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Nous, militantes de l’Union Communistes Libertaires, réunies ce week-end en coordination fédérale non mixte avons adopté la motion d’actualité suivante. En tant que féministes libertaires nous portons un regard particulier sur la guerre en Ukraine et ses conséquences. C’est ce regard que nous souhaitons porter ici.

I – Patriarcat : les hommes combattent et les femmes et les enfants s’en vont… mais pas toutes.

La guerre en Ukraine a mis en lumière un ressort patriarcal latent : les hommes seraient faits pour se battre, les femmes seraient faites pour être protégées. En effet, depuis le début de la guerre, la mobilisation « générale » pour les hommes a été mise en place, et les objecteurs de conscience sont stigmatisés. Les femmes quant à elles fuient dans les pays voisins avec leurs enfants.

Il s’agit ici d’un discours viriliste et sexiste qui rejoue le mythe de l’homme en tant que héro qui protèéerait sa nation et sa famille. Or ce n’est qu’un mythe. Si des hommes et des femmes ukrainien·nes s’engagent volontairement pour défendre leur terre et leur vie, c’est bel et bien l’État qui oblige des hommes à aller mourir au front au nom d’une idéologie nationaliste et patriarcale.

En tant que libertaires, nous sommes pour la paix entre les peuples. Aller faire la guerre et mourir pour une idéologie nationaliste ou impérialiste n’est pas un privilège.

Toutes les femmes peuvent-elles fuir ? Non. Les femmes trans, considérées comme des hommes par l’État ukrainien sont envoyées à la mort. L’État ukrainien leur nie leur possibilité d’auto-détermination en tant que femmes et leur identité, par une essentialisation de leur corps et de leur sexe. Nous, UCL, défendons la possibilité d’autodétermination pour toutes et tous, de ce fait, nous dénonçons ces violences transphobes.

II – L’accueil : entre racisme et prostitution

Deux poids deux mesures s’appliquent également à nos frontières et sur notre territoire. D’une part :

L’État français accueille les réfugié·es ukrainien·nes fuyant la guerre, mais refuse les réfugié·es du Sud fuyant d’autres guerres. Il s’agit ici d’une hypocrisie meurtrière servant à masquer les crimes impérialistes et racistes de la France.

L’État français encourage les accueillant·es des réfugié·es ukrainien·nes, mais criminalise les accueillant·es de réfugié·es extra-européen·nes.

Féministes libertaires, nous réaffirmons bien sûr notre accueil inconditionnel à tout·es les migrant·es, d’où qu’ils ou elles viennent.

Nous n’oublions pas que ce contexte de conflit armé et de mouvements migratoires favorise et alimente la traite des femmes et des enfants et les réseaux de prostitution.

Nous dénonçons aussi le double standard international au sujet des dénonciations guerrières et des boycotts économiques. Pourquoi est-ce possible et facile de boycotter les produits russes mais si laborieux pour la Palestine, les Ouighours, les Rohingas, etc.

Et nous n’oublions pas que dans le même temps, l’Etat français est impliqué dans des guerres en plusieurs endroits du globe, qu’il ne s’est jamais priver de livrer des armes à l’Etat russe, pourtant accusé de crimes de guerre en Syrie, que les bombardements meurtriers du Yémen sont le fait d’armes estampillées « made in france » et que ses militaires tuent des populations civiles et violent en Centrafrique ou au Mali.

Pour une solidarité internationaliste, féministe et sans frontière !

Coordination fédérale en mixité sans hommes cis réunie à Lyon le 26 et 27 mars 2022




Source: Unioncommunistelibertaire.org