Le dimanche 16 février, des militant-e-s LREM tractaient pour les élections municipales au marché quai Victor Augagneur. Six militant·e·s syndicalistes réunis contre la réforme des retraites passent à proximité et commencent à chanter autour d’eux, vite rejoins par les passant·es. Excédés, les activistes de LREM fracassent le téléphone d’une personne les filmant et pousse un badaud sur un stand de miel… Les flics interviennent et recommandent aux syndicalistex de porter plainte ! Quelques heures plus tard, Yann Cucherat, le chef des jeunes avec Macron du Rhône accuse les syndicalistes d’être des « rouges bruns » … Propos vite relayés par toute la Macronie locale… et par le Progrès ! Retour sur cette histoire rocambolesque !

Déroulé du 16 février

Le dimanche 16 février, des militant-e-s LREM tractaient pour les élections municipales au marché quai Victor Augagneur.

Nous, six militant-e-s interprofessionnels et intersyndicaux, mais tou-te-s uni-e-s dans un même rejet de la réforme des retraites et plus largement de la politique gouvernementale de casse des services publics et d’un système social solidaire, avons décidé d’aller chanter face aux tracteurs-euses.

Pour nous Gérard Collomb, actuel maire de Lyon, candidat à la métropole, premier soutien d’Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle et ministre de l’intérieur lors de l’affaire Benalla est un symbole du macronisme qu’il décline au niveau local.

De nombreux-ses passant-e-s nous ont apporté leur soutien, certain-e-s ont même chanté avec nous.

Nous avons échangé avec plusieurs d’entre eux-elles. D’autres militant-e-s soutenant d’autres candidat-e-s tractaient également et nous ont salué avec le sourire. L’ambiance était plutôt bon enfant, même si elle ne faisait pas plaisir aux militant-e-s LREM.

Après plus d’une heure de chants, un passant s’est montré vindicatif avec une militante LREM et la tension est montée entre lui et elle, avec des accusations réciproques de contacts physiques.

L’un de nous s’est approché pour séparer les deux protagonistes et apaiser la situation. Un autre camarade a fait mine de filmer avec son téléphone. La militante LREM a saisit son téléphone et l’a lancé à plusieurs mètres, il s’est écrasé au sol, se brisant. La militante LREM , toujours en furie a poussé le passant sur un stand de miel. Le commerçant s’est donc énervé et a demandé aux militant-e-s LREM de partir, nous apportant son soutien.

Ces mêmes militant-e-s LREM qui venant de commettre une agression, ont appelé la police. Lorsque celle-ci est arrivée, elle a indiqué à la marcheuse qu’elle n’avait pas à réagir de la sorte et que nous avions complètement le droit d’être là et de filmer. L’une des policière a même invité le camarade à déposer plainte pour son téléphone, et peu encline à tomber dans la mascarade de la militante LREM, l’a invité à aller faire constater une éventuelle ITT avant de venir déposer plainte…

Suite à cet incident, ne souhaitant pas une escalade des tensions, nous avons quitté le marché. Nous y sommes retourné-e-s une demie-heure plus tard, afin de soutenir le commerçant molesté.

Les Suites invraisemblable

Le lendemain, nous avons découvert sur Twitter [1] que des militant-e-s LREM (dont la présidente du SYTRAL et vice-présidente du Grand Lyon) nous accusaient de nous en être « pris physiquement » aux personnes de leur parti qui diffusait des tracts. Certain-e-s allant jusqu’à nous insulter de « rouge-bruns ».

Cette version est ensuite relayée par Le Progrès dans un article lapidaire [2]

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Un droit de réponse ignoré

Suite à ces publication invraisemblables, un droit de réponses est rédigé par les militant·es agressé par les activistes de LREM et envoyé au Progrès… Pourtant … Le Progrès ne réagit pas, ne répond pas et ne publie pas le droit de réponses … Le voici donc :

Nous récusons les allégations pointées par LREM et relayées dans votre article. A aucun moment nous n’avons agressé qui que ce soit. Notre action était pacifique du début à la fin, dans une ambiance bon enfant appréciée des passants. Face à la surdité gouvernementale nous sommes allés nous faire entendre en chanson. C’est bien le téléphone d’un de nos camarades qui a été arraché de ses mains puis jeté au sol par la militante LREM. Celle-ci se trouvait alors dans une altercation avec un passant sans rapport avec notre chorale. En effet, la police est bien venue sur place. En présence des deux parties, elle a confirmé notre droit d’être présents, et a invité notre camarade propriétaire du téléphone à venir au commissariat pour porter plainte. Suite au tweet injurieux de Sacha Benhamou, nous réaffirmons notre combat de tout temps contre le fascisme.

Les militants présents des syndicats CGT, CNT, FO, SNES et SUD.

Les suites

Nous condamnons avec force un nouveau mensonge des LREM, qui nous accusent de les avoir agressé, alors que ce sont eux et elles qui ont sont les auteurs-trices de l’agression.

Nous condamnons les messages calomnieux de la part de personnes qui n’étaient même pas présentes.

Notre action, pacifique du début à la fin, visait à pointer la responsabilité de la macronie, locale comme gouvernementale, dans la casse sociale organisée, à pointer leur surdité et leur mépris face à nos revendications depuis plus de 2 mois : nous sommes donc allés nous faire entendre directement.

Notre couleur est uniquement le rouge de la lutte, et nous continuerons de la porter fièrement partout face au mépris, aux mensonges du gouvernement et de ses relais locaux.

Nous saluons les commerçants du marché quais Augagneur qui ont subi les désagréments liés à la surdité du gouvernement face aux 62% des Français opposés à la réforme des retraites.

Le mouvement social se poursuit, et il occupera les mêmes terrains politiques que le macronisme.

On est là. On sera là.

Des militant-e-s du mouvement social


Article publié le 21 Fév 2020 sur Rebellyon.info