Janvier 4, 2022
Par Paris Luttes
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DĂšs le premier jour, le 3 dĂ©cembre, les forces de police ont fait Ă©vacuer le campement (vers 13h). Ces travailleurs de Chronopost et de ses prestataires – Derichebourg, entreprise dĂ©jĂ  mise en cause depuis le 15 novembre au Coudray-Monceaux, oĂč un autre piquet a Ă©tĂ© montĂ© devant l’agence DPD –, se sont rĂ©-installĂ©s le 7 dĂ©cembre. « DPD est elle-mĂȘme une filiale de La Poste, et pratique la mĂȘme exploitation des travailleurs sans-papiers que Chronopost. Â» explique Christian du CTSPV94. « Ă€ Alfortville, un piquet avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© installĂ© pendant 7 mois en 2019/2020. L’objectif Ă©tait de dĂ©noncer les systĂšmes de sous-traitance en cascade pratiquĂ©s par Chronopost, filiale Ă  100% de La Poste qui sous-traite ses activitĂ©s colis dans ses locaux mĂȘmes Ă  des opĂ©rateurs comme Derichebourg. Il avait alors permis d’imposer la rĂ©gularisation de 27 grĂ©vistes sans-papiers, ainsi que de 46 autres travailleurs d’autres entreprises venues en soutien Ă  cette lutte. Aujourd’hui dans le Val-de-Marne, plusieurs dizaines de travailleurs attendent leur rĂ©gularisation et la prĂ©fecture n’a pas tenu ses engagements de suivi.  Â» Le CTSPV94 comme Sud PTT et Solidaires 94 s’indignent des pratiques d’exploitation « honteuses Â» d’une entreprise 100% publique. La situation est « trĂšs tendue Â» sur le piquet d’Alfortville selon Christian, comme Ă  Coudray-Monceaux et Ă  Genevilliers : des grĂ©vistes y sont installĂ©s depuis le 8 novembre, devant le siĂšge de l’agence d’interim RSI. Ils avaient auparavant, le 22 octobre, occupĂ© l’agence RSI du boulevard Magenta et en avaient Ă©tĂ© Ă©vacuĂ©s le jour mĂȘme.

À Alfortville, Mahmadou Diagouraga, 44 ans, DoucourĂ© Malle, 40 ans et Aboubacar DembelĂ©, 29 ans, tous maliens, ont travaillĂ© pour Chronopost ou pour son prestataire Derichebourg, dans les locaux de Chronopost.

DoucourĂ© y a passĂ© 13 mois en CDD Ă  plein temps, et a conservĂ© son badge Chronopost et gagnait « entre 1300 et 1400 euros mensuels Â». Mahmadou et Aboubacar ont travaillĂ© Ă  temps partiel pour Derichebourg, et ont toujours leur gilet Ă  la marque de l’entreprise. Ils gagnaient «  entre 600 et 700 euros par mois  Â», avec des horaires difficiles : de 5h45 Ă  6h45 les lundis, et de 4h du matin Ă  7h les mardis et mercredis. « On devait prendre des bus de nuits, un trajet long et compliquĂ©, mĂȘme pour une seule heure de travail  Â», prĂ©cise Aboubacar. Kalifha SidibĂ©, Ă©galement malien, est lui aussi sur le piquet de grĂšve d’Alfortville. Il fait partie des travailleurs sans-papiers non rĂ©gularisĂ©s lors de l’action de 2019/2020. « C’est la galĂšre. Â» dit-il. « On dort Ă  droite Ă  gauche ou sur le campement mĂȘme, c’est compliquĂ© pour se laver. Heureusement, devant Chronopost les syndicats nous soutiennent et nous aident, nous avons au moins Ă  manger, on nous amĂšne des duvets car il fait froid sous les tentes la nuit.  Â»

L’ironie du sort, c’est ce grand panneau autour duquel le campement est installĂ©, devant l’entrĂ©e de l’entreprise : « Bienvenue Ă  Chronopost Â». RĂ©ponse des collectifs de sans-papiers : « Nous ne nous laisserons pas faire.  Â»

Une manifestation a eu lieu mercredi 29 dĂ©cembre depuis le campement “Chronopost” jusqu’aux bĂątiments de La poste “colis”. À la centaine de travailleurs sans-papiers d’Alfortville se sont joints les travailleurs sans-papiers de Genevilliers et de Couvray-Monceaux, venus les soutenir.

Pour soutenir toi aussi les travailleurs sans-papiers d’Alfortville, rendez-vous devant l’agence Chronopost, 2 chemin de Villeneuve Saint-Georges, 94140 Alfortville. RER D Gare de Vert-de-Maison ou bien bus 103, arrĂȘt Val-de-Seine.




Source: Paris-luttes.info