Notre mère est décéder en pleine épidémie de Covid-19. Nous parcourûmes au plus vite une
distance totale de 1200 kilomètres afin de faire incinérer son corps le plus rapidement possible.
Nous récupérâmes les papiers que l’Ehpad eût la bonter de nous donner dans des cartons dépôser
devant la porte d’entrée de l’Ehpad. Ces papiers permettront de régulariser la situation
administrative post-mortem de la défunte. Il nous fût interdit de rentrer dans l’Ehpad et de récupérer
d’elle quoique ce soit d’autre de ses effectifs personnels. Il nous fût interdit de nous recueillir
devant le corps de la défunte. Ces mesures afin d’éviter toute contamination au Covid-19 alors que
notre mère n’est pas décéder du Covid-19. À 99 ans, son coeur a lâcher. Toutes ses affaires sont à
l’heure présente entreposer à la cave de l’Ehpad, que nous avons l’autorisation d’aller récupérer une
fois le confinement lever. L’heure de l’incinération fût avancer, ainsi que la remise de l’urne
funéraire. Ce qui n’atténuera pas notre immense tristesse. Nous ne pûment aller voir nos proches et
pleurer avec eux car confiner chez eux. Nous ne pûment nous serrer dans les bras et nous embrasser
suite au décès de notre mère. Nous ne pûment nous réconforter les uns les autres . Deuil confiné :
pleurer dans son coin ou par téléphones interposés et attendre que nos larmes veuillent bien se tarir.

Pour parcourir les 1200 kilomètres, nous empruntâmes des voies d’autoroute gratuites et les
Itinéraires Bis qui contournent les tronçons d’autoroute payants. A l’aller, nous vîmes un seul point
de contrôle policier. Au retour, nous en vîmes deux dont un qui a contrôler nos autorisations de
circulation et nous a laisser passer sans trop d’échanges verbales en voyant nos têtes interdites
d’enterrement. L’urne funéraire sera déposer au cimetière à une date ultérieure inconnue pour
l’instant. Il est impossible d’enterrer nos morts. Les cendres de notre mère reposent en paix.

Crève le confinement.


Article publié le 31 Mar 2020 sur Nantes.indymedia.org