Les occupations politiques sont indispensables à l’organisation révolutionnaire. Contre les expulsions et la répression, construisons la solidarité !

Le jeudi 7 février, la police italienne expulsait l’Asilo, squat anarchiste occupé depuis 1995. Les occupations politiques (squats, Centri Sociali Occupati e Autogestiti, CSOA), arrachées par le mouvement autonome à partir de la fin des années 80, constituent des espaces d’organisation politique indispensables. A l’Asilo, c’est la lutte contre les frontières et les centres rétentions qui s’organisait. Avec cette expulsion, l’État bourgeois italien et son Premier ministre néofasciste Matteo Salvini ouvrent un nouveau cycle de répression contre la solidarité internationale et le mouvement révolutionnaire en Italie. Il va sans dire que l’Asilo n’était que la première victime de la répression, et que d’autres occupations seront prochainement ciblées.

Derrière le projet d’évacuation des occupations politiques, c’est bien une guerre contre les pauvres qui est menée, sous couvert de « requalification urbaine ». Avant d’évacuer militairement l’Asilo, la police a installé un important dispositif dans le quartier afin d’isoler l’occupation de la population. Ce dispositif était tellement contraignant qu’une partie des habitant·es de la rue où se trouvait l’Asilo ont préféré aller vivre chez leurs proches en attendant l’évacuation et le « retour à la normale », plutôt que supporter les contrôles incessants. Repliée sur elle-même, l’occupation politique était condamnée.

Ce modèle militaire montre bien mieux que toute analyse sociologique le futur que ce gouvernement nous réserve. C’est contre cette normalité que les camarades se sont battu.e.s et mobilisé.e.s dans les derniers jours, au cours desquels l’expulsion de l’Asilo et les arrestations massives ont fait exploser une situation bouillonnante depuis des années. [1]

L’énergie dispensée par la presse bourgeoise en vue de disqualifier et de diffamer les camarades de l’Asilo, et de légitimer la répression auprès de l’opinion publique, a trouvé un écho remarquable auprès des partis de gouvernement (Lega Nord et Mouvement Cinq Etoiles), mais aussi auprès du Parti Démocrate, principal parti d’opposition de centre-gauche. Divisée politiquement, la bourgeoisie reste socialement unie pour défendre ses intérêts de classe, comme en témoigne cette alliance sacrée des partis bourgeois, qu’ils soient populistes, néofascistes ou sociaux-démocrates.

Les mesures répressives adoptées récemment par le gouvernement français pour tenter d’écraser le mouvement des Gilets Jaunes ne sont pas sans rappeler le déploiement martial des tanks dans la ville de Bologne au plus fort de l’insurrection du printemps 1977. Elles ne sont qu’une démonstration supplémentaire de la compatibilité entre les dirigeants libéraux et leurs homologues “populistes”. La protection d’intérêts financiers privés, la réaction autoritaire face aux mouvements de contestation sociale, le traitement raciste et meurtrier des migrants, du prolétariat nomade en général et des habitants des quartiers populaires, ainsi que la destruction écologique, sont autant de similarités entre ces deux pôles soi-disant “opposés” dans l’espace politique contemporain. [2]

Le saut qualitatif dans la répression judiciaire et policière à l’œuvre contre nos camarades en Italie n’est pas sans lien avec le durcissement de la répression que nous vivons en France. Ce sentiment est renforcé par l’évacuation de l’Echarde, squat de Montreuil où s’organisait la lutte contre le centres de rétention administrative, qui est survenue le 27 mars. Des deux côtés des Alpes, la bourgeoisie s’agite pour faire taire celles et ceux qui contestent son autorité. Cette situation appelle une réponse forte, et l’affirmation d’une solidarité conséquente.

Le 26 mars, les camarades de l’Asilo ont réoccupé un immeuble, anciennement le siège d’une école, pour recommencer à s’organiser après deux mois d’enfermements, de traques et de mensonges. Longue vie !

Un cortège international défilera à Turin ce samedi 30 mars contre les frontières, les expulsions et la répression. Au même moment, les Gilets Jaunes battront le pavé en France à l’occasion d’un Acte XX centré sur la question du logement et des expulsions. Soyons nombreuses et nombreux samedi pour porter la voix de nos camarades qui luttent en Italie, et porter nos mots d’ordre communs contre la hausse des loyers, les coupures d’électricité, les expulsions et les violences racistes d’État.

Per il comunismo, per la libertà, prendiamoci la città ! [3]