Compte rendu provisoire et Ă©volutif de la manifestation du 14.09.2019
Il sera complété au fur et à mesure des retours qui nous serons faits

On dĂ©compte 2 cortĂšges diffĂ©rents ce 14 Septembre, un au dĂ©part de la place Mellinet, et un autre au dĂ©part de la croisĂ©e des trams de Commerce. DĂšs 11h00 le dispositif policier est incroyablement Ă©norme, la place Delorme est totalement recouverte par les fourgonettes de la gendarmerie et de la police municipale, Ă  tel point qu’il est impossible d’y poser un orteil. On note la prĂ©sence de blindĂ©s devant la prĂ©fecture, et plusieurs interpellations “prĂ©ventives” notamment pour “port de banderole”. A 13h00 la police annonce dĂ©jĂ  17 interpellations, dont les 3 passagers/Ăšres de la voiture transportant le costume de homard pour la manifestation.

Le cortĂšge au dĂ©part de Mellinet a quittĂ© la place et s’est dirigĂ© vers le centre-ville en passant par les petites rues, Ă  14h30 il parvient Ă  rejoindre celui qui partait de la croisĂ©e des trams; les 2 cortĂšges font jonction et se dirigent vers MĂ©diathĂšque, avant de faire demi-tour et de se re-diriger vers Commerce. BloquĂ© au niveau de la croisĂ©e des trams, il dĂ©cide de forcer le passage malgrĂ© le gazage intensif des forces de l’ordre, et se dirige vers le ChĂąteau. Vers 14h45 le cordon de police bloque Ă  nouveau le cortĂšge et gaze abondamment, forçant la manifestation Ă  faire demi-tour et Ă  tenter d’emprunter le cours des 50 Otages, oĂč elle se fait Ă  nouveau bloquer et abondamment gazer. Les manifestant-es reculent alors sur la place Bouffay, qui finit sous les gaz (on note les tirs dĂ©libĂ©rĂ©s dans les terrasses de cafĂ©). On note une personne blessĂ©e Ă  la main par un tir de dĂ©sencerclante, et une autre brĂ»lĂ©e par un tir de lacrymo. Du cĂŽtĂ© de Feydeau vers la rue Kervegan, une personne reçoit un plot de dĂ©sencerclante dans la main, et une autre un tir de LBD en pleine tĂȘte. AprĂšs une premiĂšre charge, la manifestation se retrouve dispersĂ©e en plusieurs groupes vers 15h30. On nous signale la prĂ©sence de policiers Ă  motos tournant dans les rues et procĂ©dant Ă  des interpellations entre 15h30 et 16h45.

Suite Ă  la charge de 15h30 Ă  Bouffay, environ 50 personnes se regroupent vers Commerce, tandis que 100 Ă  200 personnes dĂ©cident d’emprunter les petites rues. Le gros du cortĂšge, lui, se dirige vers MĂ©diathĂšque. Vers 16h15 le groupe de 100 Ă  200 personnes retrouve le gros du cortĂšge, qui se fait Ă  nouveau charger et gazer, et repousser au canon Ă  eau. La manifestation se retrouve une nouvelle fois divisĂ©e en plusieurs groupes, une partie se rĂ©fugiant dans les petites rues, et l’autre tentant de se regrouper Ă  Commerce, oĂč elle se fait nasser vers 17h00. On note plusieurs gazages de la nasse, qui compte environ 500 personnes. Vers 17h30, la nasse prend fin et les manifestant-es se font refouler par la BAC place Petite Hollande. On note encore plusieurs gazages, des fouilles et des contrĂŽles, peut-ĂȘtre des interpellations. Une personne est blessĂ©e au doigt et au tibia suite Ă  un tir de dĂ©sencerclante. A 18h30 un nouveau rassemblement qui tentait de se former Ă  Commerce se fait Ă  nouveau gazer et nasser. La BRAV interpelle des gens en-dehors de la nasse. Vers 18h40 c’est le tour du bar Le Chat Noir de se faire gazer, les client-es contrĂŽler et le bar lui-mĂȘme est, d’aprĂšs les tĂ©moignages que nous avons reçus, fouillĂ©. 1 personne reçoit un palet de lacrymo dans la cheville. Vers 19h00 les manifestant-es restant-es sont repoussĂ©-es Ă  coup de dĂ©sencerclantes vers Gloriette. A 19h27 il reste encore un petit groupe Ă  MĂ©diathĂšque.

Beaucoup de prises en charge de personnes incommodĂ©es par les gaz, qui en raison de l’absence de vent, stagnaient en nuages particuliĂšrement suffocants.

CĂŽtĂ© manifestant-es: beaucoup de dĂ©termination, une volontĂ© manifeste de ne pas cĂ©der la rue, malheureusement encore trop de slogans oppressifs (“flics p**es Ă  Macron”, “enculĂ©s”,…) et insultants envers les minoritĂ©s. Street Medic Nantes rapelle que la street medic s’exerce Ă  destination des dominĂ©-es, en rĂ©action aux violences infligĂ©es par les dominant-es, raison pour laquelle nous ne considĂ©rons pas les forces de l’ordre comme population concernĂ©e par notre activitĂ©. Par consĂ©quent, il serait bon d’instituer un changement radical sur les slogans afin de ne pas reproduire exactement les schĂ©mas dĂ©noncĂ©s lors de la lutte contre les violences policiĂšres. Street Medic Nantes ne peut envisager de soutenir les dolĂ©ances des un-es au dĂ©triment des autres.

On note aussi qu’une personne a Ă©tĂ© blessĂ©e Ă  l’Ă©paule par un projectile ne provenant pas des forces de l’ordre. Aussi bien que l’on ne condammne aucunement ce moyen d’action, il serait de bon ton de faire attention au point de chute du projectile, et de lancer avec un peu plus de vigilance.

N’hĂ©sitez pas Ă  nous envoyer des infos si vous avez vu d’autres personnes blessĂ©-es ou si vous avez notĂ© un Ă©vĂ©nement particulier, nous n’avons malheureusement pas pu tout voir, et n’avons comptĂ© ici que les personnes blessĂ©-es que nous avons nous-mĂȘmes soignĂ©-es ou qu’on nous a signalĂ©-es.


Article publié le 15 Sep 2019 sur Nantes.indymedia.org