Depuis 2017, nous avons distribué 50 000 stickers « Réfugié-e-s bienvenu-e-s ». Maintenant, en partie grâce à votre soutien, nous en avons imprimé 50 000 de plus. (Vous pouvez aussi commander les stickers du CAMé à prix libre en nous envoyant un petit message).

De nos jours, où les médias numériques sont la forme dominante de communication, nous restons passionnément engagé-e-s à imprimer du contenu et toute autre forme de communication qui intervient en dehors du monde digital. C’est catastrophique que des entreprises de technologie massives contrôlent autant de réseaux à travers lesquels nous communiquons les un-e-s avec les autres. Bien que nous reconnaissions l’importance d’utiliser ces réseaux, il s’avère qu’ils nous mettent dans une position extrêmement vulnérable, où nous dépendons d’institutions capitalistes réglementées par l’État pour communiquer.

Rien que cette année, nous avons vu plusieurs de nos posts supprimés des réseaux sociaux sous prétexte de violation de contenu. A tous les niveaux, cette politique de confidentialité est hypocrite et incohérente – par exemple, les fournisseurs réclament l’interdiction de « contenus violents » tout en offrant volontiers une publicité à l’armée américaine, parmi les institutions les plus meurtrières et destructrices de l’histoire de l’humanité. Évidemment, nous ne versons pas de larmes quand des sites comme The Daily Stormer et 8chan se voient refuser une plate-forme permettant de recruter des suprématistes blancs. Nous croyons que personne ne devrait être obligé-e de fournir des services aux racistes ou tout autre défenseurs de l’oppression. Mais alors que nous célébrons la décontamination numérique de l’extrême droite, l’histoire nous montre que la prochaine étape est de voir cette technique être utilisée contre celles et ceux qui défient l’État et le capitalisme en faveur d’une véritable libération.

En règle générale, le contrôle centralisé des infrastructures de communication permet aisément de maintenir une forme de status quo. Les jurisprudences établies pour empêcher celles et ceux qui tentent de changer les choses pour le pire peuvent être également utilisées contre celles et ceux qui luttent pour rendre les choses meilleures. La grande majorité des positions de l’extrême-droite ne rentre pas en conflit avec ces politiques relatives au contenu de nos grands seigneurs numériques : par exemple, il ne considèrent pas comme étant une « incitation à la haine » le fait de militer pour plus de violence d’Etat contre les réfugié-e-s. Et si, en effet, celles et ceux qui œuvrent à une libération du système capitaliste et de l’Etat sont les prochain-e-s à se voir censuré-e-s, le vide qui en résultera simplifiera la tâche des autoritaires dont les positions rentrent dans les limites de ces politiques relatives au contenu, leur permettant ainsi de se présenter au grand public comme les seuls ayant des propositions de programmes pour un changement social.

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Source: Iaata.info