Dessinez-moi un parcours de manifestation !…

Manifestants de longue date, observateurs attentifs des stratégies mises en œuvre par les forces de l’ordre, nous sommes à même de comprendre et réagir vite. Les deux manifestations les plus récentes viennent confirmer deux tendances fortes. D’une part, la volonté répressive du pouvoir et de sa police qui s’ancre dans la durée et se modifie tout doucement, mais surement. Et d’autre part, les organisateurs syndicaux qui n’ont vraiment pas compris que nous étions entrés grâce aux lois antiterroristes dans l’ère de l’affrontement sans fin.

La manifestation du 9 janvier de la République à la place Saint-Augustin fleurait bon la nasse finale et de grosses difficultés de dispersion. Chacune des sorties de la place est fermée par des barrières antiémeute qui font de cette fin de manif un cul-de-sac étanche. La manifestation, obéissant à la dynamique des fluides, essaie de déborder et reflue… loin au-delà de Saint-Lazare. C’est au moment où la foule se fait la plus dense (à cause de la pression inverse de l’immense cortège qui arrive depuis la place de la République) que sans raison apparente, une pluie de lacrymogènes s’abat sur la masse de chair compacte. C’est la surprise totale, l’incompréhension générale. La fumée est opaque, on ne voit plus ses mains et encore moins ses pieds. On avance dans la nuit épaisse, les yeux aveugles, la gorge brûlante. Chacun, désorienté, titube. Sur le terre-plein central de la chaussée, nombre de manifestants chutent (texte repris de l’article au bonheur des dames d’Olivier Long paru sur paris-luttes-infos et sur lundimatin# 225 du 13 janvier). C’est la charge massive et désordonnée des forces de l’ordre et son cortège de peur, de blessures et de prisonniers.

La manifestation du samedi 11 janvier sur un parcours plus traditionnel offrait deux scénarios possibles le harcèlement continu de la manifestation par les FDO avec multiples tentatives de couper le cortège en désignant ses cibles pour faire du chiffre et une grande nasse terminale à la République. Nous avons eu les deux, ce qui permet un travail de fond consistant à énerver les organisateurs syndicaux, dont la manifestation change de sens, et le cortège ne manifeste quasiment plus, le dessous des ballons syndicaux est quasiment vide de militants au milieu des sonos inutiles et chiantes.

Pour demain, le NEC PLUS ULTRA a donc été concocté.

Un double parcours !

Presque l’idéal du maintien de l’ordre… Manifestants, vous avez le choix à gauche sur le parcours classique, vous « cortège de tête » qui désormais formez la part la plus importante de ces démonstrations serez massacrés du début à la fin de la journée avec un accueil peaufiné sur la place d’Italie (au grand désespoir du maire dérivant « mi-PS/mi-LaREM » du 5e arrondissement) avec une grande nasse, une démonstration de force des BRAV et de la BRI, sous couvert de la BAC et autres milices. Et puis, pour les syndicats « si sages » un itinéraire de délestage, comme une monnaie de compensation avec les excuses préalables du préfet Lallement si d’aventure il y avait là aussi quelques incidents.

Notre position est la suivante… Ne pas respecter cette césure en deux, envahir les deux trajets, faire le choix de ce qui nous arrange, immobiliser la circulation autour du défilé, fixer les flics autant que possible tout le temps et échapper à l’emprise de FDO si possible. Faire en sorte que les groupes constitués (SNCF et/ou RATP entre autres) ne fassent pas de séparation vis-à-vis du corps de la manif, restons très groupés, restons solidaires et vigilants. Nous sommes ensemble, nous bougeons ensemble, nous combattons ensemble.

Les manifestations n’ont pas d’heure limite, on ne rentre pas chez nous, à la nuit tombée, on continue ! il sera par exemple possible d’aller soutenir les travailleurs occupant l’incinérateur d’IVRY [1] et/ou de se disperser dans le quartier pour faire le zbeul !

Patlittle / RTPRF-paris