Juillet 18, 2022
Par Indymedia Lille
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A deux ans de notre incarcération. Des mots depuis la prison de Mónica et Francisco, 14 juillet 2022

Nous avons toujours tenu à ne pas avoir d’intermédiaires pour nous exprimer, que personne ne parle pour nous et ces jours, où cela fera deux ans que celles et ceux qui l’hégémonie du Pouvoir nous ont enfermé-e-s par la force dans ces fosses de ciment appelées prisons, ne feront pas exception.

Cette deuxième année de taule impliquera la fin du délai d’instruction la procédure légale à notre encontre, c’est-à-dire que la période au cours de laquelle le Parquet et la dizaine de parties civiles pouvaient recueillir des informations contre nous arrivera à son terme. Une fois l’instruction close, s’ouvrira une procédure intermédiaire avant le procès.

L’instruction à notre encontre n’a pas lésiné sur les moyens : les flics se sont grandement efforcés de ne rien laisser au hasard. On cherche à travers nous à infliger une condamnation exemplaire pour faire peur à quiconque faisant sienne la pratique de la violence politique, particulièrement en ce qui concerne le placement ou l’envoi d’engins explosifs. Par ailleurs, nous ne sommes pas des inconnu-e-s pour les puissants, en plus d’une occasion ils nous ont mis-e-s sur le banc des accusé-e-s et à chaque fois nous avons exprimé clairement notre position anarchiste. Notre situation légale actuelle est étroitement liée aux procédures judiciaires antérieures.

Nous sommes autocritiques quant à nos erreurs au moment d’agir, chacune d’entre elles fait partie de notre expérience et de notre apprentissage, et nous espérons qu’elles serviront à d’autres aussi. Nous nous sentons partie prenante d’un long chemin de luttes contre la domination, chemin historique qui change à partir des différents contextes de conflit.

Il y a longtemps que nous avons décidé d’emprunter les chemins négateurs de l’anarchie, la comprenant comme une tension constante qui, dans sa dialectique constructive/destructrice, ne se pose ni comme une vérité absolue ni comme un lieu où l’on parvient jamais.

Notre vie n’est pas dissociée de notre énorme désir de vivre le plus en accord possible avec nos idées, nous assumons cela avec toutes les contradictions ainsi qu’avec ses conséquences que cela implique.

Avec ces mots, il nous intéresse à nouveau de prôner et d’encourager à l’attaque contre chaque expression du Pouvoir. Nous affirmons avec insistance que nous considérons les actes de vengeance et de sabotage comme une nécessité urgente, leur multiplication et leur propagation renforce indéniablement les espaces et les positionnements anarchistes de combat. Nous pensons que le pari doit nécessairement aller dans le sens d’un saut qualitatif dans le conflit, pour sortir des espaces de confort, élargir les perspectives et frapper là où ça fait le plus mal.

Dans ce sens, nous saluons chaque action explosive réalisée ces derniers mois, celles-ci contribuant et renforçant sans aucun doute la guérilla urbaine anarchiste.

Chaque attaque réalisée contre le Pouvoir dans une perspective antiautoritaire est valide pour nous.

La date où on nous jugera s’approche, nous savons qu’existent des possibilités que nous passions longtemps séquestré-e-s dans les prisons de l’État, nous y sommes préparé-e-s grâce au soutien fraternel d’une infinité de compagnon-ne-s qui, avec chaque geste, parviennent à illuminer la nuit.

Au cours de ces deux années d’enfermement, nous avons participé à l’espace « Prisonnier-e-s anarchistes et subversifs/ves », nous concentrant sur la libération de notre compagnon Marcelo Villarroel, à qui continuent d’être appliquées les sentences du Parquet militaire perpétuant son incarcération. Obtenir la sortie de Marcelo sera certainement une victoire qui nous renforcera et bénéficiera à tou-te-s les prisonnier-e-s de la guerre sociale. Nous appelons à multiplier les actions et les gestes de solidarité révolutionnaire pour permettre à notre compagnon de remettre les pieds dans la rue.

Pour nous, l’affrontement contre la domination n’est pas terminé, il change seulement de forme.

Mónica Caballero

Prison de San Miguel

Francisco Solar

Prison La Gonzalina-Rancagua

Juillet 2022

https://publicacionrefractario.wordpress.com/2022/07/14/a-dos-anos-de-nuestro-encarcelamiento-palabras-de-monica-y-francisco-desde-la-prision/





Source: Lille.indymedia.org