Janvier 20, 2022
Par Marseille Infos Autonomes
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Face à la situation dans l’état français où les idées de l’extrême droite se développent de plus en plus vite, nous avons décidé de continuer la lutte antifasciste, non pas comme un slogan ou une mode, mais parce que nous voulons consacrer efficacement notre temps à défendre la liberté et construire un monde plus juste. La BAM vient d’un besoin réel pour nous d’analyser les évolutions du monde que nous vivons et de nous donner les moyens d’agir concrètement.

Malgré la criminalisation dont l’antifascisme a souffert pendant des années de la part de l’État, des médias et d’une partie réactionnaire de la société, nous nous inscrivons dans un mouvement avec une longue histoire, incroyablement fort et organisé, qui a travaillé dur pour nous libérer de nombreuses menaces. Nous sommes des gens simples et honnêtes. Nous sommes des travailleurs et travailleuses, des précaires, des chômeurs et chômeuses, des jeunes, des étudiants et étudiantes, des artistes, des intellectuel.le.s, issus des quartiers populaires, des villages, des usines, des marchés, des commerces de proximité, etc.

C’est la lutte de celles et ceux d’en bas contre celles et ceux d’en haut, et de là nous nous organisons pour cette lutte de classe. Nous sommes la classe sociale réprimée, qui subissons la suppression des libertés et des acquis sociaux, encore plus quand on est femme, personne racisée ou minorisée du fait de son identité de genre ou de ses choix sexuels.

Nous sommes une famille qui va au-delà des frontières. Nous ne sommes pas des personnes privilégiées qui se contentent d’une solidarité de principes, mais nous sommes conscient.e.s que s’organiser et résister contre ce qui nous opprime ici et maintenant, c’est participer à la même lutte qui existe en Amérique latine, au Moyen-Orient, en Afrique , en Asie, contre les impérialismes régionaux et mondiaux, les multinationales et les régimes répressifs.

Ici où nous vivons, notre ennemi va du gouvernement qui réduit les droits fondamentaux et les salaires, tout en maintenant les privilèges de la classe qu’il représente, jusqu’au facho viriliste qui menace ou agresse des personnes au faciès dans les rues. Car les deux ont toujours été associés pour tenter d’imposer un ordre autoritaire et réactionnaire au service unique d’intérêts bourgeois.

Ces dernières années, le régime autoritaire s’est renforcé, avec la répression militarisée des mouvements sociaux, l’état d’urgence permanent et le démantèlement des services publics comme l’école, l’université, l’assurance chômage, l’hôpital ; des porte-paroles populistes manipulent h24 l’opinion dans les médias et sur les réseaux sociaux pour propager des discours xénophobes, sexistes, nationalistes ; les frontières se ferment, sauf pour des intérêts économiques néocoloniaux et les guerres impérialistes au Yémen, au Kurdistan, en Palestine par exemple ; les politiques sociales excluent des pans entiers de la société sur des bases identitaires.

La pandémie a donné un nouveau prétexte pour accélérer cette gouvernance libérale-autoritaire : limitation de l’accès aux soins, dégradation des conditions de vie et de travail des classes populaires, logique sanitaire fondée sur les profits, gestion policière de l’espace public, totalitarisme numérique. Encore une fois, elle s’allie d’une poussée fasciste, qui n’est plus celle de groupuscules, mais dangereusement devenue la culture dominante. Les bases d’une prise de pouvoir fasciste existent comme jamais.

Pas de place pour les discours fascistes ! Quand les idées fascistes prennent de l’ampleur, la vie de nombreuses personnes est réellement en danger. Être témoins et ne pas agir contre les injustices autour de nous, c’est contribuer à les perpétuer.

Face à la privatisation de l’école, de l’hôpital et la casse du système social, luttons pour les services publics ! Pour nous, être antifasciste en ce moment, c’est simplement être une personne avec du bon sens, qui n’accepte pas de telles injustices dans son quotidien et agit en conséquence. Nous partageons le monde avec des personnes différentes mais nous sommes tous égaux. L’antifascisme est un mouvement transversal, c’est un vaste spectre qui cherche à contrer le fascisme sur tous les fronts.

Nous pouvons tous être antifascistes. Il existe différentes manières de s’engager, qui n’impliquent pas toujours l’action directe dans les rues -nous ne l’excluons pas, mais nous reconnaissons que ce n’est qu’une forme de lutte parmi d’autres. C’est un mouvement dans lequel chacun peut s’engager selon ses capacités et ses envies afin de compléter ce spectre antifasciste.

Multiplions les brigades antifascistes. BAM !

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Source: Mars-infos.org