Nous proposons ici la traduction d’un collectif de chercheur.ses europĂ©en.nes Ă©tudiant les mĂ©canismes du capitalisme de plateforme. Si nous considĂ©rons que ce terme pose problĂšme d’un point de vue aussi bien mĂ©thodologique que politique en se focalisant sur un nombre restreint d’entreprises sans vĂ©ritablement saisir la continuitĂ© avec les autres entreprises capitalistes dont les logiques de prĂ©dation sont Ă©quivalentes 1 , de mĂȘme qu’elle rĂ©duit l’exploitation Ă  un rapport juridique sans prendre en compte le rapport social capitaliste que subit la masse des travailleur·ses, cet article nous semble proposer des pistes de rĂ©flexion intĂ©ressantes. Tout d’abord, il dĂ©veloppe l’idĂ©e que la « plateformisation Â» 2 ne fait pas que redĂ©finir de nouvelles normes de consommation mais rĂ©pond surtout a une tendance Ă  la marchandisation d’une partie du travail reproductif, dont la stratification est genrĂ©e. Ces entreprises s’investissent alors dans les missions de service public dĂ©laissĂ©es par l’Etat et profitent du laissez-faire pour tenter de s’imposer sur un modĂšle monopolistique.

L’article original est à lire ici

Les temps sont durs dĂšs maintenant pour la plupart des gens, et ils vont probablement s’empirer Ă  l’avenir. MĂȘme lorsque la pandĂ©mie mondiale causĂ©e par le COVID-19 sera maĂźtrisĂ©e, les consĂ©quences de cette crise sanitaire risquent d’avoir un impact dĂ©vastateur sur nos Ă©conomies nationales et locales, et ce pour des annĂ©es. Toutes et tous ne seront cependant pas touché·es de la mĂȘme maniĂšre et dans les mĂȘmes proportions. Comme nous avons dĂ©jĂ  pu le constater, le coronavirus met brutalement en lumiĂšre des inĂ©galitĂ©s de longue date en termes de revenus et de rĂ©partition des richesses. Certains disposeront des ressources (temps, espace, capital, influence, etc.) leur permettant de faire face Ă  cette crise, voire d’en tirer profit, tandis que beaucoup d’autres, qui ne bĂ©nĂ©ficient pas de ces ressources, se battront pour leur survie et conserver leurs moyens de subsistance. À bien des Ă©gards, le Covid-19 renforce et amplifie ces inĂ©galitĂ©s et les mĂšnera en dĂ©finitive Ă  un point de rupture. Un point que les gouvernements – mĂȘme conservateurs – ont tentĂ© d’éviter en instaurant des mesures de sauvetage Ă©conomique.

Il est important de noter, comme le montrent nos recherches, que la plateformisation actuelle du marchĂ© du travail et des moyens de subsistance rĂ©pond Ă  une logique similaire (bien que moins drastique) de renforcement et d’amplification. Bien que le terme « disruption Â» soit galvaudĂ© et qu’il dĂ©crive peut-ĂȘtre mal les effets Ă©conomiques et sociaux exercĂ©s par des plateformes comme Uber, Airbnb ou Deliveroo Ă  l’échelle mondiale et locale, nous pensons nĂ©anmoins que l’on peut sans risque affirmer que nombre de ces effets sont consĂ©quents. Les plateformes rĂ©organisent la façon dont les gens travaillent et gagnent leur vie, mais aussi la façon dont les citoyens et leurs gouvernements gĂšrent et prennent en charge les autres – et elles le font d’une maniĂšre que nous n’avons pas encore comprise. Apparues dans le sillage de la rĂ©cession de 2008, elles contribuent Ă  accentuer la rĂ©partition inĂ©gale des opportunitĂ©s et des risques (selon la classe, le genre, la race et la nationalitĂ©), alors mĂȘme qu’elles prĂ©tendent renforcer l’autonomie des travailleur·ses.

« Nous ne pouvons pas nous permettre d’ĂȘtre en quarantaine.
Nous ne pouvons pas nous permettre de tomber malades.
Nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas travailler. Â»

Pourtant, ces derniĂšres semaines, il est devenu Ă©vident que le Business as usual ne tient plus pour ces entreprises (qui n’existent Ă©videmment pas en vase clos), car elles sont non seulement confrontĂ©es Ă  de nouveaux dĂ©fis, mais doivent aussi saisir les opportunitĂ©s qui naissent de la crise actuelle. Entre-temps, nous voyons apparaĂźtre toutes sortes de nouvelles initiatives locales reposant sur ce systĂšme de plateformes, animĂ©es par des rĂ©seaux de citoyens et d’organisations publiques et privĂ©es visant Ă  aider les membres les plus vulnĂ©rables de leurs communautĂ©s. Dans ce billet de blog en trois parties, nous nous appuyons sur les derniers rĂ©sultats de nos projets de recherche respectifs ainsi que sur diffĂ©rents tĂ©moignages d’actualitĂ© afin de donner un aperçu de la maniĂšre dont le COVID-19 affecte l’organisation du travail et la reproduction sociale des plateformes dans les pays du Nord. La premiĂšre partie, cet article, traite de la Gig economy et des plateformes Ă  la demande (voir Ă©galement ces articles essentiels de la Fondation FairWork et du projet de recherche Platform Mobilities – ce dernier en allemand) ; la deuxiĂšme partie abordera les consĂ©quences pour Airbnb et les autres plateformes de location Ă  court terme ; enfin, la troisiĂšme partie traitera des initiatives de base qui mobilisent les modĂšles et les technologies des plateformes dans le secteur social pour lutter contre la crise du coronavirus. Les deux parties suivantes seront donc publiĂ©es ultĂ©rieurement sur le site Platform Labor.

Pour commencer avec les plateformes de la gig economy, diffĂ©rents mĂ©dias ont rapportĂ© une augmentation massive de la demande de livraison dans les villes du monde entier (ici, lĂ  et encore lĂ ), en particulier dans les grandes zones urbaines qui doivent maintenant faire face Ă  des mesures de confinement de plus en plus sĂ©vĂšres. À New York, par exemple, les coursiers des plateformes de livraison de repas comme DoorDash et Caviar (Ă©galement propriĂ©tĂ© de DoorDash) sont confrontĂ©s Ă  une situation ambivalente. Ils constatent que leurs services sont plus nĂ©cessaires que jamais, et que leurs rĂ©munĂ©rations et pourboires reflĂštent souvent cette hausse de la demande, mais sont en mĂȘme temps trĂšs inquiets pour leur santĂ© et leur sĂ©curitĂ© car ces plateformes n’offrent aucune protection ou assurance appropriĂ©e pour leurs prestataires indĂ©pendants. Si la plupart sont fiers de leur travail et se rĂ©jouissent Ă  moitiĂ© sĂ©rieusement des rues vides de Manhattan (ce qui facilite et rend plus sĂ»r leur travail sujet Ă  des accidents de la route), ils considĂšrent nĂ©anmoins que ce n’est pas Ă  eux d’investir dans des Ă©quipements de protection et un certain nombre de coursiers signalent que le respect des distances de sĂ©curitĂ© est souvent impossible lorsqu’ils attendent au restaurant avec d’autres coursiers. La livraison sans contact n’est pas un problĂšme, mais qu’en est-il des points de retrait trĂšs frĂ©quentĂ©s ?

Un chauffeur Uber au BrĂ©sil ayant recouvert l’intĂ©rieur de sa voiture de film plastique pour se protĂ©ger des contaminations

MĂȘme si la plupart des entreprises de livraison ont dĂ©sormais mis en place leurs propres programmes d’aide financiĂšre pour les coursiers qui sont touchĂ©s ou qui doivent se mettre en quarantaine, ces initiatives offrent gĂ©nĂ©ralement une aide dans un dĂ©lai de 14 jours 3 seulement et exigent des coursiers qu’ils prĂ©sentent des documents difficiles Ă  obtenir en temps de crise. Avec des seuils d’application aussi Ă©levĂ©s, on ne sait pas exactement combien de coursiers ont eu accĂšs Ă  ces fonds d’urgence, qui semblent n’ĂȘtre rien de plus qu’une stratĂ©gie de façade. Mais au-delĂ  de ces mesures limitĂ©es et rĂ©actives, qui obligent les coursiers Ă  continuer de travailler jusqu’à ce qu’ils n’en soient plus physiquement ou lĂ©galement capables, des entreprises comme Uber, DoorDash et Deliveroo continuent de nier toute responsabilitĂ© vis-Ă -vis de leurs travailleur·ses en luttant contre tout reclassement vers un statut salariĂ© qui les obligerait Ă  fournir de maniĂšre prĂ©ventive un filet de sĂ©curitĂ© plus efficace. Au lieu de cela, le PDG d’Uber a rĂ©cemment demandĂ© au gouvernement fĂ©dĂ©ral amĂ©ricain d’intervenir et de fournir les protections dont les nouveaux « First responders Â» 4 AmĂ©ricains ont plus que jamais besoin (MĂ J : Dara a finalement obtenu ce qu’il voulait, ce qui pourrait avoir des consĂ©quences nĂ©gatives sur le long terme).

Un quai de la gare de Milan rempli de livreurs rentrant chez eux aprĂšs le travail aprĂšs le lundi de PĂąques. 

Ce sur quoi les entreprises en question, tout comme Amazon, semblent se concentrer principalement en ce moment, c’est l’expansion de leurs marchĂ©s de livraison en dĂ©ployant et en diversifiant davantage leurs services logistiques externalisĂ©s. Alors que le secteur des VTC  Ă  New York est durement Ă©branlĂ© par le COVID-19, qui fait Ă©galement des ravages dans le secteur de la restauration et de l’hĂŽtellerie, les chauffeurs et les employé·es des restaurants se tournent vers les plateformes de livraison pour rĂ©cupĂ©rer une partie de leurs revenus, tandis que Uber et Amazon Ă©tudient la possibilitĂ© de livrer des kits de test dans un avenir proche. Uber et Lyft tentent Ă©galement de tirer parti d’un besoin accru de transport de personnes vulnĂ©rables et de biens de premiĂšre nĂ©cessitĂ©, grĂące Ă  leurs initiatives Uber Health et LyftUp. ParallĂšlement, DoorDash s’associe avec la ville de New York pour livrer de la nourriture aux « Ă©tudiants Ă  la santĂ© fragile« , et a Ă©galement lancĂ© un « programme de rĂ©duction des commissions et de soutien marketing Â» pour les restaurants partenaires nouveaux et existants. Comme la sociĂ©tĂ© permet aux nouveaux restaurants de s’inscrire gratuitement et de ne payer aucune commission pendant 30 jours, et comme elle crĂ©e un accĂšs prioritaire pour les employé·es de restaurant qui souhaitent commencer comme « Dashers », il apparaĂźt alors clairement que DoorDash investit massivement dans une croissance du marchĂ© provoquĂ©e par le coronavirus.

De notre cĂŽtĂ© de l’Atlantique, la situation Ă  Amsterdam et Ă  Berlin (oĂč TakeAway est le seul acteur aprĂšs le dĂ©part de Deliveroo l’étĂ© dernier) est un peu diffĂ©rente. Alors que les sociĂ©tĂ©s de livraison de ces villes s’associent Ă©galement avec des dizaines de nouveaux restaurants qui ont dĂ» fermer leurs portes aux clients physiques, les coursier·es travaillant pour Deliveroo, TakeAway et/ou Uber Eats ne reçoivent pas (encore) de hausse Ă©quivalente des commandes – et ne reçoivent pas non plus le genre de pourboires ou de prime qu’on attendrait face Ă  une telle crise. À Amsterdam, les coursier·es qui disposent d’une certaine sĂ©curitĂ© financiĂšre restent chez eux autant que possible, en particulier les Ă©tudiant·es (internationaux) pour lesquels les rĂ©munĂ©rations ne valent pas le risque. Pourtant, les rues continuent d’ĂȘtre peuplĂ©es de livreur·ses, dont beaucoup sont des sans-papiers qui n’ont pas d’autre choix que de continuer Ă  travailler, quelles que soient les circonstances. Iels disposaient certes d’autres sources de revenus, mais celles-ci ont pour la plupart Ă©tĂ© supprimĂ©es et, comme leurs collĂšgues de New York, ils ne reçoivent que des mails gĂ©nĂ©riques et des notifications de la part des plateformes les enjoignant Ă  garder leurs distances et Ă  se conformer Ă  la promesse logistique intenable d’une livraison sans contact ni friction. Le fait que cette promesse soit un mythe devient cruellement manifeste lorsque l’on prend une commande dans un restaurant McDonald’s (par ailleurs fermĂ©) oĂč de nombreux livreur·ses en attente convergent vers la porte Ă  chaque fois qu’elle s’ouvre suffisamment pour y faire passer le prochain sac de fast food.

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Autre chose que nous ne voyons pas encore dans les villes europĂ©ennes : la diversification des services de santĂ© en pleine gestion de crise et des partenariats public-privĂ©, que les plateformes expĂ©rimentent en ce moment aux États-Unis. Mais cela pourrait bientĂŽt changer, car Deliveroo, JustEat et Uber seraient tous en pourparlers avec le gouvernement britannique au sujet de services de livraison pour les personnes ĂągĂ©es et vulnĂ©rables. Du fait de la concomitance entre la hausse des besoins logistiques pour la population et d’une diminution de la demande de VTC en Europe, Uber pourrait chercher des solutions semblables pour rĂ©affecter ses chauffeurs dans d’autres pays.

Pourtant, dans la Gig economy, le secteur des VTC n’est pas le seul Ă  ĂȘtre pĂ©nalisĂ© par le COVID-19. En raison des mesures obligatoires de distanciation sociale et de confinement, les personnels d’aide-mĂ©nagĂšre Ă  domicile travaillant sur des plateformes telles que Handy et Helpling perdent la plupart de leurs revenus. Bien que leur situation fasse l’objet d’une attention mĂ©diatique beaucoup plus restreinte que celle des chauffeurs Uber, cela ne signifie pas pour autant qu’elle est moins prĂ©occupante. Aux Pays-Bas, par exemple, les rĂ©servations de Helpling ont diminuĂ© de 40 % et le taux d’annulation devrait passer Ă  50-60%. Les agents de nettoyage d’Amsterdam – lĂ  encore, principalement sans papiers – traversent une pĂ©riode difficile, car la plupart de leurs client·es leur ont demandĂ© de rester Ă  l’écart jusqu’à nouvel ordre et seul·es quelques-un·es continuent Ă  les payer. Ainsi une femme de mĂ©nage a dĂ©clarĂ© avoir perdu environ 1 200 euros au cours des deux derniĂšres semaines et dĂ©pend dĂ©sormais entiĂšrement du salaire de son partenaire. Quand on lui a demandĂ© si elle avait vĂ©rifiĂ© son Ă©ligibilitĂ© Ă  l’aide financiĂšre, que le gouvernement nĂ©erlandais a rĂ©cemment mise Ă  la disposition des entrepreneurs indĂ©pendants touchĂ©s par la crise sanitaire, elle a reconnu n’avoir aucune idĂ©e de l’existence d’un tel dispositif, et encore moins si elle y aurait droit. Ceci souligne la vulnĂ©rabilitĂ© des travailleur·ses migrant·es, qui souvent ne maĂźtrisent pas la langue de leur pays de rĂ©sidence et ont du mal Ă  accĂ©der aux informations nĂ©cessaires Ă  leur quotidien – surtout dans des situations de crise saturĂ©es en informations comme celle que nous vivons actuellement. MĂȘme lorsque ces informations sont acquises, s’y retrouver dans la bureaucratie d’un pays Ă©tranger est souvent terriblement laborieux.

Pour rĂ©sumer, nous remarquons que la pandĂ©mie du coronavirus a un double impact sur la Gig economy : 1) elle accentue la montĂ©e en puissance des services de livraison Ă  la demande dont le marchĂ© connait l’expansion la plus rapide, ce qui en fait le marchĂ© dominant comparĂ© Ă  celui des VTC et du mĂ©nage Ă  domicile ; 2) elle renforce les tentatives, jusqu’ici timides, des plateformes « uberisĂ©es » de mener des partenariats public-privĂ© ainsi que des services rĂ©pondant Ă  des besoins spĂ©cifiques de la population. En cherchant de nouveaux moyens d’assurer la reproduction sociale des catĂ©gories de consommateur·ices les plus vulnĂ©rables en temps de crise, tout en continuant Ă  ignorer les luttes pour la reproduction de leur main-d’Ɠuvre, les plateformes tirent parti de la crise sanitaire pour s’ancrer dans le paysage et devenir des acteurs incontournables de l’économie. En d’autres termes, le COVID-19 produit un Ă©tat d’exception qui leur offre l’occasion unique d’expĂ©rimenter le scĂ©nario de leurs rĂȘves : devenir des « services publics numĂ©riques » privatisĂ©s capables de contrĂŽler et de monĂ©tiser les flux de donnĂ©es essentielles. La question reste de savoir dans quelle mesure cet Ă©tat d’exception deviendra la norme. 

Niels van Doorn, Eva Mos & Jelke Bosma

A lire aussi sur le mĂȘme sujet :

Depuis le dĂ©but de la crise du coronavirus le collectif Agitation a tentĂ© de comprendre les enjeux locaux et internationaux de la pĂ©riode. Nous avons donc publiĂ© en ensemble d’article, dont deux traductions du biologiste marxiste amĂ©ricain Robert Wallace: la premiĂšre faisant un premier bilan de ce que l’on sait sur le virus mais aussi une analyse politique de la dynamique d’une Ă©pidĂ©mie, le second sur la continuitĂ© de lutte de classe pendant la crise sanitaire et le concept de « grĂšve pandĂ©mique Â». 

Nous avons Ă©galement proposĂ© un premier bilan politique de la pĂ©riode, Ă©crit par notre collectif, revenant sur les raisons Ă©conomiques et les politiques austĂ©ritaires qui ont rendues la pandĂ©mie possible, la continuitĂ© des luttes de classe dans la pĂ©riode mais Ă©galement les perspectives que l’on peut dĂ©gager du « monde d’aprĂšs Â». 

Puis dĂ©construisant l’idĂ©e de « crise naturelle inĂ©vitable Â», ce collectif d’épidĂ©miologues marxiste nous expliquaient dans « Les circuits du capital Â» comment l’agro-business par la dĂ©forestation, l’entretien de monoculture et l’élevage intensif rendent les souches pathogĂšnes beaucoup plus violentes.

Enfin l’article d’Aaron Benanav revient sur comment s’imbriquent crise sanitaire et crise Ă©conomique aux ÉtatsEtats-Unis, notamment les consĂ©quences sur l’emploi et un recours accru aux banques alimentaires pour les travailleurs les plus pauvres


1 Notons par exemple les profits engendrĂ©s par la grande distribution qui bĂ©nĂ©ficie de 10% de hausse de ventes compte tenu de la fermeture des restaurants et cantines. De mĂȘme les faillites dans des secteurs comme celui de la restauration pourraient bĂ©nĂ©ficier aux grandes chaines mieux prĂ©parĂ©es Ă  affronter ce genre de crises. ↑

2 La gig economy (souvent traduite par « capitalisme de plateforme » en français) est un modĂšle Ă©conomique dans lequel les entreprises prennent la forme de plateformes numĂ©riques et jouent le rĂŽle d’intermĂ©diaires entre clients et prestataires de service, entre demandeurs et vendeurs de force de travail. Outre le recours au numĂ©rique, l’une de ses particularitĂ©s se situe dans le fait que les travailleurs sont des particuliers souvent non-professionnels et non-salariĂ©s qui, s’ils sont censĂ©s possĂ©der leur outil ou leur force de travail qu’ils vendent soit directement au consommateur soit Ă  un intermĂ©diaire, sont pourtant peu autonomes dans l’organisation de l’activitĂ©. ↑

3 En France et chez Deliveroo, cette aide a Ă©tĂ©, dans un premier temps, conditionnĂ©e Ă  un chiffre d’affaire moyen de 130€/semaine sur les quatre derniĂšres semaines. Certain·es livreur·ses ayant Ă©tĂ© infecté·es par le virus avant la mise en place de cette aide n’ont pas pu la toucher. L’Etat a ensuite pris le relais pour aider les micro-entrepreneur·ses dans leur globalitĂ©, mais encore une fois les conditions pour toucher ces aides sont Ă  la fois contraignantes et complexes. Dans un cas comme dans l’autre, il est important de noter que ces aides ne s’adressent pas aux livreur·ses sans papiers qui constituent une part importante des travailleur·ses de ce secteur. ↑

4 Soignants, pompiers et policiers, l’équivalent des « travailleur·ses en premiĂšre ligne Â».


Article publié le 31 Mai 2020 sur Agitationautonome.com