La rĂ©volte s’Ă©tend des États-Unis Ă  Paris et au-delĂ .

Cet article propose un rapide tour d’horizon de la situation que nous avons connu ces derniers mois – rĂ©forme des retraites, covid-19, dĂ©confinement –, puis montre en quoi les Ă©meutes aux États-Unis, Ă  la suite du meurtre de George Floyd par la police, trouvent toutes leur pertinence dans le contexte français.

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Comme nous l’avons vu dans une prĂ©cĂ©dente analyse, la pandĂ©mie liĂ©e au COVID-19 a brusquement interrompu les troubles sociaux et politiques dans le monde entier et ce, aussi bien au Chili qu’à Hong Kong. La situation a pris un tournant sinistre lorsque les gouvernements du monde entier ont saisi cette occasion pour expĂ©rimenter de nouvelles stratĂ©gies de contrĂŽle autoritaires. La France s’est engouffrĂ©e dans cette brĂšche ouverte aux cĂŽtĂ©s de la GrĂšce et de l’Italie.

Avant l’arrivĂ©e du virus, la France connaissait une nouvelle vague de mouvements sociaux contre la dĂ©cision du gouvernement de modifier le systĂšme des retraites. AprĂšs des annĂ©es de perturbations politiques presque ininterrompues – des manifestations de 2016 contre la Loi Travail aux Gilets jaunes – le nouveau mouvement Ă©mergent a tentĂ© Ă  plusieurs reprises de se rĂ©inventer afin d’Ă©chapper aux limites inhĂ©rentes aux traditionnels rituels rĂ©formistes. Malheureusement, le COVID-19 a accĂ©lĂ©rĂ© la mort de ce mouvement.

L’une des principales difficultĂ©s que nous avons tou·te·s rencontré·e·s au dĂ©but de la pandĂ©mie Ă©tait de pouvoir se projeter et d’imaginer au-delĂ  de ce cauchemar orwellien – ou devrait-on dire de cette nouvelle rĂ©alitĂ© ? Le confinement « sanitaire Â» mondial nous a obligĂ© Ă  repenser nos stratĂ©gies afin de continuer Ă  lutter pour un monde plus libre. Les Ă©vĂ©nements du 1er mai ont Ă©tĂ© l’occasion d’Ă©valuer notre capacitĂ© Ă  le faire afin de nous libĂ©rer de ce nouveau cadre que les autoritĂ©s nous ont imposĂ© au nom de la « sĂ©curitĂ©. Â»

En France, le 1er mai a Ă©tĂ© un succĂšs en demi-teinte. Bien que des groupes de personnes aient rĂ©ussi Ă  manifester dans tout le pays, le dynamisme traditionnel et l’Ă©lan offensif que nous connaissons habituellement lors de cette journĂ©e ont Ă©tĂ© largement Ă©touffĂ©s par les importantes restrictions en terme de libertĂ© de mouvement mais aussi par le harcĂšlement continu et la prĂ©sence massive des forces de police dans les rues. Pour beaucoup d’entre nous en France, le 1er mai 2020 a laissĂ© comme un certain sentiment d’amertume.

Mais les anarchistes, les militant·e·s politiques et les mouvements sociaux en tant que tels n’étaient pas les seules cibles du gouvernement français. En effet, malgrĂ© l’Ă©tat d’urgence « sanitaire Â», les policiers sont restĂ©s l’un des seuls groupes de personnes autorisĂ©s Ă  ĂȘtre dans la rue. En permettant cela, le gouvernement français a donnĂ© un laissez-passer aux forces de l’ordre pour qu’elles puissent continuer Ă  faire ce qu’elles font le mieux : c’est-Ă -dire terroriser et brutaliser des communautĂ©s et des individus spĂ©cifiques. Au cours des deux derniers mois de confinement total, au moins neuf personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es par la police, et beaucoup d’autres ont Ă©tĂ© blessĂ©es. En consĂ©quence, plusieurs jours d’Ă©meutes sporadiques contre la police ont Ă©clatĂ© dans diffĂ©rents quartiers et villes françaises.

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Article publié le 13 Juin 2020 sur Nantes.indymedia.org