Mai 19, 2022
Par Yannis Youlountas
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SIXIÈME ÉPISODE (SUR 11) : DES ACTIONS UN PEU PARTOUT EN GRÈCE ✊❤️

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⤵️ Épisodes précédents et suivants : voir tout en bas ⤵️

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Même si beaucoup de nos actions se concentrent à Athènes, notamment dans le quartier d’Exarcheia, nous intervenons aussi dans d’autres régions de Grèce, parfois très éloignées de la capitale.

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Parmi d’autres destinations, nous épaulons des collectifs de Patras à Thessalonique, des cuisines solidaires et des squats aux quatre coins du pays, des ouvriers en lutte comme les dockers du Pirée en grève contre la firme Cosco ou encore des victimes précaires d’un séisme en Crète… (cf. liste détaillée à la fin de cet article).

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Après la longue traversée de la mer Adriatique, tous les fourgons ne débarquent pas toujours à Patras, principal port du Sud-Ouest. Parfois, certains débarquent dans le port d’Igoumenitsa pour se rendre ensuite dans certaines villes du nord de la Grèce : Ioannina, Thessalonique, Idomeni, Komontini ou parfois Alessandroupoli…

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Cette traversée de 22 heures en ferry sur l’Adriatique nous donne l’occasion de mieux nous connaître, notamment avec les nouveaux partants, même si certains s’arrêtent parfois bien avant Patras pour prendre la fameuse route du Nord. Bref, nous nous répartissons les différentes zones géographiques pour prendre le temps d’agir sur le terrain, bien au-delà d’une simple livraison de fournitures et de matériel. Parfois, nous n’arrivons pas à aller partout en Grèce, même avec 16 fourgons comme cette année de janvier à mai, alors nous envoyons au moins un soutien financier à certains lieux ou collectifs qui en ont besoin et qui devront attendre la fois suivante pour une livraison de colis correspondant à la liste de ce qu’ils recherchent (cf. rappel de la liste globale des besoins de cette année à la fin de cet article).

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La nuit, durant la traversée de la mer Adriatique, puis sur le continent et sur certaines îles, nous dormons en cercle dans de simples sacs de couchage, par exemple dans un salon du bateau ou à la belle étoile. Certains d’entre nous aiment planter la tente dans le Péloponnèse ou en mer Égée, d’autres dorment dans leur fourgon en partie libéré de son chargement en cours de livraison. Certains lieux destinataires nous hébergent, du Nord au Sud de la Grèce. D’autres sont complets et manquent de lits pour les précaires grecs et migrants. Alors, pas question pour nous de prendre la place des autres : on se débrouille !

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Occupation d’un salon du ferry durant la nuit sur l’Adriatique, entre l’Italie et la Grèce. Tous les membres du convoi semblent dormir…

… et bien non ! Tous ne dorment pas : certains se couchent et se lèvent tôt. D’autres tard, très tard !

À notre arrivée à Patras, nous avons livré un collectif qui aide les migrants dans cette ville et aux alentours. Nous avons également aidé d’autres collectifs d’aide aux précaires grecs et migrants dans plusieurs villes moyennes, notamment des cuisines solidaires autogérées et gratuites en lien avec d’autres luttes locales, en particuliers des luttes ouvrières.

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Les migrants de Patras rêvent de prendre l’un des bateaux pour l’Europe de l’Ouest.

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La nuit tombe sur Patras.

L’un des 16 fourgons, durant la première phase : celui de Montreuil !

Au Pirée, par exemple, nous avons soutenu la lutte des dockers en grève contre la firme chinoise Cosco qui a pris le contrôle d’une grande partie du port, exploite violemment les salariés et réprime les syndicalistes. Au Pirée, les accidents du travail se multiplient, parfois mortels, et les conditions de travail sont « moyenageuses » aux dires des ouvriers.

Une collecte de produits alimentaires et de première nécessité a été organisée pour soutenir les grévistes, avec le soutien du réseau SODAA (dont nous parlerons dans l’épisode 9), ainsi qu’une caisse de grève à laquelle nous avons participé. Parmi beaucoup d’autres lieux à Athènes et au Pirée, le K*Vox a bien sûr soutenu cette lutte et Rouvikonas a, une fois de plus, montré que l’objectif de convergence des luttes dans la base sociale n’est pas une parole en l’air.

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L’heure est à la convergence des luttes !

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Du côté de Thessalonique, certaines choses ont changé, sous les chutes de neige répétées de l’hiver. Par exemple, l’un des lieux mythiques que nous présentions, il y a dix ans, dans « Ne vivons plus comme des esclaves » vient de déménager, puis de changer également de nom : Mikropolis est devenu Respiro ! Notre vieil ami Grigoris Tsilimantos est toujours membre du collectif et bien d’autres également. Le nouvel « espace social pour la liberté » est bien évidemment composé d’une bibliothèque sociale, d’espaces pour des activités diverses et pour les réunions des groupes locaux et d’un bar autogéré. Il propose aussi des journées de cuisines collectives et solidaires.

Le nouvel « espace social pour la liberté » est bien évidemment composé d’une bibliothèque sociale, d’espaces pour des activités diverses et pour les réunions des groupes locaux et d’un bar autogéré.

Respiro propose aussi des journées de cuisines collectives et solidaires.

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À Thessalonique comme à Athènes, la gentrification fait rage et pousse les collectifs à s’organiser autrement pour arriver à se faire une place dans la ville. Cela les pousse également à essaimer dans les campagnes aux alentours, plus près de la terre à cultiver dans l’autonomie et de la population rurale qui semble de plus en plus révoltée « contre les politiques imposées par la capitale et les plus grandes villes, souvent déconnectées des réalités locales ». La crise sociale associée à la hausse vertigineuse des prix forment un mélange explosif qui commence à mobiliser dans certaines zones.

Sur des îles comme Lesbos ou la Crète, la situation des migrants a également empiré. Les uns sont dans des camps de plus en plus fermés et isolés du monde (notamment à Lesbos, Chios, Samos…) pendant que les autres triment inexorablement dans les champs pour survivre avec des salaires dérisoires, dans des conditions de vie misérable (notamment en Crète). Avec beaucoup de ces migrants comme avec des précaires grecs, il est émouvant de voir que c’est souvent ceux qui possèdent le moins qui sont les plus généreux, notamment quand ils nous proposent de partager leur pain, leur repas, leur journée de repos (ne généralisons pas cependant, car plusieurs camarades solidaires de Grèce tout comme plusieurs de nos soutiens en France ont des moyens importants, du fait de liens familiaux ou des hasards de la vie, et sont tout autant généreux quand il s’agit d’entraide, d’action concrète et de projet révolutionnaire, ce qui nous rappelle les situations personnelles très variables des personnages historiques de nos luttes passées).

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En Crète, nous avons livré la maison des migrants de Chania, la cuisine solidaire autogérée (à découvrir dans l’épisode 9) ou encore le squat Rosa Nera de Chania qui a eu la gentillesse de nous héberger à plusieurs reprises, durant plusieurs phases du convoi, comme l’a également fait le grand squat d’Héraklion Evangelismo et beaucoup d’autres squats en Grèce toutes ces années. Nous avons retrouvé sur place des vieux amis athéniens, comme Babis de la structure autogérée de santé d’Exarcheia (ADYE), et bien autres ! Chaque passage à Chania a été réjouissant et prometteur, y compris avec le réseau Pédagogie Freinet, pour une éducation moins autoritaire et plus coopérative (à découvrir dans l’épisode 11), avec lequel nous avons organisé plusieurs rencontres publiques durant les phases 2 et 3 du convoi.

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Au sud de la Crète, nous avons parachevé la naissance de plusieurs petits lieux dans des grands villages, notamment au moyen de bibliothèques sociales et d’espaces de discussions, projections, conférences et concerts ; des lieux totalement indépendants des baronnies politiques locales qui ont tendance à censurer les sujets qui les dérangent et à entraver les invitations d’intervenants fortement engagés dans les luttes. Nous avons également apporté notre soutien aux victimes précaires d’un tremblement de terre mortel qui a détruit des centaines d’habitations de fortune, en lien avec des collectifs locaux. Nous avons aussi ramassé des récoltes dans des champs et des vergers avec des paysans en lutte et nous en avons apporté une partie à Athènes (à découvrir dans l’épisode 8 ). Nous avons cuisiné, bricolé, réparé, construit, jardiné, chanté et beaucoup discuté !

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Beaucoup des victimes du séisme vivent encore entassées dans des préfabriqués.

Toutes ces actions ne sont peut-être pas grand-chose face à l’ampleur du désastre, mais elles encouragent à poursuivre nos luttes qui convergent toutes vers un même but : prendre nos vies en mains et montrer ce dont nous sommes capables ensemble, par-delà nos différences.

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Principalement en Crète, île qu’il connait bien, Achille a parfois servi de guide dans le groupe, du haut de ses treize ans.

Hauts les cœurs ! Encore merci à toutes celles et ceux qui ont participé à la préparation de ce convoi, d’une façon ou d’une autre. Et à demain pour la suite ! (si le débit est suffisant pour publier les photos d’illustration, ce qui n’est pas facile tous les jours)

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Si vous avez raté les premiers épisodes :

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1- POURQUOI UN CONVOI DE JANVIER À MAI ?

(préparation du convoi, anecdotes et voyage en quatre phases)

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2- AUX CÔTÉS DES RÉFUGIÉS, AU NOTARA 26 ET AILLEURS EN GRÈCE

Le squat Notara 26 à bout de bras ! Une maman et son bébé sans abri recueillis sous la neige ! L’arrivée d’enfants d’anarchistes ukrainiens ! L’accueil chaleureux des afghans près d’Héraklion !

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3- L’ART ET LES TATOUAGES EN SOUTIEN DES LUTTES

Une histoire insolite et formidable

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4- UN SOUTIEN MÉDICAL ET SANITAIRE COMPÉTENT

Des anciens professionnels de santé sont partis avec nous pour épauler les structures autogérées de santé. Des camarades frappés par des maladies graves reçoivent une aide complémentaire.

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5- LE CŒUR D’EXARCHEIA BAT ENCORE

Le K*Vox fête ses 10 ans, Rouvikonas résiste toujours et le quartier descend dans la rue contre la répression et la gentrification !

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À découvrir demain :

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7- DES LUTTES ENVIRONNEMENTALES À LA CROISÉE DES CHEMINS

Le projet d’aéroport de Kastelli en Crète va-t-il être abandonné ?

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À suivre les jours suivants :

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8- SOUTENIR LES PAYSANS EN LUTTE TOUT EN NOURRISSANT LES PRÉCAIRES

Des paysans crétois en lutte contre Bayer, Vinci, EDF, Total et Aéroports de Paris nous fournissent en fruits, légumes et huile d’olive pour les lieux autogérés et solidaires des grandes villes. Une grande serre autogérée dans la banlieue d’Athènes rejoint la lutte pour l’autonomie. Mais aussi : jardins partagés, création de composteurs, permaculture, prêt de vélos, mise en commun d’outillage…

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9- LA CUISINE SOLIDAIRE DE CHANIA ET LE RÉSEAU SODAA EN ATTIQUE

L’enjeu : nourrir des milliers de précaires (grecs et migrants) dans l’entraide, sans l’aide du pouvoir ni de ses valets !

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10- UN CONVOI SOLIDAIRE, C’EST AUSSI DU BRICOLAGE ET DES TRAVAUX DANS LES LIEUX

On n’a pas chômé durant 3 mois : rangement, menuiserie, peinture, plomberie, électricité, sécurité anti-incendie. Naissance d’un garage solidaire autogéré !

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11- LA CAUSE DES ENFANTS : PÉDAGOGIE FREINET, BIBLIOTHÈQUES SOCIALES, JEUX, COURS DE LANGUES GRATUITS…

Parce que la société autoritaire et inégalitaire frappe aussi les enfants, nous avons participé au développement de bibliothèques sociales, de ludothèques autogérées, de cours gratuits de langues, de la philosophie avec les enfants, de la pédagogie Freinet et d’autres outils coopératifs de prise de conscience et d’émancipation dès le plus jeune âge.

Faites passer ! Transmettez au moins la nouvelle à toutes celles et ceux qui ont participé, quelle que soit la façon !

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PS :

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Si vous voulez (et pouvez) contribuer, nous n’avons plus de fond d’urgence en ce moment alors que c’est indispensable et une dizaine de nos lieux et collectifs n’ont pas encore pu être soutenus faute de moyens suffisants durant le convoi. Trois possibilités :

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1- Effectuer un virement à ANEPOS

IBAN : FR46 2004 1010 1610 8545 7L03 730 BIC : PSSTFRPPTOU

Objet : « Action Solidarité Grèce »

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2- Suivre ce lien PAYPAL :

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3- Envoyer un chèque à l’ordre de ANEPOS

Adresse postale : ANEPOS – Action Solidarité Grèce – 6 allée Hernando – 13500 Martigues

Contact, suggestions, propositions : [email protected]

Tél. France 06 24 06 67 98 / Tél. Grèce (0030) 694 593 90 80

(une liste complète des lieux récemment aidés se trouve parmi les images du premier épisode)




Source: Blogyy.net