Mai 20, 2022
Par CQFD
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Lorsque Walkalawa quitte son village du sud-est du Tchad pour rejoindre les rebelles dans le nord, il a 16 ans. Quatorze ans plus tard, attablé dans la véranda de son appartement marseillais, il déroule son histoire. Récit d’une vie morcelée.


Illustration d’Etienne Savoye

« La vie, c’est comme une rivière qui nous amène là où elle veut. » Walkalawa1 maîtrise l’art de la chute. En tout cas, celle du récit qu’il a entamé trois heures plus tôt. En condensé : une vie d’exil, de frontières, de traversées, de contrôles et « d’hypothèses », dont il dévide le fil sans temps mort.

Point de départ : un petit village du Tchad, en 2008.

Walkalawa a 15 ans quand son père lui demande de quitter l’école pour rejoindre les champs. Il est l’aîné d’une grande fratrie. La famille est fauchée. « Mais moi, j’avais envie de continuer les cours et je m’entendais vraiment pas avec mon père », raconte-t-il. Quelques mois plus tard, l’adolescent contrecarre les plans du paternel et rejoint un groupe armé : « À l’époque, au Tchad, pour gagner de l’argent, tu avais le choix entre être paysan, monter au nord dans les mines d’or ou prendre une kalachnikov. » Avec les rebelles, il s’entraîne un an, avant de déserter : « Les conditions de vie étaient très compliquées : il faut imaginer des hommes en armes qui vivent à la frontière entre le Tchad et le Soudan, toujours dans la préparation du combat… Mais je ne pouvais pas retourner chez moi : l’État recherchait les gens qui avaient été avec les rebelles et dans chaque village, il y avait des espions. » Avec quelques amis, il gagne le Soudan : il y travaille deux mois, le temps de réunir l’argent nécessaire pour passer clandestinement en Libye où « tu pouvais vivre mieux et envoyer de l’argent à la famille ».

« À l’époque, au Tchad, pour gagner de l’argent, tu avais le choix entre être paysan, monter au nord dans les mines d’or ou prendre une kalachnikov. »

En Libye, Walkalawa installe ses quartiers à Sabha, grande ville du désert, à 600 km au sud de Tripoli. Il y partage un appartement avec ses compagnons de route, travaille dans « un jardin ». Jusqu’à la révolution de 2011 et la chute de Kadhafi. « La Libye s’est retrouvée dans le bordel total. Il n’y avait plus d’État. Chaque clan gouvernait pour lui. » Parmi ces clans, « les Toubous, une ethnie noire dont une partie vit dans le sud de la Libye ». « Très vite les Noirs libyens ont compris qu’ils pouvaient se battre pour le contrôle de leur région. Sauf que nous, les Noirs du Tchad, on était considérés comme eux et l’ambiance est devenue vraiment négrophobe. Des Libyens arabes nous obligeaient à travailler gratuitement. Je me suis dit que je ne pouvais pas vivre comme ça et je suis parti à la capitale. »

« Choisis comme des moutons »

Tripoli, « en tant que Tchadien, c’était pas facile, parce que je subissais le racisme, mais ma communauté était partout », se remémore Walkalawa. « Je partageais un appartement avec d’autres Tchadiens et je me disais que, contrairement au sud, là j’étais protégé. » Rapidement, il trouve de quoi faire un peu d’argent : « Je fabriquais des réserves d’eau avec du ciment et du gravier. J’étais payé en fonction de la taille du trou que je creusais : 2 mètres, 3 mètres, etc. »

« Au début à Tripoli, ça allait », assure Walkalawa. « Mais il m’est arrivé des galères quand même… » En quatre ans à la capitale, Walkalawa est kidnappé quatre fois. La dernière l’a particulièrement marqué : « On m’a attrapé dans la rue et mis dans un camion, les yeux bandés. Je me suis retrouvé au milieu de nulle part avec d’autres gens. On se parlait mais on ne se voyait pas. » Le rire de Walkalawa couvre sa voix qui raconte l’insoutenable. « On était sept : cinq garçons, deux filles – une Érythréenne et une Nigérienne… » Il marque une pause, élude, reprend : « Ensuite, des mecs sont venus et nous ont choisis comme des moutons. Un homme en treillis nous a dit, à une fille, un mec et moi, qu’il avait du bétail et voulait des gens pour s’en occuper, qu’il pouvait nous faire sortir de captivité. »

Walkalawa et ses compagnons de galère sont conduits en plein désert. L’homme en treillis les met au travail et s’en va. « Dès qu’il est parti, j’ai dit “Oh, les gars, on se casse  !” », se remémore Walkalawa. « La première nuit, je suis sorti et j’ai reconnu dans le ciel la lumière de la tour à côté de l’aéroport de Tripoli : je savais que c’était par là qu’il fallait aller. Mais je n’arrivais pas à mesurer la distance et on n’avait pas de téléphone. La fille m’a suivi, le gars est resté tout seul. Je n’ai pas pu le convaincre… Je savais que quand le patron reviendrait, ça allait être compliqué pour lui… » Après avoir marché toute la nuit en plein désert, ils tombent sur un homme qui les ramène à Tripoli.

« C’était un peu du suicide »

Dans la capitale, la situation se dégrade. « En 2015, Tripoli était devenue une ville en guerre. Tous les jours il y avait des combats : quatre personnes avec qui je vivais sont mortes en prenant des balles perdues dans la rue, d’autres ont été blessées. Ça devenait compliqué. » Walkalawa décide de reprendre la route : « Je me disais que je pouvais rejoindre le Nigeria. » Mais son grand pote Toug a d’autres plans pour lui : une traversée se prépare, objectif l’Italie. Il reste une place sur le bateau. « Moi, je n’étais pas intéressé par l’Europe et je ne savais rien de ce monde-là. Mes amis m’ont expliqué que là-bas, il n’y aurait pas de coups d’État comme ici. » Walkalawa se laisse convaincre. Son ami contacte le passeur qui lui vend la dernière place au rabais, parce qu’il est le dernier : 800 euros. « Je me suis dit : je vais tenter. Je savais qu’il y avait des gens qui mouraient en mer, mais de toute façon, échec multiplié par échec, qu’est-ce qu’on allait faire  ? Restait le suicide. Bon bah là, c’était un peu du suicide aussi. »

Quelques jours plus tard, le passeur vient les chercher. Ils roulent jusqu’à une ville en bord de mer : « On est restés dix jours dans une espèce de grande cour. Le passeur nous avait dit : “Tout est prêt, vous partez ce soir.” Résultat : dix jours. » Walkalawa ne s’attendait pas à ça : « On devait être mille là-dedans. Tout le monde dormait par terre. Des gens tombaient malades, d’autres mouraient de faim. Moi je ne comprenais rien. Je me disais “Putain, putain, on va jamais sortir d’ici  !” » Le lieu est gardé par des hommes en armes. « Les mecs jouaient pas. J’ai vu des gens dire : “On en a marre, on sort.” Bim : une balle dans la tête. »

Le passeur refait surface. Départ au coucher du soleil. « On était 117, là, devant un tout petit Zodiac. On nous a exposé les risques, mais interdit de changer d’avis. Ils nous ont dit d’enlever les zips des fermetures2, ont coupé les ongles des filles. Les passeurs nous ont ensuite donné un téléphone satellite et ont expliqué : “Si vous avez un problème réel pendant que vous êtes dans les eaux libyennes, vous appelez la police libyenne. Les conséquences c’est la prison, mais vous êtes vivants.” » À 18 heures, le Zodiac prend la mer. Faute de place, les hommes alternent : debout, assis, à tour de rôle. La traversée est calme. Jusqu’au moment où, « vers 1 heure du matin, tout le monde a crié : “Il y a un trou, l’eau rentre, l’eau rentre  !” Le mec qui conduisait a dit que tout allait bien, que l’eau, c’était quand on est montés dans le Zodiac. Mais les gens voulaient appeler les secours. Le conducteur a expliqué que là, ce serait les gardes-côtes libyens qui viendraient. Un Tchadien a dit :“Si on appelle, je troue le Zodiac. C’est mieux de se faire manger par les poissons que de se retrouver dans les prisons libyennes.” On a écopé et les gens se sont calmés. C’était bizarre, parce que tu sais que tu vas mourir : les passeurs te l’ont dit, tu l’as vu à la télé. Mais c’est fou, l’humain : tu as toujours un doute, un espoir de vivre. »

« On était 117, là, devant un tout petit Zodiac. On nous a exposé les risques, mais interdit de changer d’avis. »

Puis, « à 9 h 30, un gros bateau est arrivé et un petit bateau en est sorti avec des gardes-côtes italiens dessus. Ils nous ont donné des gilets de sauvetage. La première chose qu’il nous ont demandée, c’était qui est le conducteur du Zodiac. On disait qu’on ne savait pas. Ils nous ont dit qu’il fallait parler, que de toute façon ils allaient le choper. Pendant une heure, les gardes-côtes nous ont fait chier : des questions, des questions, des questions. “Vous avez payé combien ? D’où vous êtes partis  ? Vous êtes passés par où  ?” » Walkalawa se marre : « Par où ? Bah par la mer  ! Vous avez peut-être pas vu, mais y a pas d’autoroute en fait  ! »

« Vous me parlez pas comme ça »

Un troisième bateau, celui d’une ONG, les récupère une heure plus tard. Walkalawa et Toug restent à bord deux jours, tandis que le navire poursuit ses missions de sauvetage. Puis c’est l’arrivée à Lampedusa. Sur l’île, l’humanité est aux abonnés absents : « Les militaires et la police, directement quand tu arrives, ils t’interrogent. Tu as un traducteur et trois ou quatre personnes devant toi qui te demandent : “Est-ce que tu es conscient d’être entré illégalement en Europe  ? Tu sais ce qu’il va se passer pour toi  ?” Ils me culpabilisaient et essayaient de me faire peur. Je leur ai dit : “Bah oui je suis conscient. Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise  ? Je suis là, maintenant.” Ils étaient vraiment méprisants. Ce genre de choses, je connaissais, mais je leur ai quand même dit : “Vous avez le droit de vérifier qui rentre chez vous, mais vous me parlez pas comme ça.” C’est le tout premier contact que j’ai eu avec l’Europe. »

Walkalawa prétend avoir 17 ans. Après un bref passage dans ce qu’il décrit comme un hôtel gardé par des militaires, il est séparé de son ami qui s’est déclaré majeur : « Je voulais pas le quitter, j’ai regretté d’avoir dit que j’étais mineur… » Walkalawa reste deux semaines dans une famille de l’île, avant de plier bagage. « Dans la rue, j’ai rencontré un Soudanais qui vivait ici depuis longtemps. Lui m’avait dit : “Là, à Lampedusa, tu es au milieu de la mer.” Je pensais que j’étais arrivé en Italie mais non, il m’a dit : “Tu es dans l’île.” » Le but de Walkalawa, à ce moment, c’est l’Angleterre. Il n’a aucune idée de ce qui l’y attend, mais à Lampedusa tous les autres ne parlent que de ça.

Il quitte l’île sans encombres. Direction Rome, grâce à un Égyptien qui lui offre le billet de bus. Dans la capitale italienne, Walkalawa atterrit « dans un squat où vivaient beaucoup de migrants éthiopiens, soudanais, tchadiens. Avec eux, tout était plus facile : j’ai obtenu les informations dont j’avais besoin et au bout d’une semaine, j’ai déchiré le papier qui disait que j’étais mineur et je suis parti à Vintimille. » Une surprise l’y attend : « C’était Ramadan. Pendant le ftour3 j’ai vu mon pote Toug là, en train de manger. Je n’avais plus aucun numéro, il m’a dit qu’il avait eu mes parents au téléphone qui croyaient que le bateau avait coulé, que j’étais mort. Toug leur avait dit que c’était sûr, que je ne m’étais pas noyé, mais mes parents ne le croyaient pas. » Walkalawa marque une pause, puis finit par lâcher : » Aujourd’hui, c’est moi qui suis à sa place : je ne sais pas où il est et, à ses parents je ne sais pas quoi dire. Toug a disparu il y a presque un an… »

« Un policier qui te méprise, c’est hyper violent »

Walkalawa reprend son récit à Vintimille, juste avant la frontière française. Avec Toug et Achat, un autre ami, ils tentent quatre fois de traverser. En bus, en train. « La quatrième, Achat a réussi a passer : il était dans les toilettes et les flics n’ont pas réussi à ouvrir la porte. » Walkalawa se souvient : « À chaque fois, on tombait sur des policiers vénères. Ils nous insultaient et nous renvoyaient en Italie. C’était pareil tout le temps : humiliation, souffrance, mépris. Des potes se faisaient frapper, étaient blessés par les flics s’ils se faisaient choper plusieurs fois par les mêmes. D’autres ont été enfermés, d’autres encore sont morts en tentant de traverser par la montagne. » Il poursuit : « Le crime, c’était de passer la frontière. Mais c’est quoi la différence entre celui qui va passer avec son passeport et moi  ? Pourquoi moi je suis vu comme un criminel et l’autre, non  ? »

« C’est quoi la différence entre celui qui va passer avec son passeport et moi ? »

« La police italienne et la police française étaient toutes les deux violentes, mais de façon différente, se rappelle Walkalawa. Les flics français nous reprochaient de ne pas avoir d’objectifs, d’ambition. Ils nous traitaient de délinquants ou de terroristes. Nous disaient qu’on était là pour chercher à manger. » Quant aux policiers italiens, « ils disaient que les Africains étaient porteurs de maladies, qu’on devrait rester dans notre pays avec nos maladies et notre misère. C’était juste pour nous faire mal, sortir leur colère. » Avec le recul, Walkalawa se dit aujourd’hui que « ce n’est pas la même chose, le mépris des flics et celui de gens lambda qui t’insultent par rapport à tes origines ou ta classe sociale. Quand c’est un policier qui te méprise, avec toute la responsabilité et le pouvoir qu’il a, c’est hyper violent. Et j’en ai rencontré pas mal aux frontières européennes… »
Walkalawa et Toug finissent par passer la frontière à pied, par la montagne. Jusqu’à Nice. Puis le train pour Marseille. « On a passé deux jours à la gare Saint-Charles. On voulait prendre le TGV pour aller à Paris, mais on n’avait pas assez d’argent. Il y avait des contrôles, on ne pouvait pas passer. À l’époque, je pensais que les contrôles n’étaient là que pour nous. Toug, il me disait :“Mais non regarde, enfin  ! Ils contrôlent tout le monde. Là, on ne peut pas passer parce qu’on n’a pas de billet.” » Les deux amis montent dans un train pour Lyon, afin d’esquiver au maximum les contrôles jusqu’à la capitale.

« À Lyon, Toug s’est fait arrêter. Je suis parti de Libye avec lui, je l’ai perdu à Lampedusa, retrouvé à Vintimille, reperdu à Lyon. Les flics l’ont chopé pendant que j’étais aux toilettes. Quand je suis revenu, mon pote m’a regardé et m’a fait un signe qui voulait dire “Allez Walkalawa, casse-toi d’ici  !” J’ai laissé notre train partir. Puis j’ai réfléchi, je me suis dit que si j’allais demander au commissariat où il était, je me ferais arrêter aussi. J’ai eu beaucoup de mal à décider, mais j’ai quand même pris un train pour Paris. Je suis arrivé à La Chapelle et le lendemain, Toug était là à son tour : ils avaient pris son téléphone et ses empreintes, mais l’avaient laissé partir. Ça dépend sur quel flic tu tombes, en fait : quand tu fais l’aventure de migration clandestine, tout est hypothèse. » Après cinq jours à vivoter sous une tente, Walkalawa et Toug se retrouvent sans rien : leur campement s’est fait démanteler. Une galère de plus, qui débouche sur une place dans un centre d’hébergement géré par une association.

« Pourquoi tout ça ? »

Dès lors, chaque semaine, Toug et Walkalawa font l’aller-retour entre Calais et Paris, reviennent à la capitale pour pointer au foyer et conserver leur lit. « Calais, c’était encore une autre hypothèse », répète Walkalawa. De juillet à novembre 2015, il tente plusieurs fois la traversée de la Manche. « Je suis rentré dans un bus avec les bagages des gens, mais je me suis fait avoir par les chiens des flics. Ils ont aboyé et voilà, ils m’ont sorti et m’ont laissé filer. J’ai tenté aussi une remorque à chevaux. Normalement tu peux réussir plus facilement. Sauf que le conducteur a vérifié. Il nous a vu et a répété : “Fuck you  ! Fuck you  !” Il insultait l’Afrique et l’Union européenne. » Walkalawa en rit encore. « Il y a aussi les camions, mais ils sont difficiles à ouvrir. Si tu y arrives, après faut faire toute la route en tenant bien la porte pour éviter de tout niquer, parce que tu peux pas la fermer de l’intérieur. Si tu tiens pas la porte, toute la marchandise risque de tomber sur la route et toi avec. » Après quatre tentatives infructueuses et des mois à chercher une combine, Walkalawa finit par se résigner : sa demande d’asile, il la déposera en France.

En 2017, après que l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra) a rejeté sa première demande, il fait appel. Il est alors convoqué par la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) : « À ce moment, ce qui les intéresse, c’est pourquoi tu as quitté ton pays et ce qu’il se passera si tu y retournes. Ils m’ont demandé pourquoi j’avais rejoint les rebelles. Je devais tout décrire : qui était mon chef, on était où, pourquoi, quel était l’objectif, quel matériel, etc. Ils m’ont dit aussi que l’Afrique contenait cinquante-quatre pays, que j’aurais dû rester là-bas. Ils m’ont demandé : “Pourquoi l’Europe  ?”, “Pourquoi la France  ?” » Le moment est éprouvant : « Je me suis senti jugé. Je me suis dit que je m’étais fait contrôler à toutes les frontières, humilié, séquestré, mais que là, c’était la Cour nationale du droit d’asile  ! Je me suis demandé : c’est quoi cette politique de dissuasion  ?! Pourquoi tout ça  ? Qu’est-ce que je fais ici  ? »

Walkalawa a finalement obtenu le statut de réfugié et une carte de résident mais, cinq ans plus tard, la question le taraude toujours : « Ça fait sept ans que je suis ici : je travaille, j’ai appris la langue, je participe à la société. Je me sens français. Et en même temps, tous les jours, tu entends à la télé : “Les migrants ci, les migrants ça…” Ça veut bien dire qu’on n’est pas chez nous. Ça, c’est la différence entre ce que tu ressens et la réalité. »

D’abord, « pistonné par une copine militante », Walkalawa a travaillé comme barman dans un musée parisien. Puis il a suivi une formation en informatique avant de débarquer à Marseille, juste après le premier confinement : depuis, il charbonne comme veilleur de nuit dans un foyer pour mineurs (étrangers) non accompagnés. Reste qu’ » après avoir traversé tout ça, tous ces pays, toutes ces frontières », Walkalawa n’a pas vraiment posé ses valises : « Je me sens pas installé dans ma tête. Je réfléchis toujours à où je pourrais aller après. Je ne sais pas où je serai dans deux ou trois ans. La vie c’est ça, toujours des hypothèses. »

Tiphaine Guéret




Source: Cqfd-journal.org