Juillet 6, 2022
Par Collectif Emma Goldman
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4 juillet, Chicoutimi sur le Nitassinan. Tôt lundi matin, des membres du Collectif anarchiste Emma Goldman ont monté une petite barricade de meubles devant les bureaux de la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation du Québec, Andrée Laforest. N’ayant toujours pas déniché un appartement où vivre, nous avons décidé d’emménager chez la ministre Laforest à défaut d’avoir mieux. Cette action souhaite mettre en lumière la crise du logement à Saguenay et à viser une des personnes (et son parti) qui l’aggrave par son inaction. Il aura fallu tout un mandat pour que le présent gouvernement reconnaisse enfin la crise du logement (avril 2022) et peut-être un autre pour qu’il daigne agir réellement. Mais les personnes qui se retrouvent sans logis ou mal logés en ce lendemain du 1er juillet, et ils et elles sont nombreus.e.s, n’ont pas le luxe d’attendre après les tergiversations politiciennes et les dédales bureaucratiques. Bien que nous ayons compris que la crise du logement n’affecte pas directement les membres de ce gouvernement et leurs employé.e.s, il n’en demeure pas moins qu’il y a urgence d’agir. Selon les données les plus récentes de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), la ville de Saguenay a un taux d’inoccupation de 1,7%. Plus le temps passe et plus la situation s’aggrave et devient extrêmement critique. Nous souhaitons donc nous assurer que ce gouvernement n’oublie pas cette réalité vécue par beaucoup trop de gens.

Les personnes qui doutaient encore que le Québec avait basculé en campagne pré-électorale seront assurément convaincu avec la valse des millions qu’a fait pleuvoir dernièrement la Coalition Avenir Québec (CAQ). Dernièrement, un peu partout sur le territoire, les ministres ont multiplié les conférences de presse et les annonces clientélistes pour courtiser certains pans de l’électorat. Mais aussi afin d’essayer de rattraper leur inaction en matière d’habitation. On notera qu’il y a beaucoup, mais beaucoup d’asphalte pour les amis entrepreneurs.
Une chose est certaine, il n’y a pas eu énormément de rubans qui ont été coupés afin d’inaugurer de nouvelles coopératives d’habitation ou des unités d’habitation à prix modique. Et ce malgré les belles promesses de la CAQ faites lors de la dernière période électorale. Au Saguenay, la coordonnatrice de Loge m’entraide a même envoyé une lettre au Pape afin d’obtenir son soutien pour la construction d’une nouvelle coopérative. Ça en dit long sur le niveau d’engagement des différents paliers de gouvernement. La ministre a attendu à la dernière minute afin d’annoncer de nouvelles constructions pour l’automne. Mais cela s’avère encore trop peu pour endiguer une crise qui, rappelons-le, était présente bien avant le début de la pandémie.
En matière d’habitation, le gouvernement refuse de mettre en place un contrôle des loyers et n’a toujours pas créé un registre des loyers, car ce dernier à une confiance aveugle en la main invisible du marché et ce pour le plus grand bonheur des propriétaires qui font exploser les prix d’habitation au Québec. Mais pourtant, se loger comme se nourrir constituent des droits fondamentaux qui sont “reconnus” par les gouvernements à Ottawa comme à Québec. Mais on ne s’étonnera pas outre mesure que dans une démocratie libérale et une économie de marché comme la nôtre, qu’il y ait une différence entre les droits que nous avons tous et toutes sur papier et les faits. Après tout, qu’est-ce que représente nos droits face à l’intérêt marchand de quelques propriétaires préférant louer leurs appartements sur Airbnb, négliger d’effectuer les travaux minimaux ou encore procéder à des rénovictions?
Notons tout de même que lorsque le gouvernement décide enfin d’intervenir, c’est par le biais d’une allocation au logement qui ne représente en définitive qu’une subvention indirecte aux propriétaires privés. On connaît à quel enseigne ce gouvernement loge mais rien n’est définitivement joué. Nous, locataires et mal logés, pouvons demeurer un sujet incontournable en accentuant la pression sur les propriétaires et les gouvernements.




Source: Ucl-saguenay.blogspot.com