Le 22 mai, la journaliste du Monde Ariane Chemin a été convoquée par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Comme l’ont indiqué dans une tribune commune au quotidien les sociétés de journalistes, sociétés des rédacteurs et sociétés des personnels de 40 médias, « il lui est reproché d’avoir révélé, dans des articles sur les affaires d’Alexandre Benalla, des informations sur le profil et le parcours d’un sous-officier de l’armée de l’air, Chokri Wakrim, compagnon de l’ex-chef de la sécurité de Matignon, Marie-Elodie Poitout. »

Cette atteinte à la liberté d’informer fait suite à la convocation de trois autres journalistes (deux de Disclose et un de Radio France) par la DGSI, après leurs révélations sur l’usage des armes françaises vendues à l’Arabie saoudite dans le cadre de la guerre au Yémen. Le 22 mai, ce fut au tour d’un quatrième journaliste (Disclose encore) de recevoir une convocation [1].

Dans la ligne de notre chronologie des attaques du pouvoir contre le droit d’informer et d’être informé, nous publions ci-dessous le communiqué du SNJ daté du 22 mai. (Acrimed)

DGSI et journalistes : la récidive !

Ce 22 mai 2019, on apprend qu’un quatrième journaliste est convoqué par la Direction générale de la sécurité Intérieure (DGSI) dans le dossier des « Yemen Papers », ainsi qu’une consoeur du Monde pour un article concernant l’affaire Benalla, ça commence à faire lourd !

La DGSI va-t-elle se mettre à convoquer tous les journalistes qui révèlent des informations qui ne plaisent pas au pouvoir en place ?

La DGSI sait-elle qu’il existe dans la loi de 1881 sur la liberté de la presse, un principe sacré : la protection du secret des sources des journalistes sans laquelle il n’y a pas d’information de qualité ?

La DGSI va-t-elle faire courir à la France le risque d’être condamnée pour atteinte à la protection de ce secret ?

La DGSI va-t-elle pourchasser tous les journalistes qui, dignes de ce nom, exercent leur mission au service de l’information des citoyens et de l’intérêt général ?

Le Syndicat National des journalistes (SNJ), première organisation de la profession, réitère son soutien aux journalistes concernés, condamne cette nouvelle tentative d’intimider des journalistes et leurs sources, et rappelle au gouvernement français que la liberté de la presse est un marqueur important du degré de démocratie d’un pays.

Paris, le 22 Mai 2019

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Article publié le 23 Mai 2019 sur Acrimed.org