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Les rencontres libertaires que l’OCL propose chaque Ă©tĂ© sont prĂ©vues cette annĂ©e encore – du samedi 10 au jeudi 15 juillet inclus – dans les coteaux du Quercy, Ă  trente minutes au nord de Montauban ou au sud de Cahors, Ă  une heure de Toulouse. Nous avons bon espoir de pouvoir les tenir, contrairement Ă  l’étĂ© dernier oĂč les mesures liĂ©es Ă  la pandĂ©mie ont entraĂźnĂ© leur annulation. Nous ne pouvons cependant pas encore vous en donner l’assurance, car tout va dĂ©pendre de l’évolution de cette pandĂ©mie et des conditions sanitaires qui seront exigĂ©es en juillet concernant les gĂźtes pour collectivitĂ©s et les campings. Aussi, nous vous en donnerons confirmation dans le Courant alternatif de l’étĂ© et sur notre site (oclibertaire.lautre.net). Alors, n’oubliez pas de consulter l’un ou l’autre avant de vous lancer sur les routes â€“ et voici en attendant quelques informations sur ces rencontres et le programme des dĂ©bats que nous avons concoctĂ©.

Les rencontres libertaires du Quercy sont un espace d’échanges sur nos investissements militants, c’est pourquoi elles sont ouvertes Ă  toutes les personnes que les dĂ©bats prĂ©vus intĂ©ressent ; dans les espaces laissĂ©s libres par le programme, d’autres discussions pourront ĂȘtre proposĂ©es pour partager une expérience ou présenter une lutte particulière.

Nous camperons sur le terrain arboré d’un gîte, du Quercy, et nous bénéficierons de ses installations pour collectivités. Il y aura également là des tables de presse, ainsi qu’une vidéothèque composée de films sur des luttes d’hier et d’aujourd’hui.

En ce qui concerne la vie quotidienne et la gestion des rencontres, les repas et le mĂ©nage seront comme d’habitude assurĂ©s par des Ă©quipes qui changeront chaque jour. Les tarifs pour les repas et la participation aux frais de location des lieux seront Ă©tablis en fonction des revenus (Ă  partir d’un prix plancher quotidien de 7 euros par adulte), et 5 euros par jour seront demandĂ©s pour un-e enfant. Afin de faciliter la confection des repas et votre accueil, nous vous demanderons de nous prévenir de votre arrivée en téléphonant au 06-41-42-00-06 au moins vingt-quatre heures à l’avance. Si vous venez en train, nous irons vous chercher à la gare de Montauban.

‹Samedi 10 juillet

– AprĂšs-midi  : PremiĂšre partie de la commission journal de Courant alternatif

Il s’agira de critiquer le numĂ©ro de la revue paru en juin et de commencer Ă  prĂ©parer celui de la rentrĂ©e.

– Soir  : La situation en Palestine et en IsraĂ«l – dĂ©bat prĂ©sentĂ© par Pierre Stambul, auteur de plusieurs ouvrages sur la question, dont La Nakba ne sera jamais lĂ©gitime (Acratie, 2018)

Toutes les composantes de la Palestine fragmentĂ©e se sont rĂ©voltĂ©es : JĂ©rusalem contre les confiscations de maisons, les Palestiniens d’IsraĂ«l contre l’apartheid quotidien et Gaza oĂč, malgrĂ© un blocus meurtrier, la population refuse d’abdiquer.

La sociĂ©tĂ© israĂ©lienne se fascise. Les exactions des colons, les ratonnades sont assumĂ©es par le pouvoir. La « communautĂ© internationale Â» a Ă©talĂ© une fois de plus sa complicitĂ© avec le suprĂ©matisme. L’instrumentalisation de l’antisĂ©mitisme a servi de prĂ©texte pour interdire des manifestations.

Ce qui se joue en Palestine, c’est le monde dans lequel nous voulons vivre.

Dimanche 11 juillet


- AprĂšs-midi : La situation politique, Ă©conomique et sociale dans le contexte de la pandĂ©mie (1re partie)

Les mobilisations en France ont portĂ© depuis cinq ans sur des questions Ă©conomiques et sociales (contre la loi travail, contre la rĂ©forme des retraites, gilets jaunes) ou ont plutĂŽt Ă©tĂ© d’ordre idĂ©ologique voire moral (marches pour le climat, contre les violences policiĂšres, contre la loi sĂ©curitĂ© globale). On a notĂ© pas mal de tĂȘtes nouvelles dans les manifs gilets jaunes et dans celles contre le changement climatique, le racisme ou les attaques des libertĂ©s publiques.

Mais, depuis plus d’un an, la crainte du Covid-19, mĂȘlĂ©e Ă  celle de la rĂ©pression, a Ă©tabli une « paix sociale Â» qui sert les gouvernants : le ras-le-bol des confinements et autres couvre-feux a engendrĂ© de la dĂ©prime bien plus que de la rĂ©volte. A partir du premier confinement, les mobilisations sont restĂ©es de faible ampleur ou de courte durĂ©e. On a aussi vu apparaĂźtre des manifestations corporatistes de commerçants ou de professionnels de la culture dĂ©fendant des intĂ©rĂȘts particuliers sur des bases interclassistes (mĂȘme si pas mal d’occupant-e-s de thĂ©Ăątres placent le retrait de la rĂ©forme de l’assurance-chĂŽmage avant la rĂ©ouverture des lieux culturels)


Quel bilan tirer de cette pĂ©riode sur le plan Ă©conomique (avec notamment l’essor du tĂ©lĂ©travail et du tout-numĂ©rique), social (avec un individualisme et un narcissisme galopants, le recentrage sur la famille, etc.), et quelles sont les perspectives de l’aprĂšs-pandĂ©mie en matiĂšre de luttes sociales ?

- Soir : La situation politique, Ă©conomique et sociale dans le contexte de la pandĂ©mie (2de partie).

Lundi 12 juillet


- AprĂšs-midi : OĂč en est le fĂ©minisme aujourd’hui ?

On a vu apparaĂźtre ces derniĂšres annĂ©es sur les rĂ©seaux sociaux #MeToo, puis #BalanceTonPorc aprĂšs l’affaire Weinstein, qui dĂ©noncent les violences sexuelles et sexistes dans l’espace public ; d’autres hashtags ont ensuite pointĂ© les violences dans l’espace privĂ©, en particulier #MeTooInceste aprĂšs l’affaire Duhamel-Kouchner. Se sont Ă©galement dĂ©veloppĂ©s, de par le monde, des mouvements de femmes (Argentine, Mexique, Pologne
) qui sont mobilisĂ©es pour le droit Ă  l’avortement et contre les violences faites aux femmes (avec des collages de rue mettant l’accent sur les fĂ©minicides) ; et, en France, de nouvelles coordinations nationales fĂ©ministes ont surgi, pointant les inĂ©galitĂ©s et les discriminations entre hommes et femmes.

Mais dans le mĂȘme temps, la « thĂ©orie queer Â» a promu de nouvelles dĂ©finitions d’une femme et du fĂ©minisme qui entraĂźnent de violentes polĂ©miques entre des transactivistes et des fĂ©ministes (radicales ou autres). Avec l’écofĂ©minisme, on assiste Ă  une certaine essentialisation de la femme (associĂ©e entre autres Ă  la nature) qui crĂ©e d’autres clivages dans le fĂ©minisme ou en font reparaĂźtre d’anciens. Enfin, les questions de genre sont devenues, avec l’écologie, l’un des principaux sujets mis en avant par une large part de la classe politique et des mĂ©dias, qui voient lĂ  un bon moyen d’évacuer les questions de classe


- Soir : Le Covid Ă  l’école – l’arbre qui cache la forĂȘt

Lorsque les mĂ©dias ont parlĂ© de l’école cette annĂ©e, c’était pour parler du Covid (de façon caricaturalement mensongĂšre, d’ailleurs). En fait, l’école Ă©tait sous le double signe du Covid et de rĂ©formes trĂšs importantes, accĂ©lĂ©rĂ©es de fait avec l’épidĂ©mie : numĂ©risation et destruction de la relation pĂ©dagogique, individualisation des Ă©lĂšves, concentration sur les « fondamentaux Â» et les compĂ©tences (patronales), renforcement de la sĂ©lection de classe, privatisation rampante et rĂ©ductions d’effectifs, prĂ©carisation des travailleurs et rĂ©pression des fortes tĂȘtes, etc.

Face Ă  cela, les mobilisations, syndicats en tĂȘte, sont restĂ©es principalement centrĂ©es sur la question du « protocole Â» sanitaire, soit pour anticiper la vague suivante de Covid, soit en rĂ©ponse aux mesures ministĂ©rielles jugĂ©es insuffisantes, inadaptĂ©es et illogiques. Ce faisant, pris dans ce jeu du chat et de la souris, les travailleurs de l’éducation et les Ă©lĂšves n’ont pas rĂ©ellement opposĂ© de rĂ©sistance aux attaques qui visent autant les exploitĂ©s dans leur ensemble que le « cƓur du mĂ©tier Â» : la transmission de connaissances. 

Dans ce contexte, le discours dominant de dĂ©fense du service public et de l’école rĂ©publicaine laisse peu d’écho Ă  des idĂ©es et des pratiques de rupture. Comment alors les appuyer ? Sont-elles encore possibles ? Qu’en est-il des luttes des prĂ©caires ? Comment analyser les luttes des lycĂ©ens et Ă©tudiants (ou leur absence) alors que le lien social est de fait distendu ? Et celles des enseignants ?

Mardi 13 juillet


- AprĂšs-midi : La marche des sans-papiers et la politique migratoire

Nus Ă©voquerons la politique migratoire (ou plutĂŽt anti-migrants) du pouvoir macronien, qui est dans la continuation de ses prĂ©dĂ©cesseurs. Mais surtout nous nous attacherons Ă  faire un tour d’horizon et un bilan provisoire des diffĂ©rentes formes de rĂ©sistance : marche des sans papiers, comitĂ©s contre telle ou telle expulsion, lutte contre et dans les centres de rĂ©tention administrative (CRA), aide aux campements et aux squats, soutien aux frontiĂšres…

 

- Soir : Les Ă©tudes postcoloniales

DĂ©veloppĂ©es Ă  la fin du XXe siĂšcle, les Ă©tudes postcoloniales se proposent d’analyser les effets de la colonisation par le monde occidental Ă  la fois sur les populations autochtones soit-disant dĂ©colonisĂ©es vers le milieu du siĂšcle et sur les ex-colonisĂ©s et leur descendance dans les mĂ©tropoles. Elles tentent de mettre en cause les prĂ©supposĂ©s coloniaux dans tous les domaines de l’expression et de la connaissance, et en particulier dans les discours dominants liĂ©s aux superstructures Ă©tatiques. Elles Ă©tudient Ă©galement les interactions entre colonisĂ© et colonisateur. Jusque-lĂ , tout va bien, c’est ensuite que ça se gĂąte


Mercredi 14 juillet


- AprĂšs-midi : Autoritarisme et macronie

Le pouvoir français actuel nous semble se caractĂ©riser par un autoritarisme, une surveillance et une rĂ©pression accrus (notamment dans l’action policiĂšre et la rĂ©pression antisyndicale), par un discours stigmatisant dĂ©complexĂ© Ă  l’égard de l’immigration, par la tolĂ©rance voire la complaisance avec l’extrĂȘme droite et par le contournement du « cadre rĂ©publicain Â». 

Si sa dĂ©signation comme Ă©tant « fasciste Â» nous paraĂźt anachronique, exagĂ©rĂ©e et trompeuse, diffĂ©rents qualificatifs ou comparaisons nous viennent en tĂȘte pour interroger la nature du rĂ©gime en place et son Ă©volution possible : gouvernement de crise et d’exception (sanitaire, Ă©conomique, antiterrorisme), tendances nĂ©oconservatrices (libĂ©ralisme Ă©conomique + conservatisme et autoritĂ©), rĂ©gime totalitaire (ou en passe de le devenir)
 Comment caractĂ©riser les Ă©volutions du pouvoir d’Etat ? Quelles leçons en tirer pour les luttes ? La surenchĂšre xĂ©nophobe et sĂ©curitaire politico-mĂ©diatique peut-elle s’appuyer sur une base populaire ?

- Soir : La situation en AlgĂ©rie – dĂ©bat prĂ©sentĂ© par Nedjib Sidi Moussa, auteur de plusieurs ouvrages sur l’AlgĂ©rie, dont Dissidences algĂ©riennes – Une anthologie, de l’indĂ©pendance au « hirak Â» (Les Ă©ditions de l’AsymĂ©trie, Ă  paraĂźtre fin juin)

Deux ans aprĂšs le surgissement populaire de fĂ©vrier 2019, oĂč en est le hirak en AlgĂ©rie ? La reprise des marches hebdomadaires, cette annĂ©e, aprĂšs une suspension causĂ©e par la pandĂ©mie de Covid-19, s’est accompagnĂ©e d’un retour de la contestation sur le terrain social et d’une intensification de la rĂ©pression Ă©tatique en vue des Ă©lections lĂ©gislatives. Quel bilan peut-on tirer de cette sĂ©quence historique ? Quelles perspectives sont envisageables pour les rĂ©volutionnaires ?

Jeudi 15 juillet


- AprĂšs-midi : Seconde partie de la commission journal de Courant alternatif

On continuera de préparer ensemble le numéro de la revue à paraßtre en octobre.

- Soir : Crises climatiques, guerres et retour des militarismes : que faire ? â€“ dĂ©bat prĂ©sentĂ© par Tony Fortin, de l’Observatoire des Armements (ObsArm) de Lyon

Guerres, militarismes et armement pĂšsent lourdement sur l’environnement et le climat : Ă©cocides, pollutions atmosphĂ©riques (non comptabilisĂ©es dans le protocole de Kyoto), dont les dĂ©rĂšglements deviennent des questions de « sĂ©curitĂ© nationale Â» ou de « menaces stratĂ©giques Â» Ă  court terme (Pentagone), voire un « danger sĂ©curitaire Â» pour les armĂ©es de plusieurs pays europĂ©ens. Rien ne nous rassure dans les techniques militaires « rĂ©paratives Â» de gĂ©o-ingĂ©nierie, qui sont Ă©galement des armes potentielles. Plus globalement, quels sont les liens entre menaces climatiques, guerres et stratĂ©gies militaro-Ă©tatiques, multinationales et sĂ©curisation des approvisionnements vitaux pour les Etats (Ă©nergie, matiĂšres premiĂšres) ?

L’arbre militaro-climatique ne doit cependant pas masquer la forĂȘt militaro-industrielle : 2 000 milliards de dollars de dĂ©penses mondiales en 2020. En France, elles dĂ©passent les 2 % du PIB et le pays est toujours dans le peloton de tĂȘte des ventes Ă  l’international. Le vocabulaire guerrier contamine de multiples domaines (climat, santĂ©, Ă©conomie
), les cĂ©rĂ©monies d’hommage aux flics et militaires morts deviennent la norme, et la jeunesse se retrouve face Ă  l’embrigadement du SNU. Il semble donc vital de relancer des luttes Ă  la fois contre les marchands d’armes, les conflits, le retour du danger nuclĂ©aire, et les multiples formes de militarisation de la sociĂ©tĂ© et des esprits. Comment ? Une piste d’action, parmi d’autres, pourrait ĂȘtre la dĂ©nonciation des clusters rĂ©gionaux de l’industrie de l’armement/sĂ©curitĂ©/surveillance, sur lesquels il est possible d’agir localement.

A bientĂŽt !

Organisation communiste libertaire




Source: Oclibertaire.lautre.net