Janvier 25, 2023
Par Contre Attaque
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Cette année 2022 a été riche en émotions pour notre média : entre dissolution et changement de nom, on fait le point et on dresse les perspectives


Un individu portant un masque avec le visage de Darmanin lit une revue Contre Attaque devant une fresque de soutien

À l’heure du lancement de Contre Attaque en juin dernier, de nombreuses personnes nous ont demandé si c’était un moyen d’échapper à une dissolution. En l’occurrence : non. D’abord parce que la dissolution n’a pas eu lieu, mais aussi parce que la transformation de Nantes Révoltée en Contre Attaque a été décidée dès décembre 2021, avec le lancement d’une revue hors-série. Nouveau format, nouveau nom, et plus de papier : le projet était lancé dans l’objectif de passer aux choses sérieuses.

🔴 Une dissolution de perdue, dix de retrouvées

Mais très vite le pouvoir a voulu stopper net cet élan : il y a un an jour pour jour, le 25 janvier 2022, Gérald Darmanin retroussait ses manches pour montrer ses petits muscles et aboyer à l’Assemblée Nationale qu’il allait dissoudre Nantes Révoltée. Une attaque précipitée, sans motif, destinée à satisfaire des élus véreux comme François de Rugy ou la filloniste Christelle Morançais. Darmanin voulait encore prouver que Marine Le Pen est quand même «un peu molle», puisqu’elle n’a jamais dissout personne, contrairement à lui. La suite est heureuse pour nous : des milliers de soutiens, une audience qui devient nationale et dépasse plus encore qu’avant le champ militant. Et, en pleine campagne présidentielle, la macronie ridiculisée, incapable de dire ce qu’elle nous reproche, le préfet se lamentant dans la presse qu’une dissolution «ce n’est pas aussi simple que vous le pensez».

Mais si le pouvoir déteste les gens qui ne se soumettent pas, il est une chose qu’il exècre encore plus : être ridiculisé par eux. Si nous n’entendrons plus parler de dissolution de notre média, le gouvernement s’est déchaîné sur des associations pour la défense d’une Palestine libre et des organisations antifascistes, sans parler des récentes menaces sur les Soulèvements de la Terre. L’autoritarisme a la peau dure (et les idées rances). La série de dissolution entamée l’an dernier témoigne d’un durcissement, d’une attaque généralisée contre la liberté d’expression et d’action.

🔴 Renforcer un contre-pouvoir

La dissolution prenait prétexte d’une manifestation (qui n’avait rien d’extraordinaire si ce n’est la détermination des camarades présent-es), mais personne n’était dupe : c’est bien le média Nantes Révoltée qui était visé. Sur le terrain des luttes depuis 10 ans, proposant gratuitement des analyses du climat social et politique, documentant les contestations à Nantes, Notre-Dame-des-Landes ou ailleurs, détournant la propagande gouvernementale sans se laisser abattre : on dérange ! On ne s’en excuse pas, c’est même plutôt un motif de fierté que de donner un autre son de cloche que les médias préfectoraux.

Finalement, l’annonce de Darmanin n’aura fait qu’une chose : nous donner de la force. Une fois la tempête médiatique passée, notre équipe a travaillé d’arrache-pied pour construire un nouveau site et transférer les articles de Nantes Révoltée vers contre-attaque.net où le principe est toujours le même : des articles entièrement gratuits, publiés quotidiennement et qui viennent compléter notre revue papier où l’on trouve des articles plus développés, qui méritent qu’on s’y attarde. On trouve aussi sur le site un moteur de recherche afin de consulter les anciens articles, qui ont tendance à disparaître des algorithmes sur les réseaux sociaux. On peut également lire des dossiers sur des thèmes particuliers ou encore aller sur la boutique et acheter nos stickers originaux ou des œuvres d’artistes camarades.

Notre objectif : que nos analyses anti-autoritaires sortent du seul microcosme militant et alimentent une dynamique de lutte massive en France et ailleurs. Si nous sortons régulièrement des informations exclusives et des enquêtes, il est important que notre média soit engagé avant d’être strictement journalistique et faussement neutre. Nous nous battons pour que les luttes se réapproprient leur histoire, pour qu’elles puissent se raconter sans passer par le filtre d’éditocrates privilégies ni être formatées par un diplôme d’école de journalisme.

🔴 Rentrer dans l’histoire et dans nos frais

Finalement le but de Contre Attaque est de contribuer à l’histoire et au récit des luttes. Des journaux comme “Le père Duchêne” ou “L’assiette au beurre” restent des références plus d’un siècle après leur disparition, mais qui se souvient des préfets et ministres qui les traînaient en justice ? Qui se souviendra de l’infâme Darmanin dans cent ans, si ce n’est comme d’un autoritaire viriliste à l’égo fragile ?

Mais si la menace de dissolution est une récompense pour nos 10 ans de travail assidu et bénévole, il nous faut aussi rentrer dans nos frais. La fatigue, l’usure se font parfois sentir, et pour pérenniser Contre Attaque nous avons besoin d’une structure plus solide. Rémunérer, au moins partiellement, quelques personnes, pouvoir couvrir les manifestations et être au cœur des luttes à Nantes et au delà, ouvrir un local, faire plus de fresques, documenter la répression, publier des revues plus régulières voire des ouvrages artistiques, ou sur l’histoire des luttes de Nantes et d’ailleurs : voici nos projet pour 2023, ils sont nombreux. Pour cela vous pouvez contribuer à Contre Attaque, selon vos moyens, sur cette page : https://contre-attaque.net/donner/

N’hésitez pas non plus à nous contacter et à venir nous rencontrer, à nous fournir des informations, à nous donner des coups de main si vous êtes dans la région nantaise ou à participer à l’organisation d’événements. Toute aide est la bienvenue !

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Source: Contre-attaque.net