, échelle , glissière de sécurité, barre de slide pour bmx, tambours, sifflets .. Puisque la police empêche le rassemblement d’être visible, il faut se faire entendre.
Ca fait du bien de faire du bruit et se dépenser quand depuis deux journées ce qui est demandé par la préfecture c’est de fermer sa gueule et d’accepter le scandale d’être hébergé entre une chaufferie et une rocade. Le principal intérêt de ce campement, c’est l’invisibilité.

La fanfare qui accompagne la cérémonie est dépassée par autant de créativité.

Ca se gâte ! Salve de lacrymos et tirs de flashballs.

Peut-être une oreille aiguisée aurait remarquée quelques dissonnances, toujours est-il que la police décide d’attaquer les trouble-fête, et de rajouter quelques percussions au concert.
Le terrain de bmx est innondé de lacrymos, et quelques balles de flashball sifflent à hauteur de tête . Une personne est touchée au niveau du dos. Des nuées de gaz portent vers les jardins, qui on le rappelle sont cultivés sans intrants chimique, et des départs de feu dans les champs sont éteints par les habitant.es. Un autre partie du nuage de gaz revient sur la cérémonie qui se termine plus vite que prévue et en eau de boudin. Même certains officiels ont la larme à l’oeil. Seraient-il finallement touchés par les conditions d’hébergement des demandeurs d’asile ?

L’orchestre se réajuste, des gens montent sur les butes de bmx et les percussions reprennent , cette fois en se protégeant derrière des panneaux pour celles et ceux qui sont braqué.es par un flashball. La scène est incroyable ; soleil couchant, des musiciens perchés sur des butes de bmx , des nuages de lacrymo.

Pendant plus d’une heure, les tirs de lacrymo se poursuivent et la BAC tente de rentrer par les jardins. Au bout d’un moment, ils se fatiguent et abandonnent enfin le terrain.


Squat de la CPAM
30 du boulevard Henri Bazin, Chenôve
https://squ.at/r/7c59

Des squats à Dijon https://radar.squat.net/fr/groups/city/dijon/squated/squat
Des groupes (centres sociaux, collectifs, squats) à Dijon https://radar.squat.net/fr/groups/city/dijon
Des événements à Dijon https://radar.squat.net/fr/events/city/Dijon

Les sans papiers https://radar.squat.net/fr/groups/topic/sans-papiers


Dix officiels, des flics, des figurants en costume, une fanfare et …pas un chat !

[Publié le 12 septembre 2019 sur Dijoncter.]


Article publié le 12 Sep 2019 sur Fr.squat.net