Plusieurs familles sont dans la détresse au sein de la Métropole Lyonnaise. Les différents comités fédérés au sein du collectif « Jamais sans Toit » sur la Métropole de Lyon, les dénombrent jour après jour. Alors que le droit au logement est de plus en plus remis en cause, des écoles sont de nouveau occupées pour mettre à l’abri des enfants dans le 1er arrondissement de Lyon.

Ecole Victor Hugo (Lyon 1er)

Le collectif « Jamais Sans Toit » de l’école Victor Hugo (Lyon 1er), composé de parents d’élèves, de personnels de l’école, et d’habitants du quartier occupe le gymnase de l’école maternelle Victor Hugo, afin de permettre à 2 familles, dont les enfants sont scolarisés dans l’école, de ne pas passer une nuit de plus dehors.

Le collectif a alerté la Préfecture et les différentes autorités à de nombreuses reprises depuis le mois d’octobre. Des hébergements ont été trouvés pour deux familles, mais trois familles sont toujours sans solution. Pourtant les 3 familles relèvent de l’hébergement ; en effet une est demandeuse d’asile et devrait donc être prise en charge par l’État. Une autre a un dossier DALO (droit au logement opposable) qui a été accepté, or aucune solution n’a jusqu’à maintenant été proposée. Enfin la dernière famille est ressortissante de l’Union Européenne.

Le collectif tient à alerter sur la situation de ces enfants de 3 à 10 ans qui sont contraints de dormir dans la rue, alors qu’ils doivent aller à l’école la journée. Cette situation est d’autant plus insupportable, qu’à grand renfort médiatique le gouvernement annonce que le nombre de places d’hébergement d’urgence va augmenter de 14 000 places sur tout le territoire. Avant de faire de telles annonces, le gouvernement et donc la Préfecture devraient déjà s’assurer de respecter la loi française, d’autant qu’elle est informée de ces situations depuis plusieurs semaines. Cela est d’autant plus intolérable que sur le quartier de l’école, de nombreuses solutions d’hébergement pourraient être trouvées, que ce soit dans le parc immobilier privé ou public. En effet que ce soit, l’ancien collège Truffaut ou l’ancienne Ecole des Beaux-Arts, des milliers de m² sont vides et parfois chauffés et pourraient donc être utilisés par la Préfecture pour respecter la loi française.

Le collectif « Jamais Sans Toit » rappelle également que l’article 3452-2 du Code de l’Action Sociale et des Familles, qui a force de loi stipule : « Toute personne en situation de détresse a accès à tout moment à un hébergement d’urgence ». La Préfecture semble attendre la mise en place du plan froid qui doit débuter au 1er novembre. Or nous sommes déjà au mois de novembre, et la réunion de mise en place du plan froid est prévue cette semaine, et celui-ci mettra plusieurs semaines à être déployée. Une anticipation de la situation aurait dû conduire la préfecture à tenir la réunion de mise en place du plan froid début octobre.

Ecole Michel Servet (Lyon 1er)

Une femme enceinte de 6 mois avec quatre enfants à charge, vit quotidiennement avec la peur d’être expulsée de son logement attribué lors du précédent plan froid.

Une autre femme avec quatre enfants à charge dont le plus jeune a deux ans, est déplacée de squat en squat, sans aucune attention de la part de l’État parce qu’elle est Rom.

Une autre femme encore, avec deux enfants à charge, n’ose plus rien demander à personne.

Hier soir encore, une femme avec 4 enfants dont le plus jeune n’a pas encore 4 ans, nous demandait où faire dormir ses enfants.

Les comités des différentes écoles primaires ne se sont pas créés pour se substituer aux devoirs de l’État en matière de logement. Les travailleurs sociaux assurent leur mission avec le peu de moyen qui leur sont accordés chaque année.

Cependant, nous constatons une baisse drastique des moyens, et les annonces pour le plan froid le confirment : même les demandeurs d’asile en attente de traitement de leur dossier se voient refuser un hébergement. C’est une fois de plus contraire à la loi.

Nous avons ainsi pris la décision de mettre à l’abri les 5 familles de l’école Michel Servet (Lyon 1er), soit 14 enfants, à partir de ce soir, mardi 5 décembre.


Article publié le 06 Nov 2019 sur Rebellyon.info