Il y a 11 ans, dans la nuit du 12 au 13 février 2007, deux jeunes, Tina Sebaa et Raouf Taïtaï, originaires du 8e sont morts dans un accident de voiture alors qu’ils étaient poursuivis par la BAC (une troisième personne grièvement blessée). La version officielle n’a pas tardé et a évidemment très vite mis hors de cause les policiers…

Dans la nuit du 12 au 13 février, deux jeunes originaires du 8e sont morts (une troisieme personne est dans un état « désespéré ») dans un accident de voiture alors qu’ils étaient poursuivis par la BAC. La version officielle n’a pas tardé et a evidemment trés vite mis hors de cause les policiers. Trouvant une voiture abandonnée, volée auparavant, les quatres jeunes se sont mis au chaud, puis sont rentrés chez eux avec.

Mineur-e-s et sans permis, la version policière affirme qu’ils avaient consommé de l’alcool. Une fois sur le périph’, la BAC auraient repéré la voiture volée et, toujours selon la version journalistico-policière, les auraient suivi « à distance ». Un fois sorti du périph’, ils ont heurté un pont de chemin de fer à Saint-Fons.

JPEG - 19.3 ko

Une marche silencieuse en mémoire des victimes a eu lieu le samedi suivant à l’initiative des familles et des proches. Les nombreuses personnes présentes ont suivi le même trajet que celui de la voiture, de la mairie de Saint-Fons au lieu de l’accident. La route, une longue ligne droite coincée entre une paroi de roche et la ligne de chemin de fer, se termine par un virage à angle droit, sans signalisation. Les jeunes ne connaissant pas la route, on se dit qu’ils n’avaient aucune chance.

Dans le cortège, les discussions et les interogations s’enchaînent : « Tu peux pas croire qu’ils les ont pas chassés, c’est trop beau pour les kisdés c’te ligne droite », « Ici y’a pas de témoins, déja en ville tu vois combien il faut de gens pour contredire un keuf, l’Etat il croit les keufs », « Franchement les kisdés, ils connaissaient la route, ils savaient qu’ils avaient aucune chance ». A l’arrivée sur les lieux, le père de Raouf prend la parole et demande justice pour fils, avant d’entamer une minute de silence.

JPEG - 12.5 ko

On repart ensuite en se disant que Raouf et Tina, 15 et 17 ans, s’ajoutent à la longue liste des morts policières qui ne seront jamais reconnues. On pense aux familles, au survivant, aux proches et on se joint à leur douleur et à leur quête de justice.

Du son contre les violences policières

Alors que la liste des victimes de violences policières ne cesse de s’allonger, que la police continue d’assassiner en toute impunité dans les quartiers, sur les périph’, dans les commissariats, des formes de résistance apparaissent. En mémoire à Tina, Raouf, Umut, Wissam EL YAMNI, Abdelhakim AJIMI, (…)

16 février 2017

voir aussi le site : http://raouf-tina69008.skyrock.com

(mise à jour le 16 janvier 2010)
Le juge d’instruction vient de rendre un non-lieu dans cette dramatique affaire, c’est-à-dire qu’il ne donne pas de culpabilité aux policiers qui ont pris en chasse la voiture où se trouvaient Raouf et Tina qui sont morts dans le mur du pont juste avant un angle droit impossible à négocier.
Cependant, les parents des deux jeunes ont fait appel de la décision rendue pour une réouverture de l’instruction, dénonçant les zones d’ombre et les incohérences dans cette enquête.
La chambre de l’instruction rendra sa décision le 16 février 2010.

Par Rebellyon,

Source: http://rebellyon.info/Dans-la-nuit-du-12-au-13-fevrier-2007-as-3560