Samedi dernier un enfant de 7 ans est mort d’une otite en Italie. Il a été déclaré en état de mort cérébrale après deux semaines de fièvre et quelques jours de coma. Comment est-ce possible? N’a-t-il reçu aucun traitement? Si, mais ses parents ont jugé bon de soigner son otite à grand renfort d’homéopathie. Pourquoi est-ce que ça n’a pas marché? Parce que l’homéopathie est une pratique pseudo-scientifique.

Son fonctionnement est grosso modo le suivant: Si un principe actif provoque les symptômes d’une maladie chez une personne en bonne santé, alors une personne souffrant de cette maladie peut être soignée grâce à ce même principe actif. Cela revient à considérer que si le feu brûle, alors le meilleur moyen de soigner une brûlure doit certainement être le feu.
Mais ce n’est pas tout. Une autre règle de l’homéopathie veut que moins il y a de principe actif dans une solution (même s’il n’en reste plus une trace) plus elle sera efficace. Et ce grâce à une prétendue « mémoire de l’eau » que l’on doit au Docteur Benveniste. Selon lui, l’eau conserverait une trace des principes actifs avec lesquels elle serait entrée en contact.
Nous en arrivons donc à la phase de dilution. Les doses homéopathiques sont exprimées en CH ou Centésimale Hahnemanniènne, du nom de l’inventeur de l’homéopathie Friedrich Hahnemann. 1CH correspond à 1 volume de principe actif dilué dans 99 volumes d’eau, soit une concentration à 1%. Répéter l’opération en diluant la solution 1CH dans 99 fois son volume d’eau nous donne une solution à 2CH, soit une concentration à 0,01%. Par exemple, une dose d’un gramme de traitement homéopathique à 9CH contiendra 10^-9g de principe actif. Soit 0,000000001g.

L’homéopathie, comme tant d’autres « médecines alternatives », est souvent présentée par ses défenseurs comme un moyen de lutter contre les lobbies pharmaceutiques, la méchante médecine chimique et la froide science occidentale. Et c’est peut-être ça le plus drôle. Non seulement les nombreuses études menées sur l’homéopathie ont maintes fois démontré son inefficacité, mais elle représente un commerce très lucratif pour des entreprises comme les laboratoires Boiron qui affichent un chiffre d’affaire de plus de 600 millions d’euros par an.

Le produit phare de Boiron est l’Oscillococcinum, un remède homéopathique sensé soigner la grippe et qui contient 200CH de fois et de cœur de canard dilués dans des billes de sucre. En sachant qu’au delà de 15CH il n’existe plus une seule molécule de principe actif dans la solution. Pour les femmes enceintes les laboratoires Boiron auront tout de même le bon sens de préciser que « compte-tenu de la hauteur de dilution, et malgré l’absence de données expérimentales et cliniques suffisantes, OSCILLOCOCCINUM peut être pris pendant la grossesse et l’allaitement. » En dehors d’une grippe persistante, tout ce que risque la future mère ce sont des caries.

S’il est évident que la marchandisation de la santé, l’accès aux soins et l’influence des lobbies dans les milieux scientifiques sont des problèmes de taille dans notre société, ce n’est pas une raison pour dénigrer des siècles de recherche en accordant du crédit aux pseudo-sciences et en participant à un business qui n’a d’alternatif que le nom. Au contraire, ces pratiques sont dangereuses et représentent une véritable menace tant du point de vue de la santé publique que de la pensée critique et scientifique.