Vendredi 26 juin, la Guyane enregistrait 3 270 cas de Covid-19, trois fois plus qu’il y a deux semaines. Comme il y a trois mois dans l’hexagone, les pouvoirs publics courent après les masques ou les tests encore en nombre insuffisant. Une situation aggravée par le manque d’infrastructures, notamment hospitalières, malgré le plan de développement signé à l’issue du mouvement social du printemps 2017.

En Guyane, il y a deux fois moins de généralistes et trois fois moins de spécialistes que dans l’hexagone. Il n’y a pas de CHU et seulement 37 lits de réanimation pour 283 000 habitants : 30 à Cayenne et 7 à Saint-Laurent-du-Maroni. Frontalier du Brésil, ce territoire français comptait aussi 22 % de chômeurs et 30 % de bénéficiaire du RSA en 2017. Sa situation sociale n’a pas profondément évolué depuis.

Aujourd’hui frappé de plein fouet par l’épidémie de Covid-19, il souffre en prime de la même impréparation qui a touché le territoire français au mois de mars. Les leçons de la crise ne semblent pas toutes avoir été tirées. Nous avons interviewé Philippe Bouba, un des porte-parole du collectif Mayouri santé Guyane, un regroupement d’une vingtaine d’associations, syndicats et organisations politiques, qui tire la sonnette d’alarme depuis le mois de mars.


Article publié le 28 Juin 2020 sur Rapportsdeforce.fr