Les enquêteurs ont même mis la main sur un missile sol-air, de fabrication française, en état de fonctionnement. Des objets à la gloire du fascisme et du nazisme, de la propagande nazie, des croix gammées, ont également été saisis. Parmi les personnes arrêtées, figure un ancien candidat aux législatives de 2001 du parti néofasciste Forza Nuova.

Un mois plus tôt, la police allemande a elle aussi démantelé un vaste réseau d’extrême droite, armé, et soupçonné de vouloir s’en prendre à des personnalités politiques locales. Le 12 juin dernier, la police criminelle de l’État-région du Mecklembourg-Poméranie, dans le nord-est, arrête quatre policiers et anciens policiers membres du commando spécial d’intervention des forces de l’ordre allemandes (Spezialeinsatzkommando). Ils sont soupçonnés d’avoir subtilisé des munitions depuis 2012, puis de les avoir livrées à des membres de groupes d’extrême droite à tendance survivaliste. 14 appartements et bureaux ont été perquisitionnés. Chez l’un des suspects, des dizaines de munitions ont été découvertes, ainsi qu’un pistolet mitrailleur [1].

Cela fait deux ans que la police, et des journalistes, allemands enquêtent sur cette affaire, en particulier sur deux hommes, un avocat et un ancien policier. « En août 2017, des perquisitions ont lieu chez les deux accusés et quatre témoins. En plus d’armes et de munitions, les enquêteurs trouvent une collection de données personnelles, des extraits de registres officiels, des recherches sur internet… », rapporte le quotidien la Taz le 17 juin dernier [2]. Les deux hommes avaient établi une liste de 29 personnes, des personnalités politiques de gauche et des activistes locaux, qu’ils envisageaient d’assassiner.

Une liste de 25 000 personnes auxquelles le réseau voulait s’en prendre

Il apparaît vite aux enquêteurs que les deux suspects sont liés à un réseau plus large, et que la liste des personnes que ce réseau souhaitait éliminer est elle aussi bien plus longue. (…)


Article publié le 22 Juil 2019 sur Paris-luttes.info