Avril 12, 2016
Par Squat.net
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La Justice a craqué, cachée derrière la devise « Liberté, égalité, fraternité ». Il semble bien que deux personnes se trouvent actuellement en prison pour des faits qui ne sont normalement pas passibles d’une condamnation pénale ! « Le squat de A à Z » le précise très clairement (voir chapitre « Face à la Justice »), « les procédures pour squat dépendent de la juridiction civile (tribunal d’instance ou administratif), c’est-à-dire un conflit entre deux parties, où il n’y a pas de risque de prison ».

Comme l’indique avec complaisance (voire avec satisfaction) l’article ci-dessous paru dans Paris-Normandie le 5 avril 2016, deux Albanais qui squattaient une maison vide à Dieppe depuis au plus de deux jours ont été arrêtés pour des faits imaginaires: « des faits d’effraction d’une habitation ».

Ceux-ci n’ont semble-t-il pas été pris sur le fait puisqu’ils ont été arrêtés au moins deux jours après être entrés dans les lieux. De plus, il ne s’agit pas d’une violation de domicile (passible du pénal) puisque la maison était bel et bien vide et avait déjà été squattée en janvier. Bref, comme souvent, quand la Justice tombe sur des pauvres parmi les plus pauvres, sans soutien politique, social et/ou juridique, elle s’en donne à coeur-joie, quitte à condamner sur des bases farfelues.

Ci-dessous, l’article de Paris-Normandie. Toute info supplémentaire est la bienvenue à [email protected]@@squat.net, et toute solidarité visant à libérer ces deux personnes de prison serait la bienvenue !


Des Albanais squattent une maison vide à Dieppe : trois mois de prison ferme
Margot Nicodème (Paris-Normandie) | 5 avril 2016

Justice. Chassés des tentes vendredi dernier, un groupe d’Albanais a squatté une maison à Neuville en entrant par effraction.

Deux Albanais ont été jugés hier en comparution immédiate au tribunal correctionnel de Dieppe, pour des faits d’effraction d’une habitation rue de la Victoire, à Neuville-les-Dieppe. Du 31 mars au 2 avril, les prévenus ont occupé cette maison, qui était vide, sa propriétaire résidant dans les Vosges. Samedi dernier, vers 5 heures, alerté par « de la lumière et des ombres suspectes » dans cette résidence qu’il savait vide, un voisin a prévenu la police. À la barre, les deux hommes aux allures d’adolescents ont expliqué être entrés dans la maison « pour manger et se laver ». Ils n’avaient pas « l’intention d’y rester », ont-ils assuré.

La baie vitrée brisée

En réalité, ils étaient sept, tous d’origine Albanaise, à habiter les lieux. Lors de l’opération policière, trois ont réussi à s’enfuir. Il restait donc quatre personnes dans la maison squattée. Parmi eux : un mineur et un adulte qui n’a pas participé à l’effraction. Celui-ci a été relâché. Après audition, il s’est avéré que c’est l’adolescent, équipé d’un tournevis, qui a forcé la porte d’entrée. La victime, âgée d’une cinquantaine d’années, déplore l’état de sa maison. « La baie vitrée était brisée, il y avait tellement de bazar. Ils ont tout laissé en l’état, la vaisselle sale et leurs mégots de cigarettes écrasés dans les tasses ».

« On a vu que la maison était vide »

« Nous sommes passés plusieurs fois devant la maison et on a vu qu’elle était vide, racontent les prévenus. Comme nos tentes ont été enlevées, on ne savait pas quoi faire pour se laver et dormir à l’abri. » L’un des deux Albanais espérait rejoindre des « amis » en Angleterre. Le second a, lui, fait une demande d’asile en France où il est arrivé il y a deux mois. La victime, dont la maison avait déjà été squattée en janvier, a eu recours à l’Aide aux victimes (Avim) pour évaluer les dégâts matériels. Le préjudice est estimé à 6 800 €.

Sophie Bot, la procureure de la République, met en évidence le quotidien difficile des jeunes gens qui dorment dans des « gobes » et requiert quatre mois d’emprisonnement. L’avocate de la défense, Me Amisse-Duval, demande la « plus grande indulgence » et du sursis au vu des « circonstances particulières ». Finalement, les deux Albanais sont condamnés chacun à trois mois de prison ferme. Ils doivent aussi indemniser la victime à hauteur de 5 000 €.




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