Juin 10, 2021
Par Paris Luttes
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Commune de Paris encore vivante aujourd’hui (mai 2021) – Photos N&B

Le cas de la cantine Gilet Jaune communaliste de l’AERI.



cantine GJAERI à Montreuil (un aperçu)

Loin d’un mémoire académique sur une réalité vivante et fragile contemporaine, j’ai voulu faire exister une représentation imagée aussi vivante que possible d’un cas de travail bénévole, collectif pour faire exister une pratique solidaire fondamentale, une cantine auto-organisée, autogérée, à prix libre, proposée au cœur du centre-ville de Montreuil à une population diverse, de gens du quartier autant que d’habitués en situation difficile. C’est pourquoi des photographies en Noir et Blanc montrent les gestes/la geste de ces marmitons souvent improvisés, contents de faire naître ainsi leur propre joie et celle d’autrui, en même temps.

Des gens de tous horizons se retrouvent là, souvent par hasard, ou par ouï-dire, à fabriquer ensemble, comme une brigade de restauration, mais de manière égalitaire, en auto-organisation, une cuisine savoureuse, complexe, d’inspiration familiale, équilibrée et souvent végétarienne. Dans cet esprit, c’est un repas complet qui est proposé, de l’entrée au dessert, souvent constitué de fruits.

Ainsi, c’est « la Marmite » de Eugène Varlin, créée à Paris, avant et pendant la Commune, animée notamment par Nathalie Lemel, qui trouve un prolongement vivant en ces temps difficiles.

Manger bien, plus encore que se nourrir, est indispensable au salarié qui doit (encore) reconstituer sa force de travail du jour au lendemain. C’est aussi nécessaire à la culture du goût, pas nécessairement bourgeois, mais d’une nourriture saine et savoureuse, dont tout être humain a besoin, quelque soit sa place dans la société.

Cette culture de la cuisine et du goût, j’aimerais la promouvoir, la diffuser largement, tant pour le maintien de nos corps en bonne santé de nos jours que pour favoriser l’apprentissage de la qualité d’une vie fondée sur une forme de travail autogéré, la cuisine, qui permet la transformation de matières premières en un précipité de plaisir à consommer pour sa joie comme pour sa santé.

Pour soi-même ou de manière coopérative, telle semble la base primordiale de toute autonomie, pour les temps présents et passés, comme pour les temps futurs.



cantine GJAERI à Montreuil (un aperçu)

Des Gilets Jaunes font vivre à l’Aeri* une cantine populaire, tous les mercredi, au déjeuner. C’est un repas complet qui est préparé collectivement, à partir d’achats ou de récupérations faites dans des magasins environnants ou à Rungis, le Marché d’Intérêt National qui alimente toute l’Île-de-France. Faute d’être servi à table, en cette période de semi-confinement, il est distribué dans des barquettes à des gens du quartier qui trouvent là leur bonheur, une fois par semaine, pour un prix libre.

Cette cantine a commencé en 2019, s’est éclipsée durant les confinements de 2020, est réapparue en 2021, dans une nouvelle organisation.

Le pain, le plus souvent complet, provient de la coopérative « La Conquête du pain », boulangerie bio autogérée créée à Montreuil en 2010. Son nom fait clairement référence à l’ouvrage du théoricien anarchiste, aussi géographe, Pierre Kropotkine.

*AERI – 57 rue Etienne Marcel 93100 Montreuil. Lieu de vie sociale collectif tourné vers la solidarité, l’éducation populaire, l’auto-organisation avec, entre autres, la participation des Gilets Jaunes, des Brigades de solidarité populaire… Le lieu offre trois cantines par semaine au déjeuner, celle des Gilets Jaunes, celle des Brigades de solidarité populaire et la Cantine syrienne de Montreuil.



cantine GJAERI à Montreuil (un aperçu)

PaLa, « polygraphe » / contact : sur place ou par l’intermédiaire du site




Source: Paris-luttes.info