Septembre 23, 2021
Par Contrepoints (QC)
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La premiĂšre Ă©dition du feuillet RĂ©sister et fleurir a Ă©tĂ© distribuĂ©e lors de la Grande manifestion – DEHORS RAY-MONT LOGISTIQUES ! qui s’est tenue le 18 septembre dernier, oĂč plus de 800 personnes se sont rĂ©unies pour signifier leur opposition Ă  la plateforme de transbordement que Ray-Mont Logistiques projette de construire Ă  l’Est du quartier Hochelaga-Maisonneuve. Vous pouvez vous procurer une copie numĂ©rique du feuillet ici.

En friche depuis une vingtaine d’annĂ©e, l’immense terrain vague situĂ© Ă  l’Est du quartier Hochelaga-Maisonneuve fait la joie des promeneurs et promeneuses, des familles et de leurs apprenti.e.s explorateur.trice.s urbain.e.s, des sportif.ve.s et de leurs chiens. ComposĂ© de divers terrains et habitats Ă  la vĂ©gĂ©tation abondante (boisĂ©s, friches), le terrain vague est un refuge pour les habitant.e.s du quartier comme pour les monarques, les renards et les cerfs, aperçus au dĂ©tour d’un sentier ou entre les rails abandonnĂ©s.

En 2016, une partie de ce territoire en friche a Ă©tĂ© achetĂ©e par l’entreprise Ray-Mont Logisitiques (RML), qui souhaite y installer une immense plateforme de transbordement de marchandises. Si ce projet se rĂ©alise, 100 wagons, chargĂ©s principalement de grain, arriveraient par train chaque jour pour ĂȘtre vidĂ©s dans des conteneurs maritimes qui seraient ensuite expĂ©diĂ©s par camion vers le port. Cette capacitĂ© Ă  « traiter » 100 wagons par jour en ferait l’une des plus importantes plateformes intermodales du genre en AmĂ©rique du Nord.

Des mots mĂȘmes du PDG de l’entreprise, Charles Raymond, le projet reprĂ©senterait une vĂ©ritable « catastrophe » pour les rĂ©sident.e.s du secteur. SituĂ©e Ă  moins de 150 mĂštres des maisons les plus proches, la plateforme serait en activitĂ© 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Elle provoquerait des bruits d’impact et des vibrations en continu, engageant 1000 dĂ©placements de camions par jour. 10 000 conteneurs seraient entreposĂ©s sur le site asphaltĂ©, crĂ©ant au passage un immense Ăźlot de chaleur. Ce serait d’ailleurs la premiĂšre fois que des conteneurs liĂ©s aux activitĂ©s portuaires seraient entreposĂ©s au nord de la rue Notre-Dame dans ce secteur.

Puisque le site est zonĂ© industriel, l’entreprise n’a pas Ă  soumettre son projet Ă  une Ă©tude d’impact. La cour d’appel ayant confirmĂ© en janvier dernier le droit de l’entreprise d’opĂ©rer une gare de triage malgrĂ© la proximitĂ© des rĂ©sidences, Ray-Mont Logistiques entend mener son projet Ă  terme, bien que celui-ci ne rencontre aucune acceptabilitĂ© sociale et soulĂšve l’indignation populaire.

Visant Ă  faciliter la circulation mondiale des marchandises, le projet de RML cadre tout Ă  fait dans la stratĂ©gie maritime « Avantage Saint-Laurent » du gouvernement de la CAQ, elle-mĂȘme portĂ©e par une vision de dĂ©veloppement, qui, sous couvert d’engagements « verts » relevant d’un greenwashing primaire, reproduit les logiques coloniales et extractivistes typiques du capitalisme globalisĂ©.

Le projet de Ray-Mont Logistiques en est un de dépossession. Dépossession de nos espaces libres, dépossession de notre qualité de vie, dépossession de notre quartier.

L’heure n’est plus au dĂ©veloppement des activitĂ©s portuaires, Ă  l’augmentation du transport de marchandises, au mĂ©pris des citoyen.ne.s et de leurs milieux de vie. Face Ă  la crise climatique et sociale que nous vivons, nous avons la responsabilitĂ© de prĂ©server toutes les parcelles d’espaces verts qu’il nous reste, d’en crĂ©er de nouvelles, et d’imaginer pour nos territoires des projets Ă  Ă©chelle humaine, accessibles et inclusifs, fondĂ©s sur la rĂ©silience Ă©cologique et l’engagement de tou.te.s vers une plus grande justice sociale et environnementale.

À la catastrophe Ray-Mont Logistiques, nous opposons le projet d’une friche libre et protĂ©gĂ©e, aux usages populaires, gratuits et spontanĂ©s. Nous nous portons Ă  la dĂ©fense du vivant dans toutes ses formes, vĂ©gĂ©tales, animales et humaines, et prenons la gĂ©nĂ©rositĂ© et l’hospitalitĂ© de la friche comme inspirations pour imaginer de nouvelles maniĂšres d’habiter et de lutter ensemble. Pour rĂ©sister et fleurir.




Source: Contrepoints.media