FĂ©vrier 12, 2021
Par Union Syndicale Solidaires
411 visites


De nombreux sans abris abandonnĂ©s au froid et Ă  l’épidĂ©mie :

L’insuffisance de places ouvertes pour hĂ©berger l’ensemble des personnes Ă  la rue est criante, qu’ils soient sur le trottoir, sous des porches, dans les bois, des locaux dĂ©saffectĂ©s, des vĂ©hicules… tandis que sĂ©vissent une vague de froid et l’épidĂ©mie. De nombreux sans-abris et les associations qui les soutiennent sont renvoyĂ©s vers un 115 … saturĂ©.

Pourtant il y a nĂ©cessitĂ© de 1Ăšre urgence, d’acte humanitaire indispensable. Tandis que 3 millions de logements sont vacants en France, ainsi que de nombreux locaux, bureaux et hĂŽtels, la loi de rĂ©quisition reste dans les tiroirs. Les 412 demandes de rĂ©quisitions dĂ©posĂ©es le 11 dĂ©cembre par des sans-abris avec le « Collectif rĂ©quisitions Â» Ă  la PrĂ©fecture de Paris IdF portant sur 7 immeubles vacants sont restĂ©es sans rĂ©ponse.

Une nouvelle fois, nous demandons instamment Ă  l’État de mettre en oeuvre les moyens nĂ©cessaires afin d’hĂ©berger tou.te.s les sans-abris, conformĂ©ment au droit Ă  l’hĂ©bergement inconditionnel, et rappelons aux maires qu’ils dĂ©tiennent des pouvoirs de police qui leur permettent aussi de rĂ©quisitionner1.



Beaucoup d’habitants ont froid aussi :


- Plusieurs centaines de milliers de mĂ©nages n’ont plus d’énergie pour se chauffer. En effet, 667 000 ont connu une coupure d’énergie en 20192 pour impayĂ©. Combien ne peuvent plus prendre un contrat ?

- 3,5 millions de mĂ©nages sont en situation de prĂ©caritĂ© Ă©nergĂ©tique, car ils consacrent plus de 8% de leur revenu pour se loger3.

- La hausse des prix de l’énergie, conjuguĂ©e Ă  la chertĂ© du logement, la baisse des revenus des mĂ©nages modestes, et la rĂ©duction des APL conduisent de plus en plus d’habitants en impayĂ© d’énergie.

- Alors que 4,8 millions de logements, soit 17% des rĂ©sidences principales, sont considĂ©rĂ©s comme des passoires thermiques, le projet de Loi climat renonce Ă  sanctionner les bailleurs dĂ©faillants (au moins les plus riches d’entre eux), et renvoie Ă  plus tard les 1Ăšres sanctions.

Des expulsions et des coupures d’énergie en plein hiver :

- MalgrĂ© l’hiver, et sans qu’il y ait urgence Ă  rĂ©cupĂ©rer les locaux occupĂ©s par des sans-toit, les expulsions de squats se poursuivent tout l’hiver, comme Ă  Bordeaux ce matin. De nombreux sites sont menacĂ©s, Ă  Montpellier, Toulouse, NĂźmes, Bordeaux, … Il faut cesser les expulsions !

- Grenoble : le chauffage urbain qui a chauffĂ© pendant 5 ans les 230 logements HBM vides du quartier de l’Abbaye a Ă©tĂ© coupĂ© par le bailleur HLM municipal, (comme l’eau et l’électricitĂ©), lorsque 8 logements ont Ă©tĂ© occupĂ©s par des sans-logis avec le soutien de DAL 38. Depuis bientĂŽt 2 mois, la mairie refuse de revenir sur cette dĂ©cision brutale.

Mesures d’urgence :

- Application immĂ©diate de la loi de rĂ©quisition sur instruction du gouvernement aux prĂ©fets et ouverture de tous les locaux publics chauffĂ©s pour les sans-abris,

- Suspension de toute expulsion et remise Ă  la rue, et trĂȘve hivernales pour tou.te.s,

- RĂ©tablissement de l’énergie partout ou des habitants en sont privĂ©s,

- Baisse immĂ©diate des loyers des passoires thermiques.


1 Le maire peut faire ouvrir un local vacant, mĂȘme si le tribunal administratif ne lui donne pas raison par la suite. Il met ainsi les personnes exposĂ©es Ă  l’abri du froid.

2 Selon le rapport 2019 du mĂ©diateur National de l’énergie.

3 Selon l’ONPE – Observatoire National de la PrĂ©caritĂ© EnergĂ©tique




Source: Solidaires.org