Janvier 21, 2022
Par La Bogue
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Des artistes s’engagent contre la sociĂ©tĂ© de contrĂŽle de tous par tous Ă  travers le passe sanitaire devenu passe vaccinal. Un premier texte d’Akhenaton est dĂ©jĂ  paru sur le site des Gilets jaunes de Forcalquier, Le MaĂźtre et ses perroquets. Nous en publions un autre de musiciens issu notamment, et ce n’est pas un hasard, « d’une pratique bien particuliĂšre liĂ©e Ă  l’expĂ©rimentation et Ă  l’improvisation libres Â». Il est salutaire de voir des artistes s’engager car la majoritĂ© du milieu culturel brille par son abscence dans les prises de position par rapport Ă  la discimination qu’instaure les passes. OĂč sont tous ces artistes qui occupaient leur thĂ©Ăątre il y a un an demandant l’accĂšs Ă  la culture pour tous ? Ils ont semblĂ© jusqu’à aujourd’hui se satisfaire de la rĂ©ouverture avec passe sanitaire, beaucoup osant mĂȘme discourir avant le spectacle pour dire leur joie de « retrouver leur public Â» en occultant le fait de laisser Ă  la porte une catĂ©gorie importante de ce mĂȘme public, souvent concernant les personnes les plus prĂ©carisĂ©es. Pourtant, des compagnies, des lieux prennent encore aujourd’hui le risque d’ouvrir leur porte, de se produire, en refusant de contrĂŽler le public, de faire le flic culturel.

Un virus est un parasite qui se rĂ©plique aux dĂ©pens de son hĂŽte, parfois jusqu’à le tuer, explique l’anthropologue Philippe Descola. C’est ce que le capitalisme fait avec la Terre depuis les dĂ©buts de la rĂ©volution industrielle, pendant longtemps sans le savoir. Maintenant, nous le savons, mais nous semblons avoir peur du remĂšde, que nous connaissons aussi, Ă  savoir un bouleversement de nos modes de vie. Â»

No Pass(aran)

Nous sommes toutes et tous avant tout des humains remplis de contradictions et d’un dĂ©sir de vivre.

Nous assumons nos choix de vie dans une économie capitaliste qui tous les jours exclut, écrase, condamne et privatise les profts pendant que les pertes sont nationalisées.

Nous parlons d’abord de lĂ  oĂč nous sommes, c’est-Ă -dire de ce milieu de l’art et de la culture qui regroupe des techniciens, des techniciennes, des artistes, des musiciens, des musiciennes, des danseuses, des danseurs, des administratrices, des administrateurs… mais dans une pratique bien particuliĂšre liĂ©e Ă  l’expĂ©rimentation et Ă  l’improvisation libre oĂč depuis bien longtemps dĂ©jĂ , nous traquons les hiĂ©rarchies et tentons de faire coexister nos diffĂ©rences. Cette conception nous semble rĂ©sonner avec la situation de contrĂŽle actuelle et nous amĂšne Ă  Ă©diter ce texte Ă  partager.

Qui aurait imaginĂ© qu’en 2022 un pays comme la France dit pays des droits de l’Homme, traite une partie de ses citoyens comme des intouchables, n’ayant plus accĂšs Ă  certains services publics (transports, santĂ©, culture, activitĂ©s sportives…) et qui se voient interdits de travail, stigmatisĂ©s, traitĂ©s de criminels par certains, privĂ©s de leurs droits ?

Comment tolĂ©rer aujourd’hui que des gens soient exclus de leur pratique publique, interdits de monter sur scĂšne, interdits de montage technique, interdits de pĂ©nĂ©trer dans leur bureau… ? Interdits de travailler et donc de recevoir leur salaire. Comment fait-on pour survivre dans une telle situation ?

De telles mesures sont injustifables. D’autant plus que l’on n’a jamais Ă©valuĂ© les dĂ©gĂąts collatĂ©raux qu’elles pourront occasionner. La peur n’est pas une bonne conseillĂšre.

Le vaccin peut ĂȘtre une solution mais certainement pas LA solution, et encore moins quand la politique gouvernementale continue de fermer des services et des lits d’hĂŽpitaux et de supprimer le personnel qui va avec. C’est une multiplicitĂ© d’approches qui demeure nĂ©cessaire face Ă  LA rĂ©ponse unilatĂ©rale qui ne pourra produire qu’un imaginaire figĂ© avec ses consĂ©quences dĂ©vastatrices et mortifĂšres.

Il est temps pour nous de prendre une position claire, et de la partager, face aux salles et activitĂ©s condamnĂ©es Ă  s’arrĂȘter pour cause sanitaire pendant que la cohue continue dans les transports en commun, les supermarchĂ©s et les lieux de culte. Et donc Ă©galement de se positionner face Ă  un passe vaccinal qui va exclure des gens de leur travail et donc de leur salaire.

Que nous soyons des personnes vaccinĂ©es volontaires, vaccinĂ©es forcĂ©es, non vaccinĂ©es, nous tenons Ă  rester unies face Ă  cette politique rĂ©actionnaire et les propos indignes qu’elle transporte.

Nous souhaitons affirmer notre solidaritĂ© avec celles et ceux qu’on a forcĂ© Ă  dĂ©missionner, qu’on a suspendu sans salaire dans les hĂŽpitaux, mĂ©diathĂšques, mĂ©tiers de la culture et l’ensemble des services publics.

Oui Ă  la vie commune oĂč l’on prends soin de soi et des autres, mais non Ă  l’exclusion, Ă  la dĂ©nonciation et la stigmatisation.

Stop Ă  cette politique infantilisante, irresponsable et liberticide !

Signature, date et profession :

A renvoyer Ă  [email protected]

Ce texte a été rédigé par David Chiesa, Amanda Gardone, Natacha Muslera, Aude Romary, Michel Doneda et JérÎme Noetinger.

Texte libre d’ĂȘtre rĂ©utilisĂ© et rĂ©adaptĂ© par qui le souhaite.




Source: Labogue.info