Le groupuscule d’extrême droite [1], invité à Tours, est né en octobre 2019, il est composé de femmes cis blanches, et se dit féministe et identitaire. Derrière cette étiquette, on trouve en réalité des discours haineux, xénophobes, islamophobes, LGBTphobes, putophobes, transphobes et de surcroît ouvertement racistes. C’est en fait un groupe « féminin » anti-immigration qui surfe sur la visibilité actuelle des mouvements féministes et s’en approprie les codes mais en oublie, au passage, les chapitres qui ont marqués la libération des Femmes, en France et dans le monde.

Elles ne croient pas au patriarcat, s’entendent à dire que « les Européennes ne sont pas des frontières violables » [2], inventent des chiffres concernant la proportion de viols commis par des personnes sans nationalité française, s’insurgent d’être virées de la marche « Nous Toutes » en novembre 2019 après avoir tenu des propos racistes et s’enorgueillissent d’être validées par la fachosphère. Elles ne sont pas novices : leur dernière campagne vidéo anti-harcèlement disponible sur leur instagram montre un homme, noir, qui pose sa main sur la cuisse d’une femme blanche ; elle est « sauvée » par un homme blanc. Vue plus de 5 000 fois, cette vidéo résume bien un racisme décomplexé et une diabolisation de l’étranger. Ou la peur, puisque c’est de cela qu’elles se nourrissent, la peur.

N’en déplaise aux féministes inclusif-ves [3], elles seront les invitées privilégiées d’un groupuscule fasciste et tourangeau « Des Tours et des Lys » ce vendredi 9 octobre 2020 dans un lieu tenu encore secret — à 5 euros l’entrée . Le « Cercle de parole Prométhée » se réunit pour une « conférence » ou plutôt pour prêcher une parole à des convaincu-es. Favorisant l’entre-soi et le séparatisme, nous supposons qu’ils et elles seront présent-es à la manifestation anti-PMA/GPA pour les femmes célibataires et lesbiennes organisée le lendemain dans le centre-ville de Tours. Quoi de mieux que de se penser féministes et d’imposer à ces femmes une idéologie proche du moyen-âge ? Finalement, on a trouvé la recette pour que « Des Tours et des Lys » ou leurs camarades masculins s’intéressent au féminisme : celui-ci doit être raciste, il doit nier l’oppression des hommes cis et nier l’existence du patriarcat.

Aujourd’hui, nous revendiquons que le féminisme identitaire n’a de féministe que le nom. Nous revendiquons un féminisme inclusif et intersectionnel, basé sur des faits et non des suppositions. Nous sommes ici pour vous dire, à vous, voilé-e-s, putes, étrangèr-e-s, personnes racisées, femmes cisgenres, personnes transgenres, non-binaire, gender-fluid, queer, lesbiennes, vieilles-vieux, jeunes, gros-ses, maigres, croyant-es, athé-es, agnostiques, handicapé-es, neuroatypiques, va-nus-pieds, révolté-es, déçu-es, fort-es, solidaires, que nous sommes là. Nous ne laisserons pas ces idéologies nous séparer et nous lutterons chaque jour pour un féminisme juste, qui ne se base pas sur la peur ou sur la haine. Nous vous rappelons que le féminisme est un mouvement qui lutte pour une égalité femmes-hommes et plus largement pour une meilleure reconnaissance des minorités victimes du patriarcat.

Une contre-manifestation a lieu le samedi 10 octobre, à 10h30, place G.Paillhou (Halles de Tours) pour venir créer une mini-pride et lutter contre la manifestation anti-PMA/GPA organisée par la manif pour tous. Cette contre-manifestation est familiale et nous vous invitons grandement à venir aux couleurs LGBTQIA+, avec des paillettes et des masques. Sans oublier les gestes barrières. Plus d’infos ici.

Nous ne lâcherons rien, promis.

Collectif Nous Toutes 37

Collectif Actions Féministes de Tours

Illustration : Manifestation organisée le 10 juillet par actions Féministes Tours en collaboration avec Nous Toutes 37


Article publié le 09 Oct 2020 sur Larotative.info