Face à l’épidémie de Covid 19 ce ne sont pas les pouvoirs publics ni nos employeurs qui agissent de manière responsable, au contraire ils poursuivent leurs intérêts au détriment des nôtres.

La condition des étudiant.es en cité U s’est fortement dégradée depuis plusieurs semaines, en cause l’abaissement du nombre de cuisines collectives, la fermeture des espaces communs et des restaurants universitaires. Ce qui donne lieu à de fortes affluences dans les dernières cuisines ouvertes, une situation absurde dans le contexte sanitaire actuel.
Le mal-logement en Crous rend cette période de confinement d’autant plus difficile dû à un parc immobilier vétuste et à des logements étroits 9 m2 pour certaines chambres.
Le Crous pour répondre à la précarité étudiante a décidé de ne pas prélever pendant le confinement les loyers des étudiant.es qui ne loge plus en cité U. Une réponse très insuffisante au vu de la situation économique des étudiant.es en Crous, certain.es ne peuvent plus travailler, supprimant une partie essentielle de leurs revenus.

L’épidémie et sa gestion honteuse par les pouvoirs publics touchent encore plus durement les personnes migrantes. Après avoir refusé de reloger les personnes migrantes du squatt des Veyettes durant plusieurs mois, la préfecture n’a commencé la procédure de mise à l’abri qu’après deux semaines de confinement, les emmenant dans des villes proches de Rennes. Loin de leurs soutiens et au mépris d’informations et de garanties sur leur situation. Contre les politiques racistes des pouvoirs publics locaux et nationaux, le collectif inter-organisation de soutien aux personnes exilées de Rennes organise des initiatives de solidarité et diffuse des informations sur les droits : https://rennescovidsolidarite.info/

Les femmes sont en en première ligne face au Covid-19. Les assistantes maternelles employées à domicile ne touchent que 80% de leur salaire en activité partielle, alors que la paye de base n’est déjà pas élévée, et pourtant s’occuper des enfants est fondamental ! Dans les supermarchés où peuvent manquer gants et gel hydroalcoolique, une partie importante des employé.es sont des femmes, qui assurent la distribution alimentaire et l’approvisionnement de la population.

A Rennes les réseaux d’entraide s’organisent également pour maintenir le ravitaillement malgré le confinement. Concernant le ravitaillement alimentaire, après quelques jours de réflexions sur les nouveaux modes d’organisation en période de crise sanitaire plusieurs distributions ont eu lieu. Protocole sanitaire validé par des soigants.es, inscription sur des créneaux horaires précis pour ne pas concentrer les personnes trop longtemps au même endroit, réactivation des réseaux de récupération alimentaire, preuve s’il en fallait que notre classe s’organise et n’attend rien de l’Etat pour gérer la crise sanitaire.

Sur les lieux de travail, des résistances voient le jour. Par exemple à Liffré les salarié.es de l’entreprise Canon ont débrayé pour ne pas risquer d’être contaminé.es. Les cheminot.es mènent aussi une bataille à la gare de Rennes pour réduire la circulation des trains à ce qui est uniquement nécessaire pour enrayer l’épidémie. Tandis que les dirigeants de PSA eux ont annoncé vouloir rouvrir les usines automobiles, ce qui mettrait en danger sur le site de La Janais celles et ceux fabriquant des voitures, qui ne seront de toute façon pas vendues dans l’immédiat. Là où ils et elles sont présent.es les syndicalistes de lutte agissent pour obtenir un maximum de mesures de protection pour les travailleurs et les travailleuses. Certains patrons ne fournissent pas de masques ou pas assez à cause de la pénurie. Les syndicalistes se battent également pour faire arrêter le travail dans les activités qui ne sont pas essentielles que certains veulent maintenir pour leurs profits. Là où il n’y a pas de syndicats dans l’entreprise, plusieurs numéros d’appel ont été mis en place pour connaître ses droits et notamment celui du retrait en cas de danger grave et imminent comme le risque de contagion par le Covid 19 (numéro vert régional de la CGT : 0805 38 66 61 et numéro national de Solidaires : 0 805 37 21 34).

Nous voulons la réquisition des logements vides, le contrôle et l’organisation de la production essentielle par les travailleurs et travailleuses elles et eux mêmes, l’arrêt du travail dans tous les autres secteurs. Quels sont les secteurs essentiels, quelles sont les priorités ? On produit quoi, comment ? Quelles mesures sanitaires à prendre pour nous protéger toutes et tous ? Cette crise révèle que c’est nous qui faisons tourner la société et que c’est nous qui avons les meilleures réponses, et pas ceux d’en haut.
C’est par cette autogestion et par nos luttes que nous arriverons avec nos collègues et nos voisin.es à construire un pouvoir populaire, pour une société sans exploitation ni dominations.

Union communiste libertaire Rennes, le 07 avril 2020

Notre journal d’avril gratuit en PDF : https://unioncommunistelibertaire.o…

Contact :

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Article publié le 08 Avr 2020 sur Rennes-info.org