En 2008, Jean-Louis Fournier osait avec
Où on va, Papa ?
la fausse autobiographie d’un père dont les deux enfants sont handicapés. L’auteur se risquait à écrire ce qu’on ne peut dire, la poisse de vivre avec des mômes inadaptés à une vie adulte. Le fardeau se décharge avec son humour sans limite. On peut rire de sa malchance. Merci.

Raphaëlle Riol a aussi signé un beau bouquin sur trois femmes qui n’en peuvent plus de mourir sous le poids de leur mari. Elles luttent pour s’en sortir, se vengent, triomphent un peu.
Amazones
commence par la rencontre d’une jeune femme qui évade presque par hasard Alphonsine, 89 ans, d’une maison de retraite. Gonflé !

Pour se marrer encore, prendre le dernier Samuel Benchetrit,
Reviens
. On se retourne le bide avec ce père séparé mais lié toujours avec son fils en voyage ; et qui subit son ex-femme. Une plongée dans le plaisir et les rires de la confidence.

Et si vous avez besoin de vous moquer en soirée d’un vieux libertaire qui vous nargue depuis des lustres avec sa guerre d’Espagne dont il connaît les batailles par coeur, lisez
Le Monarque des ombres
de Javier Cercas, qui prend le contre-pied et nous fait chialer (enfin pas trop) sur le destin d’un phalangiste de 19 ans abattu à Teruel. Une grande enquête de son petit neveu, l’auteur des Soldats de Salamine. Ça sera toujours mieux que le bouquin chiant d’Éric Fottorino sur ses
Dix-sept ans
. Lui n’est pas mort dans la Catalogne anarchiste, c’est sûr.

Mauvaise surprise enfin chez Sophie Divry  : ne lisez que la moitié de
Trois fois la fin du monde
. L’apocalypse nucléaire y est d’une lenteur insupportable. On préfère encore mourir irradié.

Christophe Goby

Article publié le 16 Juin 2019 sur Cqfd-journal.org