Vendredi 26 juin, un ensemble de responsables de l’Université Jean Monnet ont annoncé leur démission de leurs responsabilités par opposition au projet de fusion des Universités de Lyon 1, Lyon 3, Saint-Étienne et de l’ENS Lyon tel qu’il se dessine [1]. Leur communiqué est reproduit ci-dessous (et téléchargeable ici).

Vice-Présidents, chargés de mission, doyens, responsables de composantes et de laboratoires, universitaires que nous sommes, avons constitué un collectif. Nous considérons que le projet d’Université-Cible, que certains d’entre nous ont porté, met en danger, aujourd’hui, notre établissement et notre capacité à porter une ambition académique sur le site de Lyon-Saint-Étienne.

Nous avons œuvré jusqu’à ce jour pour que l’Université-Cible puisse garantir nos capacités d’initiative et de conduite de projets en collaboration avec nos collègues lyonnais. Force est de constater que ce projet est un échec. Nous reviendrons vers vous avec des exemples précis qui vous montreront ce que l’organisation proposée (matérialisée par les statuts de l’Université-Cible) produit dans le domaine de la formation (premier cycle, structuration des seconds cycles), dans le domaine de la recherche, sur le plan administratif et des ressources humaines.

De longue date, notre pratique de coopération, ouverte, équilibrée, fondée sur un principe de gagnant-gagnant, a toujours été menée dans le seul but de faire progresser nos formations, notre recherche, et de bâtir à Saint-Étienne, une université reconnue bien au-delà de son territoire et la plus attractive possible. Cette politique a porté au fil des années une ambition d’excellence au niveau de la recherche et de la formation, avec le souci constant d’accompagner nos étudiantes et nos étudiants, et l’exigence de leur proposer des formations au meilleur niveau pour leur donner les perspectives d’avenir réelles et rassurantes que le service public de l’enseignement supérieur leur doit.

Cette politique a toujours été également le résultat d’un choix éclairé, d’une autonomie décisionnelle, seule à même de construire une stratégie académique adaptée aux spécificités de l’Université Jean Monnet et de son territoire.

Nos réussites collectives sont nombreuses, nous aurons l’occasion de les évoquer. Nos marges de progression le sont tout autant et c’est bien ce qui nous mobilise. Aujourd’hui, et après l’annonce d’un calendrier de vote des statuts qui va à l’encontre du respect de la liberté des universitaires et qui impose injustement une hiérarchie des responsabilités entre les Établissements, nous estimons que le projet d’Université-Cible, en l’état, ne répond pas aux ambitions que nous devons porter. Cette conclusion émane d’une analyse précise et factuelle du projet de statuts autant que de l’expérience que certains d’entre nous ont accumulée, depuis quatre ans, dans sa construction.

Les alertes ont été nombreuses, mais nous avons toujours été animés par une conviction tenace que l’intelligence collective l’emporterait et que les universitaires stéphanoises et stéphanois se verraient reconnaître une place légitime dans une organisation marquée par la dilution de l’UJM dans huit pôles de Formation et de Recherche.

La perte de Personnalité Morale et Juridique est un acte politique lourd qui doit être nécessairement contrebalancé par un horizon et des garanties de développement suffisamment clairs. Nous avons tenté de convaincre la Présidente de renoncer à ce projet.

Nous lui avons proposé d’être à ses côtés pour l’accompagner dans la formulation d’une nouvelle ambition, dans l’intérêt de nos étudiantes et étudiants et de notre territoire, ambition résolument tournée vers l’ensemble de nos partenaires lyonnais et stéphanois.

Nous pouvons aujourd’hui démontrer, à l’épreuve des faits et bien au-delà des déclarations d’intention, que le projet d’Université-Cible ne nous permet pas de porter, à Saint-Étienne, l’ambition académique et scientifique qui nous anime. Nous sommes pleinement conscients de la responsabilité que nous prenons. Nous reviendrons vers vous dans les prochains jours pour vous exposer de manière beaucoup plus exhaustive l’ensemble des faits, dans leur chronologie, qui nous conduisent à nous mobiliser contre le projet de fusion des Universités de Lyon 1, Lyon 3, Saint-Étienne et de l’ENS Lyon. Nous sommes convaincus qu’une autre stratégie, exigeante et ambitieuse, est possible. Cette ambition passe forcément par les collaborations que nous souhaitons poursuivre avec les acteurs académiques et scientifiques de Lyon 1, Lyon 3 et l’ENS Lyon mais aussi avec l’ensemble des acteurs lyonnais et stéphanois, exclus du projet avec les conséquences dévastatrices que nous connaissons aujourd’hui.

Nous avons tous œuvré et depuis de nombreuses années au développement d’une coopération renforcée entre l’Université Jean Monnet et les Universités et Grandes Écoles lyonnaises, sans jamais renoncer à la structuration de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche stéphanois.

Soyez assurés que nous sommes au service de notre établissement.

Saint-Étienne, le 26 juin 2020.

Christelle BAHIER-PORTE, ALL, IHRIM

Sylvie BAUDINO, Sciences, Directrice de laboratoire

Baptiste BONNET, Doyen de la Faculté de Droit

Julie BOYER-DUMONT, IAE, VP déléguée IP & relations entreprises (démissionnaire)

Christian CARROT, Sciences, Directeur de laboratoire

Magali CHAUDEY, IUT, GATE

Philippe COLANTONI, Sciences, VP délégué numérique (démissionnaire)

Christophe DONNET, IUT, Membre honoraire IUF

Florence GARRELIE, IUT, Directrice de laboratoire, Membre honoraire IUF

Marie-Hélène LAFAGE, Médecine, Élue au Conseil d’Administration de l’UJM

Jean-Charles MAJESTÉ, Sciences, Chargé de mission Doctorat (démissionnaire)

Nicolas MATHEVON, Sciences, Directeur de l’ENES, Membre senior IUF

Mouna MOUNCIF-MOUNGACHE, Droit, VP déléguée Orientation Réussite (démissionnaire)

Florent PIGEON, TSE, VP Conseil d’Administration et Moyens (démissionnaire)

Stéphane RIOU, IAE, VP Recherche (démissionnaire)

Céline RIVAT, IUT, VP déléguée Alternance et Formation Continue (démissionnaire)

Cécile ROMEYER, Directrice de l’IAE

Marc SEBBAN, Sciences, Élu au Conseil d’Administration de l’UJM

Alain TROUILLET, Sciences, VP Formation (démissionnaire)


Article publié le 26 Juin 2020 sur Lenumerozero.info