Rassemblement à Béziers, ce samedi 6 juin

Montpellier, Sète, Béziers : autant de villes marquées ces derniers jours par les mobilisations contre le racisme et les violences policières, alors que des dizaines de milliers de personnes ont manifesté ce samedi 6 juin à Lyon, Paris, Marseille, Rennes… Petit tour d’horizon avec Le Poing.

Béziers, marquée par la mort de Mohamed Gabsi

Ce samedi 6 juin s’est tenu à Béziers un rassemblement qui a réuni plus de 200 personnes pour dénoncer le racisme et les violences policières. De nombreuses organisations syndicales et partisanes étaient présentent ainsi que des associations et des gilets jaunes.

Après plusieurs prises de paroles et une minute de silence, plus de 50 personnes sont parties en manifestation sauvage avec des slogans comme « siamo tutti antifascisti » ou encore « tout le monde déteste la police ». Passant devant l’hôtel de police, très bien gardé par 6 camions de gendarmes mobiles, les manifestants se sont dirigés vers la mairie pour demander des comptes au maire d’extrême-droite Robert Ménard. Le maire de Béziers est connu pour ses positions racistes et sa défense des institutions policières, mais surtout pour sa police municipale violente en cause dans la mort de Mohamed Gabsi en avril 2020 ainsi que d’un homme de 46 ans en 2016.

Le rassemblement à Béziers est donc profondément marqué par la mort Mohamed Gabsi. Celui-ci a connu un triste sort lors d’une interpellation pour non-respect du confinement et du couvre-feu. Ce sont ces raisons dérisoires qui ont mené à son assassinat. Tout comme Georges Floyd et Adama Traoré, l’autopsie a conclu que la mort est du à une pression trop importante au niveau des cervicales, causant de nombreux dégâts ainsi qu’un syndrome asphyxique. La technique employée pour maîtriser M. Gabsi, connue pour son taux de mortalité, et le fait d’être comprimé par les 250kg des 3 policiers qui l’immobilisaient à terre mettent en cause les policiers municipaux dans sa mort.

Montpellier et Sète également mobilisées la veille

Ce vendredi 5 juin à partir de 18h, un groupe de 200 personnes a lancé une manifestation contre les violences et crimes de la police, au départ de la Place de la Comédie.

Si le nombre de participants est bien inférieur à celui de la manifestation du mardi 2, où 5000 personnes avaient défilé, il convient d’y voir plutôt un défaut de communication qu’un véritable essoufflement de la mobilisation. La journée du 2 juin avait été relayée et soutenue par un événement Facebook, contrairement à celle-ci qui n’a été appelée que par des slogans en fin du cortège précédent !

Il y a donc fort à parier que d’autres événements plus fédérateurs suivront dans la semaine sur Montpellier ! Tenez-vous informés !

Mobilisation d’une ampleur à peu près équivalente devant la mairie de Sète pour refuser racisme et violences policières. Après les prises de parole  du collectif Sète terre d’accueil et de la Ligue des droits de l’Homme, citoyen.nes de tous âges se sont succédé.es au micro, notamment pour dénoncer la récente  “bavure” à Béziers, pour lire la lettre de Virginie Despentes “à ses amis blancs qui ne voient pas où est le problème”

Il fut aussi rappelé qu’il y a à Sète un centre de rétention administrative où sont enfermées des personnes dont le seul tort est de ne pas avoir de papiers. La fermeture a été demandée “avec l’espoir que Sète rejoigne le réseau des villes accueillantes”.


Article publié le 06 Juin 2020 sur Lepoing.net