Ce samedi 23 mai, de petits groupes de gilets jaunes se sont retrouvés, pour arpenter le centre-ville avec pancartes et slogans. Un impressionnant dispositif policier, qui s’est révélé inutile, incluait une dizaine de camions de CRS, stationnés sur l’esplanade Charles de Gaulle, dont les occupants semblaient se tourner les pouces fusil d’assaut en main, en plus des membres des Compagnies Départementale de Sécurité et des Brigades Anti-Criminalité !  Comme la semaine précédente, le rassemblement était explicitement interdit par la préfecture de l’Hérault !

Divisés en groupe de dix personnes pour ne pas circonvenir aux consignes sanitaires, les manifestants ont déambulé entre la place de la Préfecture, celle de la Comédie et les petites rues de l’Écusson. Ils n’auront pas échappés à des confiscations de pancartes, contrôle d’identité et verbalisations pour « participation à une manifestation interdite. »

La veille, dans la nuit du 22 au 23, les vitrines de la commerçante Odette Daudé se sont vues recouvertes de messages hostiles. Cette dernière, présidente de l’association des commerçants de Montpellier et propriétaire d’une boutique de lingerie de luxe dont le chiffre d’affaire dépassait les 350 000 euros en 2018, s’est distinguée dans le courant de la semaine précédente en évoquant une milice anti-gilets jaunes, formée par des commerçants qui ne supportent plus les manifestations du centre-ville. Dans la presse régionale, elle dira qu’il ne s’agit certainement pas de gilets jaunes, posant les intérêts des petits commerçants du centre-ville comme convergent de ceux des contestataires du samedi.


Article publié le 23 Mai 2020 sur Lepoing.net