Communiqué du CEDRA (Collectif contre l’Enfouissement des Déchets Radio-Actifs) du 25 octobre 2016 :

Voici peu, un BISON* peu futé était débusqué sur Gudmont-Villiers alors que les élus locaux et ceux de la communauté de communes du bassin de Joinville-en-Champagne n’avaient soufflé mot de ce projet aux populations concernées (ici et là). Un danger en cachant un autre, une laverie industrielle préméditée à Joinville-en-Champagne commence également à délivrer ses secrets, toujours bien dissimulés par ces mêmes élus.

Joinville-en-Champagne : laverie nucléaire de l’Europe ?

Unitech : en plus de Cigéo avec les déchets à destination de Bure, et ceux du démantèlement des installations nucléaires pour Gudmont-Villiers, c’est bien tout le linge sale du nucléaire français – mais également allemand, suisse, belge – qui s’apprêterait à arriver dans le secteur de Joinville/Suzannecourt/Thonnance-lès-Joinville (zone de la Joinchère). Et c’est un conséquent premier contrat de 500 tonnes de linge contaminé qui proviendrait de l’usine Areva de retraitement à Beaumont-Hague et qui alimenterait le démarrage de cette structure de décontamination. On peut s’étonner du choix de Joinville, qui nécessiterait d’incessants transports de matières nucléaires depuis la Hague pour laver, nettoyer et sécher le linge des quelques 5000 employés du site du Cotentin, alors qu’une laverie a longtemps fonctionné sur place… jusqu’à ce qu’une remise aux normes ait été jugée trop coûteuse.

On peut également s’étonner qu’Unitech, petite structure à seulement 40 000 euros de capital, encore en quasi faillite voilà deux ans, et avec des capitaux propres inférieurs à la moitié de son capital social (filiale de la filiale hollandaise de Coeverden du groupe américain Unitech), puisse conduire cette opération de Joinville dont les investissements seraient de l’ordre de 12 millions d’euros. Comment une structure aussi légère ne comprenant que deux personnes (MM.Jacques Grisot et Georges Bakevich), dont les bureaux sont domiciliés dans le sud de la France, pourraient mener à bien ce projet de méga laverie ?

Et quid des questions sensibles ? De l’alimentation en eau par exemple (on parle de 14 cycles nécessaires pour laver ce genre de linge, et de millions de m3 d’eau consommés par an), ou encore des effets de la radioactivité rejetée (tritium, carbone 14, césium 134 et 137, et combien d’autres radioéléments encore ?) et des détergents utilisés.

Des élus sérieusement mis en cause

Le cas de Gudmont-Villiers et son usine tour de passe-passe vient tout récemment de démontrer combien les élus locaux et ceux de la ‘communauté de communes du bassin de Joinville-en-Champagne’ ne maîtrisaient en rien le projet de l’industriel Derichebourg (opacité, objectif, ampleur, rejets, risques, santé, etc). Une même opacité scandaleuse entourant le lapin du chapeau Unitech, il serait utile de savoir si les élus ont diligenté une étude d’impact environnemental et économique (et non pas une « enquête publique » qui ne serait mise en place que lorsque tout serait déjà ficelé), si la station d’épuration de Joinville a été dimensionnée pour une telle installation, si les nombreuses communes en aval ont été informées afin qu’elles puissent s’équiper d’outils de contrôle (ou qu’elles puissent refuser ce cadeau empoisonné), si on est prêt à sacrifier l’attrait de la rivière Marne auprès des pêcheurs (première catégorie) et des touristes, si on accepte que des élus scient la branche sur laquelle Joinville-en-Champagne développe son image, son économie et son devenir, etc

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