Décembre 12, 2020
Par Anarkismo
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« La prison n’empêche pas les actes antisociaux de se produire, au contraire, elle en augmente le nombre. Elle n’améliore pas ceux qui s’y retrouvent. Réformez la tant que vous le souhaitez, ce sera toujours une privation de liberté, un moyen fictif comme le couvent, qui rend le prisonnier de moins en moins apte à vivre en société. La prison n’obtient pas ce qu’elle entend produire. Elle souille la société. Elle doit disparaître » (Piort Kropotkin – « Les Prisons »)

« Que les camarades ne se sentent pas seul.es. Les personnes avec qui ils et elles ont partagé la joie, la tristesse, des échecs et des victoires sont plus que jamais à leur côtés. Combattant avec une ferveur obstinée. Ressentant chaque jours plus d’amour et plus de haine. Cet amour et cette haine avec lesquels, ensemble, nous ferons changer le monde de fond en comble » (Juan C. Mechoso – Acción Directa Anarquista : Una Historia de FAU”)

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1- Plus d’un an s’est écoulé depuis que la lutte a débordé dans les rues de différentes villes du territoire dominé par l’État chilien et depuis ce mois d’octobre, le peuple a poursuivi la lutte sans relâche. Malgré la répression, la pandémie et la faim, la volonté de s’organiser et de lutter est florissante. Nous sommes dans une période de lutte et de résistance dans le monde entier, des peuples indigènes de l’Équateur aux prolétaires en France, toutes et tous se soulèvent contre le système de domination.

C’est pourquoi l’internationalisme, cette vieille pratique de la classe opprimée, devient urgente, la parole et l’action solidaire sont des principes constitutifs de ces luttes et c’est ce qui les conduient à se projeter dans un horizon d’émancipation.

2- Malgré les difficultés de la vie, les communautés en lutte à renfort de barricades, de « casserolazos » (manifestation bruyantes à l’aide souvent de casseroles) et d’autodéfense ont exercé une résistance dans le territoire dominé par l’État du Chili. L’État a répondu par une cruelle répression, faisant des milliers de blessé-e-s, des centaines de mutilé-e-s, des dizaines de mortes et de morts et des milliers de prisonniers et prisonnières. Tout cela réalisé à l’aide de leurs sbires, qui défendent leurs intérêts de classe, précarisant et attaquant nos vies, corps et territoires.

Ce sont non seulement des balles et des gaz lacrymogènes qui ont été utilisés contre notre classe, mais aussi des lois répressives sévères, qui avec le soutien de la social-démocratie ont été matérialisées dans la « loi anti-barricades », dans la « modernisation » des appareils répressifs tels que l’Agence nationale de renseignements (ANI) et en donnant de nouvelles infrastructures aux forces spéciales afin de développer le terrorisme d’État.

Cette répression, comme on le sait, ne retombe que sur notre classe, car lorsque les groupes armés de la classe dirigeante sont découverts avec des armes de guerre et du matériel de combat, ce ne sont que des « ustensiles », quand briser la vitrine d’une banque est considéré comme du terrorisme par l’État qui nous enferme pendant des années pour une telle action. Aujourd’hui, pour notre classe, on risque la prison en sortant avec une cuillère et un panneau pour crier et revendiquer nos droits sociaux. La prison est une question de classe.

3- Près de 2 500 camarades sont aujourd’hui soumis.es à des procédures judiciaires rudimentaires, des procédures qui ont duré plus d’un an, maintenant des milliers de personnes derrière les barreaux, sans qu’aucune sorte de condanation soit prononcée, en utilisant la « détention préventive » comme une moquerie juridique envers celles et ceux qui ont lutté aux côtés de leur classe en cette année de révolte sociale (y compris les « mineurs »). D’autre part, les quelques rares condamné.es qui existent risquent des peines brutales, de 11 à 20 ans, à cause d’un parquet judiciarire qui agit dans un but de vengeance, pour punir celles et ceux qui ont défié le système de domination, celles et ceux qui ont osé remettre en cause la marchandisation et la précarisation de nos vies.

Comme si cela ne suffisait pas, les prisonnier.ères de la révolte sociale ont été maintenu.es en isolement, torturé.es dans leur vie quotidienne, empêché.es de recevoir des visites ou quelconque autre prestation pénitentiaire.

4- Nous appelons à une solidarité active, à mettre nos paroles et nos corps en action pour la liberté de nos prisonnier.ères, à organiser des journées de protestation dans le monde entier pour lutter pour une AMNESTIE GÉNÉRALE SANS CONDITIONS. Celui qui oublie les prisonnières et les prisonniers oublie la lutte, obtenir leur liberation est-un impératif pour les communautés en lutte. Nous appelons à renforcer les organisations populaires, à reprendre la bannière de la liberté de nos camarades, à participer de manière concrète aux différentes activités et journées de protestation qui s’organisent.

5- Enfin, la réalité de la prison politique n’est pas née le 18 octobre, mais est une situation qui dure depuis des décennies. Historiquement, l’État a toujours cherché à punir celles et ceux qui ont lutté pour l’éclatement de la société de classes. C’est pourquoi nous manifestons également notre solidarité avec les Mapuches ainsi qu’avec toutes et tous les prisonnières et les prisonniers politiques révolutionnaires, qui luttent chaque jour pour rester dignent dans les prisons-entreprises de l’État du Chili.

LIBERTÉ AUX PRISONNIERS ET PRISONNIÈRES POLITIQUES DES RÉVOLTES!
PLUS DE PRISON POUR AVOIR LUTTÉ
AMNISTIE GÉNÉRALE ET INCONDITIONNELLE
ABROGATION DES LOIS RÉPRESSIVES ET FIN DE LA LOI ANTITERRORISTE!

☆ Coordenação Anarquista Brasileira – CAB
☆ Federación Anarquista Uruguaya – FAU
☆ Federación Anarquista de Rosario – FAR (Argentine)
☆ Organización Anarquista de Córdoba – OAC (Argentine)
☆ Federación Anarquista Santiago – FAS (Chili)
☆ Grupo Libertario Vía Libre (Colombie)
☆ Union Communiste Libertaire (France)
☆ Embat – Organització Libertària de Catalunya
☆ Alternativa Libertaria – AL/fdca (Italie)
☆ Die Plattform – Anarchakommunistische Organisation (Allemagne)
☆ Devrimci Anarşist Faaliyet – DAF (Turquie)
☆ Organisation Socialiste Libertaire – OSL (Suisse)
☆ Libertaere Aktion (Suisse)
☆ Melbourne Anarchist Communist Group – MACG (Australie)
☆ Aotearoa Workers Solidarity Movement – AWSM (Aotearoa / Nouvelle-Zélande)
☆ Zabalaza Anarchist Communist Front – ZACF (Afrique du Sud)
☆ Federation of Anarchism Era (Afghanistan et Iran)
☆ Workers Solidarity Movement – WSM (Irlande)
☆ Anarchist Communist Group – ACG (Grande Bretagne)
☆ Αναρχική Ομοσπονδία – Anarchist Federation (Grèce)
☆ Tekoşina Anarşist – TA, (Rojava – nord-est de la Syrie)
☆ Organizacion Anarquista de Tucuman ( Argentine)




Source: Anarkismo.net