« E nculé, tu travailles pour les juifs ! » : à ses mots, un cameraman se prend une torgnole par un individu portant bonnet et gilet fluo lors de l’acte XI parisien. Le même jour, des militants du NPA se font attaquer boulevard Diderot par une trentaine de cagoulés scandant « Bisous à Clément [Méric] ». Durant l’Acte X, agression de Yanouz, un manifestant qui portait une pancarte « Refugees welcome » qu’un type tente d’arracher en disant « Tu sais pas que les migrants c’est la main d’oeuvre du capital ? » Yanouz s’est ensuite fait brièvement courser par une dizaine de fachos, heureusement refoulés à leur tour par des antifas. Constitution d’un service d’ordre d’ex-militaires autour d’un ancien mercenaire fasciste lors de la manif du 19 janvier. Services d’ordre autoproclamés du même acabit le même samedi à Marseille et dans d’autres villes. Vidéo virale sur Internet : « Macron, c’est ma pute », propos tenus par un royaliste interviewé par le reporter dieudonniste Vincent Lapierre. Etc. Etc.

Il n’est pas à démontrer que la fange nationale-populiste judéophobe la plus décomplexée s’infiltre dans les rassemblements de Gilets jaunes. Parfois, ces militants sont expulsés violemment, comme à Bordeaux le 5 janvier ou sur le rond-point des Vaches à Saint-Étienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), où les identitaires ont été virés par les Gilets jaunes. Des slogans « Fachos cassez-vous ! » ont retenti aussi dans les cortèges à Lyon ou à Caen. Mais leur présence répétée ternit aux yeux de beaucoup l’image de ce mouvement sans garde-fou.