Dans la rubrique  
ce que n’est pas le communisme (2)
La commune comme esprit de cloché
 

Il
a peu nous fûmes confrontés à un slogan ou une accroche d’un texte que nous
serions tentés de retourner en une question :


“L’autonomie, au sens révolutionnaire, est la volonté et la capacité d’une
communauté de s’organiser et de s’autogouverner sur un territoire restreint, la
commune, qui, fédérée à d’autres communes, forme la commune des communes”… ?

Outre le fait que le sens “d’autonomie” n’est pas vraiment explicité ou que nous l’interprétons  comme une forme de séparatisme issu de la bonne volonté, c’est à dire de ceux qui
“veulent” s’organiser, il reste tout à fait discutable et même nécessaire de
combattre cette mode du “restreint” ou du petit espace, donc des petits ambitions des révolutionnaires.


Car le “restreint” n’est que le pendant de l’efficacité ou du gérable.

On sait d’expérience ce qu’il en est de ceux qui nous vendent la fameuse
efficacité, on pourra donc l’étendre aux amateurs du restreint.

L’humanité serait dans le petit. Le restreint serait-il plus auto-gérable et
donc en conformité avec ce qui est de l’ordre d’une échelle dite humaine ? Le problème de  l’échelle de
cette humanité c’est qu’elle est issue d’un type de bois façonné au XIXe siècle et extrait du moyen-âge.

Qui sait de nos jours ou peut bien commencer l’humanité. Pourquoi au niveau de l’individu ? De la
région ou de l’Europe ?

Cette fumeuse communauté socialiste de cloché n’est que l’antinomie du centralisme et de
la nation ou de sa pré-structuration, le contre-réponse réaliste aux injonctions bourgeoises sur la
possibilité d’une autre société.

Par exemple si la séparation ville/campagne devra être critiquée cela ne sera
pas pour retrouver la ville dans la campagne ou la campagne dans la ville, mais
pour envisager la négation et de la ville et de la campagne. Pour quel espace ?
Espérons déjà qu’il ne sera pas restreint….

Si le mot commune reste une référence et on pense alors
immédiatement à la Commune de Paris, il nous semble que le problème de la
dimension même de ce qu’impose une société débarrassée de la marchandise, est
qu’elle se devra de composer avec la nécessité de la libre association, mais
aussi avec l’explosion des formes de communautés volontaires et ce n’est pas le
plus léger des paradoxes. Ceci sous peine de sombrer dans le pire des
tribalismes fussent-ils affinitaires ou de ceux qui
n’ont que la “volonté” de s’organiser.

Cette “échelle”, même si elle fait référence à cette mode du glocal
n’a pour ambition que d’intersectionaliser les sécessionnismes particuliers ou souvent flottent des drapeaux
de nations en gestations ou dont le caractère ethnique et traditionnel est
ouvertement revendiqué par les gauchistes romantiques – et qui se retrouvent à
faire la promotion “des racines” et du pire des “traditions” sous prétexte d’un localisme relativiste.

Le bolchevisme stalinien avait réussi à proposer le socialisme dans un seul
pays
. Les anarchistes à la traîne et sans imagination, l’idéologie communaliste/municipaliste
c’est-à-dire l’anarchisme sur “territoire restreint” et entourés de
marchandises, de théocraties ou de narco-États ou encore également le
socialisme par le retrait c’est à dire par l’exemple contre les philistins, mais pour le
“peuple”, les « gens ». On s’amuse comme on peut pour éviter de
s’intéresser un peu à ce qui pouvait être là perspective
de la Première Internationale.

Il est trop facile de dire que le communisme sera planétaire ou ne sera pas.
Mais il en finira avec le “restreint” et les nations, le centralisme. Il en
fera de même avec le fédéralisme bureaucratique des néo-gestionnaires et
abolira toutes les entités administratives bourgeoises comme la commune et
liquidera toutes communautés restreintes. Il sera tout dicté moins par la volonté que par la nécessité consciente parce que nous n’avons pas le luxe de nous retirer du monde.


Article publié le 18 Juil 2019 sur Vosstanie.blogspot.com