Janvier 18, 2021
Par Sans Nom
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Dimanche 17 janvier 2021, plusieurs porte-parole du pouvoir, ont tenu Ă  nous donner quelques nouvelles de l’immense relais TDF des Cars, situĂ© Ă  une trentaine de kilomĂštres au sud-ouest de Limoges. Qui peut en effet oublier que la nuit du 11 janvier dernier, un sabotage incendiaire sur ses cĂąbles avait privĂ© prĂšs de 1,5 millions de personnes de tĂ©lĂ©vision, radio et de rĂ©seau mobile dans cinq dĂ©partements ? Le feu avait alors rendu hors d’usage les antennes implantĂ©es sur le pylĂŽne TDF de 230 mĂštres de hauteur, ainsi qu’une antenne 4G d’Orange situĂ©e Ă  proximitĂ©.

Du cĂŽtĂ© d’Europe1, qui s’inquiĂšte dans un long reportage de « L’inquiĂ©tant boom des destructions d’antennes relais« , on tient d’une part Ă  confirmer qu’au moins 170 de ces structures de la domination ont Ă©tĂ© sabotĂ©es en 2020, soit prĂšs d’une tous les deux jours, mais surtout Ă  ajouter que selon Nicolas GuĂ©rin, prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration française des tĂ©lĂ©coms, une convention pour amĂ©liorer la coopĂ©ration entre les opĂ©rateurs, les gestionnaires d’antennes et les services de police, est en cours d’élaboration sous l’égide du ministĂšre de l’IntĂ©rieur. Il s’agira essentiellement de mieux anticiper les attaques et d’amĂ©liorer la transmission d’informations pour les enquĂȘtes. « Le but, c’est de permettre aux services de police d’intervenir plus efficacement. Les opĂ©rateurs leur fournissent des informations sur la localisation des antennes et, en retour, ils nous montrent les faiblesses de nos sites», prĂ©cise-t-il, parce que « l’objectif est donc d’arriver Ă  mieux repĂ©rer les attaques en amont». On apprend Ă  l’occasion, que dans le cas de l’incendie de l’antenne de Limoges-Les Cars, une brigade cynophile a mĂȘme arpentĂ© le site dĂ©truit et ses alentours pendant deux jours*.

MĂŽssieur GuĂ©rin, grand responsable et garant des intĂ©rĂȘts des opĂ©rateurs tĂ©lĂ©coms, explique aussi que malgrĂ© tout il est bien entendu impossible de mettre un flic derriĂšre chaque pylĂŽne et que leur implantation diffuse offre un avantage indĂ©niable aux saboteurs (« On a 50.000 sites en France, c’est impensable d’organiser des rondes« ), tout en prĂ©cisant que chaque attaque retarde Ă©galement le dĂ©ploiement de nouvelles antennes – de par les moyens forcĂ©ment limitĂ©s en techniciens et en Ă©quipements de remplacement (« les antennes attaquĂ©es sont souvent des sites isolĂ©s, sans rĂ©serve de matĂ©riel sur place»). Ainsi, « au-delĂ  du coĂ»t, ce qui est embĂȘtant c’est que toutes les ressources que l’on affecte Ă  ces rĂ©parations se font au dĂ©triment de l’amĂ©lioration de la qualitĂ© du rĂ©seau. Quand vous devez rĂ©parer un site, le personnel est dĂ©tournĂ© de la couverture des zones blanches». Ou comment expliquer qu’au-delĂ  du fait que ces destructions font bien entendu dĂ©jĂ  sens en soi –selon celui donnĂ© par la multiplicitĂ© de ses protagonistes, qui iraient « des anti 5G aux anarchistes»–, mais que chacune d’entre elles affecte aussi directement l’ensemble des autres antennes dans un rapport global.

En passant, mister FĂ©dĂ©ration française des tĂ©lĂ©coms ne peut s’empĂȘcher de parler gros sous, puisque rien qu’installer une antenne coĂ»te entre 100 et 200.000 euros et que « mĂȘme en cas de dĂ©gĂąts mineurs, on parle de dizaines de milliers d’euros de matĂ©riel Ă  remplacer« . La facture finale concernant le relais TDF dĂ©truit des Cars pourrait ainsi avoisiner 1 million d’euros au bas mot.

CĂŽtĂ© rĂ©parations et dĂ©lais, ce sont les journaflics locaux du Populaire du Centre qui apportent des prĂ©cisions, sous un titre pour le moins apologĂ©tique : « Quelques minutes pour l’incendier, plusieurs mois pour remettre en Ă©tat l’émetteur « .

Sur l’immense pylĂŽne dont certaines barres de fer ont Ă©tĂ© tordues par la chaleur et oĂč plusieurs centaines de cĂąbles et gaines ont fondu jusqu’à une hauteur de 100 Ă  150 mĂštres de haut, les Ă©quipes de TDF et ses sous-traitants sont Ă  l’Ɠuvre pour essayer de poser un Ă©norme cĂąble provisoire (16 centimĂštres de diamĂštre, 300 mĂštres de long, 6,1 tonnes) qui a Ă©tĂ© acheminĂ© par convoi spĂ©cial depuis la Bretagne, avant mĂȘme de songer Ă  enlever les cĂąbles endommagĂ©s. Pour poser ce cĂąble provisoire, il faudra d’abord dĂ©couper des Ă©lĂ©ments des passerelles du pylĂŽne pour qu’il puisse passer : « Il a un rayon de courbure limitĂ©, il faut libĂ©rer du passage », explique Jocelyn Le Rohellec, responsable de l’équipe locale de TDF.

Au mieux, TDF espĂšre le rĂ©tablissement de la tĂ©lĂ©vision pour tous ceux qui sont actuellement privĂ©s de leurs chaĂźnes, en Haute-Vienne, en partie en CorrĂšze, en Creuse, en Charente et en Dordogne dans le « courant de la semaine Â», soit une dizaine de jours aprĂšs le sabotage. Et encore, pas de façon complĂšte, comme quoi rĂ©orienter les autres Ă©metteurs pour rĂ©tablir le signal est parfois plutĂŽt limitĂ©. « Nous pensons qu’avec la montĂ©e du cĂąble, nous pourrons, la semaine prochaine, rĂ©tablir la tĂ©lĂ©vision dans des conditions dĂ©gradĂ©es, car nous n’aurons pas 100% de couverture. Cela prendra encore plusieurs semaines avant de pouvoir rĂ©tablir complĂštement le signal« , prĂ©cise Jean-Louis Mounier, le directeur gĂ©nĂ©ral de TowerCoTDF, Ă  France3 Nouvelle Aquitaine.

Par la suite, « TDF prĂ©voit une bonne annĂ©e de travaux pour remettre le site en Ă©tat, repasser les cĂąblages dĂ©finitifs, repeindre le pylĂŽne. Rien que pour nettoyer la structure correctement, les Ă©quipes avancent en gĂ©nĂ©ral de 15 centimĂštres par heure« , conclut son responsable technique au scribouillard du Limousin.

* Europe1, peut-ĂȘtre par excĂšs de pudeur concernant la sensibilitĂ© de ce sabotage, a rapidement dĂ©publiĂ© son reportage en ligne, mais le cache d’un cĂ©lĂšbre moteur de recherche en avait conservĂ© la trace





Source: Sansnom.noblogs.org