Août 28, 2021
Par Le Monde Libertaire
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Le climat social est Ă  l’inquiĂ©tude : une crise sociale, une crise sanitaire, une crise Ă©conomique

Surfant sur le malaise sociĂ©tal, l’État en profite pour renforcer l’appareil sĂ©curitaire et rĂ©pressif afin de satisfaire un Ă©lectorat toujours plus conservateur.

Depuis le mouvement des Gilets jaunes, les forces de l’ordre macronien ont toute latitude pour rĂ©primer avec virulence les manifestations, et les mutilations furent nombreuses. Les ministres de l’intĂ©rieur successifs dĂ©clarent soutenir et couvrir les comportements des forces de rĂ©pression.
Certains propos sont insultants Ă  l’égard des victimes. Pendant ce temps, le reste du gouvernement regarde ailleurs, tout comme la classe politique parlementaire.

La manipulation est En Marche : l’action coordonnĂ©e du pouvoir et des mĂ©dias aboutit Ă  une insĂ©curitĂ© dans les esprits et permet de faire adopter des lois et des dĂ©crets liberticides en toute quiĂ©tude.

Il est ainsi possible de renforcer le contenu des fichiers d’individus « sous contrĂŽle ». Personne ne s’en offusque. Les organisations qui ont attaquĂ© le dĂ©cret devant le Conseil d’État ont perdu.

Nous assistons Ă  la robotisation du contrĂŽle des populations : les algorithmes, la gĂ©olocalisation, le contrĂŽle des messageries, les drones, la vidĂ©o-surveillance, et maintenant le QR-code
 Tout un arsenal technologique et juridique transforme insensiblement nos États dits de droit en États policiers, et nos sociĂ©tĂ©s rĂ©putĂ©es libres en sociĂ©tĂ© de la peur, oĂč la suspicion suspend la solidaritĂ© et fait de l’hospitalitĂ© un dĂ©lit pĂ©nal.

Le dispositif lĂ©gislatif s’est largement dĂ©veloppĂ© durant cette crise. L’arbitraire policier s’est Ă©panoui. Les libertĂ©s des simples individus sont bien faibles devant les juges.

La FĂ©dĂ©ration Anarchiste avait dĂ©noncĂ© la proposition de loi dite « de sĂ©curitĂ© globale », notamment le cĂ©lĂšbre article 24 visant Ă  interdire les images des forces de l’ordre en pleine action, et plus gĂ©nĂ©ralement le dispositif qui donnait sans contrĂŽle des pouvoirs exorbitants aux policiers municipaux. Le Conseil constitutionnel a eu une position curieuse : il a dĂ©clarĂ© inconstitutionnel le contenu de l’article 24 reformulĂ©, mais il a admis d’autres dispositions liberticides. C’est tout le texte qui porte atteinte aux libertĂ©s publiques et qu’il faut supprimer.

Il s’agissait d’une tactique consistant Ă  inscrire dans un texte une Ă©normitĂ© juridique qui sera Ă©videmment annulĂ©e pour faire passer le reste tout aussi dangereux.

RĂ©cemment le Conseil d’État, saisi du SchĂ©ma national du maintien de l’ordre, en a remis en cause certaines dispositions. MĂȘme tactique qu’au Conseil constitutionnel, on annule le plus gros pour faire passer le reste. Ainsi la «nasse » est supprimĂ©e pour le moment car trop attentatoire aux libertĂ©s.
Quatre dispositions visant la libertĂ© d’informer sont aussi annulĂ©es. Restons prudents, quantitĂ© de dispositions annulĂ©es rĂ©apparaissent dans d’autres textes, les rĂ©dacteurs profitant de l’absence de vigilance.Dans les mois qui viennent, Ă©lections prĂ©sidentielles et lĂ©gislatives obligent, face Ă  la montĂ©e des extrĂȘme-droites, la classe politique professionnelle, droite et gauche confondues, fera assaut de mesures restrictives et attentatoires aux libertĂ©s publiques. La FĂ©dĂ©ration anarchiste prendra toute sa place dans la lutte contre l’établissement d’un État toujours plus policier et rĂ©actionnaire.

Fédération Anarchiste




Source: Monde-libertaire.fr