Juin 22, 2020
Par CQFD
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Par JMB {JPEG}

Ce dimanche 14 mars aurait pu avoir un avant-goĂ»t de printemps. Pourtant, l’ambiance est Ă©lectrique. Limite anxiogĂšne. En vĂ©ritĂ©, il a un sale goĂ»t, ce dimanche. La veille, les bars et les restaurants ont appris qu’ils allaient fermer le lendemain, prĂ©cipitant les Marseillais dans la rue pour profiter de leur derniĂšre soirĂ©e en terrasse. Et ce jour, Ă  la clinique psychiatrique des Quatre Saisons, les patients en rĂ©gime ouvert ont eu le droit Ă  une derniĂšre sortie pour aller voter. Mathieu, les Ă©lections, il s’en balance. C’est surtout l’occasion pour nous deux d’une papote en bord de mer, oĂč l’on se demande bien Ă  quelle sauce on va ĂȘtre mangĂ©s dans les prochaines semaines. Les deux heures de sortie arrivent vite Ă  leur terme. On se serre fort, on se lance un naĂŻf « Ă€ bientĂŽt Â» sans savoir que ce confinement aux allures de gros dĂ©lire collectif va durer deux mois. Je regarde Mathieu s’éloigner. Il part se confiner Ă  la clinique.

Les grands oubliés de la crise sanitaire

On le sait, la psychiatrie a toujours Ă©tĂ© le parent pauvre du systĂšme de santĂ©. Et la crise sanitaire n’a fait qu’accentuer ce constat. TrĂšs vite, le secteur a dĂ» s’adapter au confinement gĂ©nĂ©ral. Les CMP (centres mĂ©dico-psychologiques) [1] de quartier ont drastiquement rĂ©duit la voilure, privilĂ©giant les tĂ©lĂ©consultations, tandis que les hĂŽpitaux psychiatriques se sont partiellement vidĂ©s, laissant des milliers de personnes sur le carreau ou Ă  la rue, en rupture de soin et parfois sans traitement. Mathieu m’a confiĂ© que dans son Ă©tablissement, « une bonne moitiĂ© des patients a quittĂ© la clinique au dĂ©but du confinement, par peur de choper le virus ou d’ĂȘtre confinĂ©s Ă  l’intĂ©rieur. Mais il y a aussi ceux, parfois en grande fragilitĂ©, qu’on a poussĂ©s vers la sortie pour qu’il y ait le moins possible de chambres doubles Â».

Dans d’autres structures, les services ont Ă©tĂ© rĂ©organisĂ©s pour crĂ©er des « unitĂ©s Covid Â», ce qui a parfois provoquĂ© une surpopulation et une absence d’intimitĂ© terribles pour les patients, comme le confiait Ă  Mediapart une infirmiĂšre d’un hĂŽpital psychiatrique du Sud-Ouest : « Des chambres de deux sont passĂ©es Ă  quatre ou cinq occupants, avec les WC Ă  partager et 1,5 mĂštre d’espace entre chaque lit. Le tout sans salle commune d’activitĂ©. [2] Â» La chambre d’ Â» isolement thĂ©rapeutique Â», sa froideur et son matĂ©riel de contention, devenait alors le seul espace d’intimitĂ©.

La pĂ©nurie de masques et de matĂ©riel n’a pas Ă©pargnĂ© la psychiatrie. Fin mars, la ContrĂŽleuse gĂ©nĂ©rale des lieux de privation des libertĂ©s, Adeline Hazan, alertait le ministĂšre de la SantĂ© : « Pour les Agences rĂ©gionales de santĂ©, la psychiatrie n’est pas prioritaire dans la distribution du matĂ©riel de protection : dans plusieurs rĂ©gions, la rĂ©partition des masques, solutions hydroalcooliques et kits de dĂ©pistage ne prĂ©voit dĂ©libĂ©rĂ©ment aucune attribution Ă  la psychiatrie. Â»

Aux Quatre Saisons, les patients n’ont donc pas de masque et les infirmiĂšres n’en portent qu’à la distribution des mĂ©dicaments. Personne n’est testĂ©. Quelques semaines aprĂšs le dĂ©but du confinement, plusieurs patients, ainsi que des membres du personnel mĂ©dical, seront infectĂ©s par le coronavirus. Pour faire face Ă  la pĂ©nurie de matĂ©riel de protection, certains soignants s’organisent alors en mode « systĂšme D Â», comme Ă  l’hĂŽpital psychiatrique marseillais de Valvert oĂč des infirmiĂšres rĂ©cupĂšrent des blouses donnĂ©es par un fabricant de marrons glacĂ©s et un lot de masques Ikea.

Avec la crise sanitaire, la peur de la contamination change de camp : les soignants n’ont plus peur d’ĂȘtre contaminĂ©s par la « maladie mentale Â» et la folie, ils craignent de contaminer les patients, dont certains sont trĂšs fragiles [3]. Autre apprĂ©hension : si les places en rĂ©animation venaient Ă  manquer, la vie d’une personne en psychiatrie vaudrait moins que celle d’une personne considĂ©rĂ©e comme saine d’esprit, rentable, rĂ©habilitable.

Les pratiques alternatives mises Ă  mal

Dans les pratiques du quotidien, la crise sanitaire a un double effet sur les Ă©tablissements psychiatriques : elle enferme toujours plus les patients qui y sont hospitalisĂ©s tout en condamnant la minoritĂ© de soignants qui essayent de travailler diffĂ©remment Ă  bafouer leurs convictions. En une semaine, ces structures deviennent un vĂ©ritable enfer [4] pour ceux et celles qui y sont confinĂ©.es : salles communes fermĂ©es, temps collectifs et activitĂ©s suspendus, permissions pour des retours Ă  domicile annulĂ©es, promenades et visites interdites.

Certains Ă©tablissements bĂ©nĂ©ficiant de parcs privatifs accorderont aux patients quelques sorties surveillĂ©es pour leur permettre de « prendre l’air Â». Mais Ă  la clinique des Quatre Saisons, il n’y a que le bitume du parking qui entoure le bĂątiment. Les promenades sont donc rĂ©duites et pas franchement agrĂ©ables, comme en tĂ©moigne Mathieu : « Je suis quelqu’un qui aime Ă©normĂ©ment marcher. LĂ , je pĂšte les plombs un jour sur deux et j’ai extrĂȘmement mal au dos Ă  cause du manque d’exercice. Â» En dehors des promenades, les sorties Ă  l’extĂ©rieur et les retours Ă  domicile sont un repĂšre pour de nombreux patients admis en rĂ©gime ouvert et permettent Ă  certains de mieux supporter l’hospitalisation. Le confinement les a privĂ©s de cette prĂ©cieuse bĂ©quille : « J’ai envie de rentrer chez moi, m’explique avec rĂ©signation Mathieu au cours d’un de nos coups de fil rĂ©guliers. Mais comme je suis en dĂ©pression, je me dis que je vais pĂ©ter les plombs tout seul chez moi, donc je reste ici. Â»

Par ailleurs, tout ce qui concourt Ă  crĂ©er un peu de lien avec l’extĂ©rieur est anĂ©anti en quelques jours. « Ce sont les infirmiĂšres qui allaient rĂ©cupĂ©rer les colis de nos proches au portail d’en bas, me racontera Mathieu quelques semaines plus tard. On n’avait mĂȘme pas le droit de les voir alors qu’ils se tenaient Ă  200  mĂštres, derriĂšre un portail. Â»

Le grand renfermement

Par temps de confinement, les Ă©tablissements psychiatriques dĂ©crĂštent donc le grand renfermement : l’isolement psychiatrique se confond avec le confinement sanitaire. Le psychiatre Mathieu Bellahsen va mĂȘme plus loin pour dĂ©crire ce nouvel ordre psychiatrique covidien : « Nous ne parlons plus de barriĂšres, nous parlons au mieux de prison, au pire d’un camp : le registre de l’exception se dĂ©ploie sans vergogne sous prĂ©texte sanitaire. [5] Â»

« ProtĂ©ger, ce n’est pas s’arroger tous les pouvoirs Â», met en garde une infirmiĂšre de l’hĂŽpital de Valvert [6]. Pourtant, lors de ces longues semaines de confinement, les actes de maltraitance se sont multipliĂ©s derriĂšre les murs opaques de la psychiatrie. Un protocole de quarantaine y a Ă©tĂ© mis en place pour isoler toute personne admise pendant le confinement. Le patient, qui arrive en souffrance, sera donc enfermĂ© pendant plusieurs jours Ă  son arrivĂ©e. « J’ai croisĂ© un type que je ne connaissais pas dans les couloirs, me raconte Mathieu. Il m’a expliquĂ© que ça faisait deux semaines qu’il Ă©tait hospitalisĂ© Ă  la clinique. Pendant tout ce temps il Ă©tait seul, dans sa chambre, attendant d’ĂȘtre parmi les autres. Â»

Concernant les patients contaminĂ©s par le coronavirus Ă  l’intĂ©rieur, la panique pousse certains soignants Ă  prendre des dĂ©cisions arbitraires, parfois inhumaines. Mathieu explique qu’un patient un peu fiĂ©vreux a illico Ă©tĂ© envoyĂ© dans l’unitĂ© Covid. La solitude y est terrible, tout comme le dĂ©cor, pour un public dĂ©jĂ  en grande fragilitĂ©. Mathieu s’indigne : « Les infirmiĂšres n’adressaient mĂȘme pas la parole Ă  une patiente enfermĂ©e dans cette unitĂ© lorsqu’elles lui apportaient son repas. Â»

L’arbitraire psychiatrique se joue aussi en dehors des « unitĂ©s Covid Â». Certains Ă©tablissements rĂ©tablissent des serrures aux portes des chambres des patients. Dans un texte rĂ©voltant [7], MĂ©lina, psychiatre, questionne l’éthique et le sens de son travail et se dĂ©crit comme « maltraitĂ©e et maltraitante Â». Elle raconte qu’un administrateur de garde de son hĂŽpital psychiatrique a changĂ© dĂ©but mai toutes les serrures des portes pour pouvoir enfermer les personnes hospitalisĂ©es Ă  l’intĂ©rieur de leur unitĂ©, sans consulter personne, sous prĂ©texte qu’il y avait un risque de contamination. Le 11 mai, une patiente, transfĂ©rĂ©e dans une unitĂ© ouverte Ă  la hĂąte par l’administration, s’est dĂ©fenestrĂ©e. Selon MĂ©lina : « Cette patiente Ă©tait enfermĂ©e Ă  clĂ©, pour une cause sanitaire et donc de maniĂšre illĂ©gale, dans une chambre non adaptĂ©e. Â»

L’inhumanitĂ© ne s’arrĂȘte pas lĂ . Dans certains Ă©tablissements, les personnes qui ne respectent pas les gestes barriĂšres sont sanctionnĂ©es par un placement en chambre d’isolement, parfois mĂȘme avec usage de moyens de contention. Certains soignants refusant de cautionner ce grand renfermement et ces mesures humiliantes seront eux-mĂȘmes menacĂ©s, voire sanctionnĂ©s pour « non-respect du confinement Â». Des mesures disciplinaires qui conduiront Ă©galement Ă  l’exclusion d’une patiente des Quatre Saisons qui avait fait le mur pour retirer de l’argent Ă  un distributeur en face de l’hĂŽpital. Un climat dĂ©lĂ©tĂšre qui provoque d’énormes tensions Ă  l’intĂ©rieur.

Psychiatrie sans contact

« Pour que les soins psychiatriques deviennent rĂ©ellement thĂ©rapeutiques, il faut que les masques du pouvoir tombent et que disparaissent les hiĂ©rarchies aliĂ©nantes, le dĂ©ni du partage d’une mĂȘme humanitĂ©, afin de favoriser l’échange, le contact, le temps Â» rappelle le psychiatre Mathieu Bellahsen. Mais comment prendre soin, Ă©couter, partager un quotidien lorsque la psychiatrie covidienne dicte des rĂšgles diamĂ©tralement opposĂ©es Ă  ces valeurs ? Quand la distanciation sociale est de mise, quand tout contact humain est proscrit, quand les regards sont fuyants et mĂ©fiants, quand le pouvoir psychiatrique remet sa blouse, sa charlotte, ses gants, son masque, quand le psychiatre se dĂ©sinfecte aprĂšs avoir serrĂ© la main de son patient ? Les principes de la psychothĂ©rapie institutionnelle [8], qui vise Ă  donner un rĂŽle plus collectif et moins dominant Ă  l’équipe soignante vis-Ă -vis des patients, en considĂ©rant comme pure folie le fait de « soigner les malades sans soigner l’hĂŽpital Â» [9], semblent dĂ©finitivement s’effacer au profit d’une psychiatrie purement clinique, froide, distanciĂ©e.

Un monde et une psychiatrie sans contact : voilĂ  ce qu’encourage le ministĂšre de la SantĂ©, qui appelle les professionnels du secteur Ă  renforcer et Ă  pĂ©renniser la dĂ©matĂ©rialisation des prises en charge et les plateformes d’écoute Ă  distance. Un effet d’aubaine pour la psychiatrie nĂ©olibĂ©rale et gestionnaire. Un cauchemar pour les patients privĂ©s du lien et du temps qu’il faut pour se soigner. « Voir la personne physiquement, serrer une main est extrĂȘmement important, note FĂ©lix, interne en gĂ©ronto-psychiatrie contraint de pratiquer des tĂ©lĂ©consultations depuis la fermeture de son CMP. Parfois, le contact avec nos patients, c’est le seul qu’ils ont avec des ĂȘtres humains [10] Â».

La neutralitĂ© et la confidentialitĂ© d’un cabinet jouent un rĂŽle essentiel dans la relation thĂ©rapeutique, comme le note Yannick, en suivi psy depuis une dizaine d’annĂ©es : « Il y a le rituel, penser Ă  mon rendez-vous, Ă  ce que je vais exprimer. Quelques heures avant ma tĂ©lĂ©consultation, je me suis aperçue que je ne pensais qu’à l’aspect technique et je me demandais si ça allait fonctionner. Â» En l’absence des expressions corporelles et de toutes les manifestations non verbales qu’empĂȘche une tĂ©lĂ©consultation, comment parler de soin ? Yannick dĂ©crit le malaise : « Lorsque je vois ma psychiatre au cabinet, il y a un accueil, une voix, une prĂ©sence, des choses qui se passent sans la parole. La visioconsultation, c’est une voix qui se dĂ©forme, un visage qui se fige parce qu’il y a un bug. Surtout, il y a ta gueule, ton propre visage sur lequel tu vois arriver la vague d’émotion qui va t’emporter, ta cuisine en arriĂšre-plan
 Cette piĂšce va-t-elle rester associĂ©e Ă  ce qui est une consultation mĂ©dicale ? Â» Yannick conclut : « Pour la premiĂšre fois je suis restĂ©e pratiquement muette. Â» Pire : sa psychiatre a consacrĂ© plus de la moitiĂ© de la sĂ©ance Ă  la convaincre de l’efficacitĂ© du procĂ©dĂ© : « Elle m’expliquait qu’on Ă©tait en train d’inventer d’autres façons de faire. Â»

Ce glissement de la psychiatrie covidienne se marie parfaitement Ă  l’ambition des « santĂ©-mentalistes Â» [11] qui entendent rĂ©duire l’ĂȘtre humain Ă  un cerveau et dĂ©veloppent la « santĂ© connectĂ©e Â». La puissante fondation-lobby Fondamental – qui avait dĂ©jĂ  dĂ©veloppĂ© une application smartphone « d’évaluation, de prĂ©diction et de prĂ©vention du risque suicidaire Â» – a su profiter de la crise pour dĂ©velopper d’autres applications, notamment CovidÉcoute : « un service gratuit proposĂ© Ă  toute personne en proie Ă  une dĂ©tresse psychologique liĂ©e Ă  l’épidĂ©mie de Covid-19 et au confinement. Â» L’application prĂ©tend Ă©valuer sur une Ă©chelle de 1 Ă  10 le niveau de stress, de colĂšre, de mal-ĂȘtre, d’épuisement et d’idĂ©es suicidaires de la personne, avant de la diriger vers une tĂ©lĂ©consultation via l’application Qare. Elle propose Ă©galement « un guide personnel vers le mieux-ĂȘtre Â» ridiculement nommĂ© MonSherpa. Gratuite ces derniĂšres semaines, l’application MonSherpa coĂ»tera 6 â‚Ź par mois une fois la crise sanitaire passĂ©e.

Infantilisation

Au cours des derniers mois, les mĂ©dias ont relayĂ© en boucle les angoisses des personnes confinĂ©es. Dans cet ocĂ©an de storytelling oĂč ceux qui prennent la parole vivent souvent dans des conditions matĂ©rielles confortables, la voix des personnes enfermĂ©es en psychiatrie est restĂ©e confisquĂ©e par le pouvoir mĂ©dical. Les rares informations qui filtraient n’étaient incarnĂ©es que par des soignants – des psychiatres, plus exactement. Certains parlaient de « calme avant la tempĂȘte Â», d’autres affirmaient que « les patients qui souffrent de troubles schizophrĂ©niques se sont souvent bien adaptĂ©s Ă  l’isolement Â». Lesdits patients ? Jamais interrogĂ©s.

Le dĂ©confinement auquel le reste de la population a enfin pu goĂ»ter reste un beau mirage pour les personnes internĂ©es en psychiatrie. Aux Quatre Saisons, seules deux sorties hebdomadaires de deux heures sont Ă  ce jour (fin mai) autorisĂ©es : « Comme les personnes psychiatrisĂ©es ne sont pas rentables, n’ont pas de boulot et sont souvent sous tutelle, ils ne sont pas pressĂ©s de nous laisser sortir, analyse Mathieu. Ils nous considĂšrent comme incapables de respecter les gestes barriĂšres. Â» De plus, les sorties sont limitĂ©es et ultra-encadrĂ©es : il s’agit de se rendre au supermarchĂ© ou Ă  la banque, par groupe de six, accompagnĂ©s par des infirmiĂšres parfois revĂȘtues d’une blouse blanche. « Une humiliation, proteste Mathieu. Les patients n’ont jamais Ă©tĂ© consultĂ©s pour savoir de quoi ils avaient envie durant ces deux heures de sorties. Â»

Un faux déconfinement

Ce mardi 12 mai aurait pu avoir un goĂ»t de grandes retrouvailles : Mathieu pouvait enfin recevoir de la visite. En vĂ©ritĂ©, elles ont un sale goĂ»t, ces retrouvailles. Depuis la veille, les Français ont de nouveau le droit de sortir. Mais en arrivant Ă  la clinique des Quatre Saisons, je comprends vite que le dĂ©confinement n’est pas le mĂȘme pour tous. Des infirmiĂšres en blouse nous mettent illico du gel sur les mains, nous distribuent des masques, nous font signer une dĂ©charge, et nous laissent une heure pour se revoir. À peine le temps de prendre quelques nouvelles du dedans et de commenter un peu l’état du dehors que les infirmiĂšres nous signalent dĂ©jĂ  que l’heure est passĂ©e. Cette fois-ci, on ne peut pas se serrer fort dans les bras ; on se lance un naĂŻf : « La prochaine sortie, c’est dehors. Â» Mathieu me regarde partir. Et le grand portail des Quatre Saisons se referme.

CĂ©cile Kiefer

La Une du n°188 de CQFD, illustrée par Emilie Seto {JPEG}

- Cet article a Ă©tĂ© publiĂ© sur papier dans le numĂ©ro 188 de CQFD, en kiosque du 5 juin au 2 juillet. Voir le sommaire du journal.

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Source: Cqfd-journal.org