Juillet 1, 2021
Par Attaque
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Redon (Ille-et-Vilaine) : Pas de fĂȘte ? Alors l’émeute !

Le Parisien / samedi 19 juin 2021

De violents affrontements ont Ă©clatĂ© entre 1500 teufeurs qui tentaient d’installer une free party dans un champ et la gendarmerie, dans la nuit de vendredi Ă  samedi Ă  Redon (Ille-et-Vilaine). Ce samedi, des centaines de participants Ă©taient encore sur place. Une intervention des forces de l’ordre avec des gaz lacrymogĂšnes pour Ă©vacuer le site a commencĂ© vers 17 heures. « Les militaires de la gendarmerie mettent tout en Ɠuvre pour prĂ©server la sĂ©curitĂ© des participants en les invitant Ă  Ă©vacuer la zone dans le calme », prĂ©cise la gendarmerie nationale dans un tweet.

Un Ă©pais nuage de gaz lacrymogĂšne a recouvert le site oĂč des affrontements avaient eu lieu dans la nuit entre gendarmes et teufeurs. Au moins 25 cars de gendarmes mobiles et de CRS Ă©taient positionnĂ©s aux abords du principal accĂšs au site. L’évacuation s’est terminĂ©e vers 19 heures a annoncĂ© la prĂ©fecture. Il y a eu, « une dizaine d’interpellations », six blessĂ©s lĂ©gers parmi les forces de l’ordre et un blessĂ© lĂ©ger cĂŽtĂ© participant, en plus de ceux de la nuit.

Ce Teknival avait Ă©tĂ© annoncĂ© sur les rĂ©seaux sociaux et faisait l’objet d’un arrĂȘtĂ© prĂ©fectoral d’interdiction. Quelque 1500 fĂȘtards ont malgrĂ© tout tentĂ© de s’installer prĂšs de Redon vendredi soir. Ils ont jetĂ© leur dĂ©volu sur un parking de supermarchĂ©, puis se dont dirigĂ©s vers le secteur de l’hippodrome de cette ville. Les gendarmes Ă©taient sur place pour empĂȘcher et disperser ce rassemblement. Mais des tensions ont rapidement Ă©clatĂ© avec les forces de l’ordre, visĂ©es par divers projectiles : boules de pĂ©tanque, morceaux de parpaing, pĂ©tards


Le journaliste RĂ©my Buisine Ă©voque lui l’utilisation, cĂŽtĂ© forces de l’ordre, de nombreux gaz lacrymogĂšnes pour Ă©vacuer les lieux.

Les affrontements ont durĂ© toute la nuit, « pendant plus de 7 heures », avance le prĂ©fet d’Ille-et-Vilaine. 400 gendarmes ont Ă©tĂ© mobilisĂ©s.

Ces affrontements particuliĂšrement tendus ont fait sept blessĂ©s, selon un premier bilan. Soit cinq gendarmes, dont deux ont Ă©tĂ© transfĂ©rĂ©s Ă  l’hĂŽpital de Redon, et deux fĂȘtards, dont l’un, ĂągĂ© de 22 ans, a Ă©tĂ© griĂšvement atteint puisqu’il a perdu une main, dans des circonstances qui restent Ă  dĂ©terminer. Le procureur de la RĂ©publique de Rennes a indiquĂ© que ce jeune homme, inconnu de la justice, « subit actuellement une intervention chirurgicale tendant Ă  une amputation ». Une enquĂȘte a Ă©tĂ© ouverte pour « blessures involontaires avec ITT supĂ©rieure Ă  3 mois », confiĂ©e Ă  la Section de recherches de Rennes, qui « doit permettre de dĂ©terminer les circonstances exactes et l’origine de ces blessures ».

Cinq hommes ĂągĂ©s de 20 Ă  37 ans ont Ă©tĂ© placĂ©s en garde Ă  vue, a aussi annoncĂ© samedi aprĂšs-midi le procureur de la RĂ©publique de Rennes, Philippe Astruc. Un seul a des antĂ©cĂ©dents judiciaires. Une enquĂȘte a Ă©tĂ© ouverte liĂ©e aux « violences sur personnes dĂ©positaires de l’autoritĂ© publique », et une autre relative Ă  l’organisation de la free party.

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] La situation s’est apaisĂ©e ce samedi matin, mais plusieurs escadrons de gendarmes sont encore sur place pour Ă©vacuer les lieux. « Les opĂ©rations d’évacuation sont en cours. L’objectif, c’est qu’on puisse Ă©vacuer la zone sans dĂ©plorer de nouveaux blessĂ©s » rapporte la porte-parole de la gendarmerie nationale.
De nombreux participants Ă  la rave-party sont encore sur place ce samedi matin.

Le maire de la ville Ă©voque en « un millier de personnes » encore sur place, le prĂ©fet d’Ille-et-Vilaine en Ă©voque « plusieurs centaines ». « Je demande de façon trĂšs claire aux participants de quitter les lieux », enjoint-il.

« Il est possible qu’il y ait une suite d’évĂ©nements, il faut ĂȘtre trĂšs prudents, ce qui explique cette prĂ©sence forte de la gendarmerie. Les pompiers sont en base retranchĂ©e au cas oĂč », prĂ©cise le maire, qui souligne aussi le travail des services de la ville, qui ont « disposĂ© des blocs de bĂ©ton ». [
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21 juin : la musique, pas les keufs

Le Parisien / lundi 21 juin 2021

DĂ©confinĂ©s, libĂ©rĂ©s du masque et du couvre-feu, certains Français ont pu profiter Ă  fond de la FĂȘte de la musique, ce lundi soir. Des milliers de fĂȘtards – surtout des jeunes – se sont rĂ©unis autour de la musique, faisant fi des mesures sanitaires. Un parfum de goĂ»t d’avant alors que l’épidĂ©mie recule. InvitĂ©e sur BFM ce mardi matin, Roselyne Bachelot a Ă©voquĂ© « certains dĂ©bordements », « dans l’extase de la fĂȘte ». Mais la ministre de la Culture a surtout appelĂ© Ă  « la responsabilitĂ© » de chacun aprĂšs avoir « lĂąchĂ© les freins ».

À Paris, notamment dans le centre de la capitale, ce sont des rues bondĂ©es qui ont accueilli les fĂȘtards. Les forces de l’ordre sont intervenues Ă  plusieurs reprises pour disperser des rassemblements de plusieurs centaines de personnes, notamment devant l’HĂŽtel de Ville et au niveau du jardin des Invalides. À 23 heures, les quais de Seine Ă©taient pleins de milliers de personnes, sans masque ni distanciation sociale.

Plusieurs centaines de jeunes s’étaient aussi retrouvĂ©s en dĂ©but de soirĂ©e dans le Jardin des Tuileries (Ier arrondissement) avant d’ĂȘtre dispersĂ©es par la police. La foule a ensuite pris la direction de l’HĂŽtel de Ville (IVe arrondissement), avant d’ĂȘtre une nouvelle fois Ă©vacuĂ©e.

Le protocole sanitaire de la FĂȘte de la musique prĂ©vu par le gouvernement interdisait « de crĂ©er un attroupement Ă  plus de 10 personnes dans l’espace public », empĂȘchant de fait la tenue de concert Ă  l’extĂ©rieur, comme c’est le cas d’habitude. Seuls les concerts Ă  l’intĂ©rieur des bars et restaurants, sous rĂ©serve de respecter la jauge, et les concerts assis en extĂ©rieur Ă©taient autorisĂ©s [en gros, Ă©tait autorisĂ© seulement ce qui Ă©tait liĂ© Ă  la consommation marchande ; NdAtt.].

Au final, 25 personnes ont Ă©tĂ© interpellĂ©es pour « violences volontaires sur personne dĂ©positaire de l’autoritĂ© publique et outrage », et « vol et participation Ă  un groupement en vue de commettre des violences ». 46 Ă©tablissements se sont vus dresser des procĂšs-verbaux pour mise en demeure, a-t-on ajoutĂ©.

À Nantes (Loire-Atlantique), la FĂȘte de la musique a rapidement dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©. AprĂšs une marche pacifique d’un millier de personnes en hommage Ă  Steve Maia Caniço, tombĂ© dans la Loire durant une intervention policiĂšre lors de la FĂȘte de la musique en 2019, un autre rassemblement Ă©tait organisĂ© en son honneur plus tard dans la soirĂ©e. Cette manifestation, place du Bouffay, s’est finalement transformĂ©e en une free party autour d’une centaine de personnes. Des heurts ont Ă©clatĂ© entre les teufeurs et les forces de l’ordre, qui ont fait usage de gaz lacrymogĂšnes.

En Haute-Savoie, France Bleu Ă©voque de son cĂŽtĂ© des « scĂšnes d’émeutes » Ă  Annecy, en marge de la FĂȘte de la musique, oĂč le prĂ©fet a qualifiĂ© les faits d’« inadmissibles et lamentables », sur les ondes de la radio locale. Un regroupement de « collĂ©giens et lycĂ©ens » qui a dĂ©butĂ© vers 21 heures au bord du lac d’Annecy, au niveau de l’esplanade du PĂąquier et du centre Bonlieu, oĂč ils Ă©taient « plus de 2000 », a prĂ©cisĂ© Ă  l’AFP la Direction dĂ©partementale de la sĂ©curitĂ© publique de la Haute-Savoie, a effectivement dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©. « Au dĂ©but, c’était un pique-nique dans une trĂšs bonne ambiance et puis, petit Ă  petit, ils ont fait des battles de danse qui ont dĂ©gĂ©nĂ©rĂ© visiblement. S’en sont suivi des altercations », a-t-on ajoutĂ©.

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Aubervilliers (Seine-Sait-Denis) : Caillassage solidaire

France Bleu / mardi 22 juin 2021

Plusieurs agents de la police municipale d’Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, ont Ă©tĂ© attaquĂ©s, ce mardi 22 juin 2021. L’un d’entre eux est blessĂ©.
L’équipe, composĂ© de quatre agents, intervenait Ă  la sortie du mĂ©tro du Fort d’Aubervilliers, pour demander Ă  des vendeurs de brochettes de quitter les lieux. C’est Ă  ce moment-lĂ , qu’un « groupe de jeunes Â», qui n’ont rien Ă  voir avec les vendeurs a priori et qui se trouvaient Ă  cĂŽtĂ©, s’est approchĂ©., selon la mairie. Une dizaine d’individus ont lancĂ© plusieurs projectiles, notamment des palettes, sur les policiers.
L’un des agents municipaux a Ă©tĂ© blessĂ© Ă  la tĂȘte, affirme la maire Karine Franclet (UDI). Des agents de la police nationale, qui Ă©taient Ă  proximitĂ©, sont intervenus en renfort et ont rĂ©ussi Ă  interpeller une personne. La mairie annonce qu’elle va dĂ©poser plainte.

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Tours : « Sale keuf Â»

France Bleu / vendredi 25 juin 2021

[
] Un policier municipal de Tours, vivant Ă  une vingtaine de kilomĂštres de Tours, est sous le choc depuis la nuit de mercredi Ă  jeudi oĂč l’on a tentĂ© de mettre le feu Ă  sa voiture personnelle, vers 2h du matin. Un « tag Â» a Ă©galement Ă©tĂ© laissĂ© sur son capot, « sale keuf Â», une inscription « sous forme de rayure avec une clĂ©, ou un tournevis Â» explique-t-il. *RĂ©mi dormait lorsque son Ă©pouse a Ă©tĂ© rĂ©veillĂ©e par des bruits venant de l’extĂ©rieur de sa maison, vers 2h du matin. Elle a d’abord aperçu une vive couleur orange, semblable Ă  des flammes. En sortant, *RĂ©mi ne voit personne, mais sent une forte odeur d’essence. Il voit ensuite des traces de tentative d’incendie sur son vĂ©hicule, ainsi que des impacts sur la vitre, preuve que la vitre passager a Ă©tĂ© forcĂ©, sans rĂ©sultat Ă©galement. [
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Ce policier municipal de 39 ans est en arrĂȘt jusqu’à la fin de semaine et a dĂ©posĂ© plainte Ă  la gendarmerie pour « tentative ou destruction d’un bien d’autrui par un moyen dangereux Â» et « dĂ©gradation ou dĂ©tĂ©rioration d’un bien d’autrui par inscription, signe ou dessin Â».
*Son prĂ©nom a Ă©tĂ© changĂ© pour des raisons d’anonymat, au mĂȘme titre que la ville qui n’est pas prĂ©cisĂ©e.

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Grigny (Essonne) : Trois véhicules de la mairie

Le Parisien / samedi 19 juin 2021

[
] Dans la nuit de vendredi Ă  samedi, deux voitures utilisĂ©es par la mairie de Grigny dans l’Essonne ont Ă©tĂ© volontairement incendiĂ©es sur le parking de la Ferme Neuve. Selon la mairie, « l’un de ces vĂ©hicules livre tous les jours les repas dans les Ă©coles et l’autre est dĂ©diĂ© aux fĂȘtes et aux cĂ©rĂ©monies ». « Ce vĂ©hicule sert Ă©galement Ă  la municipalitĂ© pour accomplir sa mission de service public auprĂšs des retraitĂ©s ou pour des animations en direction des familles » prĂ©cise la municipalitĂ©.

Une enquĂȘte a Ă©tĂ© ouverte suite Ă  ces incendies, « dont l’origine semble manifestement criminelle », note la mairie de Grigny. Dans la nuit de mercredi Ă  jeudi, un autre vĂ©hicule municipal avait Ă©tĂ© incendiĂ©, toujours sur le parking de la Ferme Neuve.

La municipalitĂ© dĂ©nonce un « acte d’intimidation envers les agents du service public » pour « semer la terreur et les faire renoncer Ă  accomplir leur mission de service public ». Les vĂ©hicules brĂ»lĂ©s ont notamment Ă©tĂ© utilisĂ©s pour le portage de repas Ă  domicile et la livraison de 130 000 masques durant la crise du Covid-19.

Ces incendies volontaires pourraient ĂȘtre liĂ©s Ă  de multiples rĂ©novations urbaines dans les quartiers sensibles de Grigny 2 et de la Grande Borne. La mairie met actuellement en place de la vidĂ©o-protection et dĂ©veloppe sa police municipale. « Certains vieux dĂ©mons resurgissent », remarque-t-on en mairie.

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Calais (Pas-de-Calais) : Contre les frontiĂšres et leurs gardiens

La Voix du Nord / 18 juin 2021

Dans la nuit de jeudi Ă  vendredi, les locaux de la police municipale basĂ©s dans le parc Saint-Pierre au centre-ville de Calais ont Ă©tĂ© taguĂ©s. On peut y lire des insultes Ă  la police mais Ă©galement des rĂ©fĂ©rences Ă  l’abolition des frontiĂšres. [article payant ; NdAtt.]




Source: Attaque.noblogs.org