FĂ©vrier 2, 2021
Par CNT Solidarité OuvriÚre
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Pendant que Macron tente un coup de poker sur la gestion sanitaire, J.M Blanquer persiste et signe : en milieu scolaire, la situation est « maĂźtrisĂ©e Â» et l’essentiel est de « tenir les calendriers Â». Face Ă  une remontĂ©e de l’épidĂ©mie et le risque des variants potentiellement plus contagieux, c’est irresponsable !

Blanquer ment !

Les chiffres communiquĂ©s, chaque vendredi, par le ministĂšre sont largement sous-Ă©valuĂ©s avec un rapport de 1 Ă  3 avec ceux de SPF pour les mĂȘme tranche d’ñge et pĂ©riodes. Ils dessinent pourtant une tendance Ă  la hausse comme pour le reste de la sociĂ©tĂ©. Plus problĂ©matique, la tranche des 0-14 ans est celle qui connaĂźt la plus forte hausse, la plus forte positivitĂ©, tout en Ă©tant toujours une catĂ©gorie largement sous-testĂ©e (source rapport SPF du 28/01) !

Contrairement aux mensonges de Blanquer, le systĂšme scolaire est bien impactĂ© ! Nous dĂ©plorons le changement restrictif, depuis octobre, de la dĂ©finition des « cas contacts Â» qui permet une vĂ©ritable omerta sur la circulation Ă©pidĂ©mique en milieu scolaire et gĂȘne la politique « tester-tracer-isoler Â» supposĂ©e au cƓur de la stratĂ©gie gouvernementale ! Pour vraiment casser des chaĂźnes de contaminations, il est indispensable de revenir Ă  des rĂšgles strictes concernant la gestion des cas contacts et prĂ©voir des tests systĂ©matiques dĂšs la connaissance d’un cas, Ă©lĂšve comme adulte. Pour l’instant le ministĂšre ne l’envisage qu’en maternelle ou pour les cas avĂ©rĂ©s de variants, souvent mal dĂ©tectĂ©s, ce n’est pas suffisant !

Le mythe de l’enfant inactif dans l’épidĂ©mie a du plomb dans l’aile comme le montre la mise Ă  l’arrĂȘt ou l’adaptation d’une bonne partie des systĂšmes Ă©ducatifs europĂ©ens depuis NoĂ«l. Le systĂšme scolaire brasse et connecte quotidiennement plusieurs millions de personnes, on ne peut faire l’économie de mesures sanitaires strictes pour empĂȘcher le virus d’y circuler !

 

 

Trop de renfort tue le renfort ?

Non M. Blanquer, il ne suffit pas de rĂ©pĂ©ter des mesures en boucle pour qu’elles soient efficientes ! Nous ne comptons plus les annonces de « renforcement du protocole Â» par le ministre mais celle-ci sont le plus souvent Ă  la marge, pas toujours contraignantes ni lisibles, mises en place selon une gĂ©omĂ©trie variable dans les Ă©tablissements et se heurtent Ă  la rĂ©alitĂ© du manque d’investissement dans des moyens matĂ©riels et humains pour maĂźtriser l’épidĂ©mie.

Comment mieux gĂ©rer le temps de cantine, point faible notoire, alors que nombre de collectivitĂ©s font dĂ©jĂ  face Ă  des problĂšmes chroniques de personnels ? Comment effectuer les mesures de CO2 prĂ©conisĂ©es quand aucune dotation ou crĂ©dits ne sont prĂ©vus pour disposer de l’appareillage nĂ©cessaire ? Comment pratiquer les rĂšgles d’hygiĂšnes nĂ©cessaires quand le bĂąti est vĂ©tuste et attend dĂ©sespĂ©rĂ©ment une rĂ©novation ? …

Pour rĂ©pondre Ă  ces interrogations, le ministĂšre doit fournir une dotation d’urgence (masques pour tous.tes, capteurs CO2…) mais aussi lancer le plan d’investissement dans « l’école Â» que nous revendiquons depuis des mois !

 

La politique de « tests massifs Â» rencontre le mĂȘme problĂšme. AnnoncĂ©e 3 fois depuis novembre, c’est toujours un fiasco sur le terrain. Ils sont indispensables mais ne peuvent reposer sur les seuls personnels mĂ©dico-sociaux, en nombre insuffisant (moins de 1000 mĂ©decins scolaires en France et seulement 7600 infirmiĂšres) et dĂ©jĂ  submergĂ©s par leurs missions quotidiennes et le « contact tracing Â». Il est nĂ©cessaire de rĂ©orienter les tests vers le dĂ©pistage des « cas contacts Â» avec coordination et renfort des collectivitĂ©s et autoritĂ©s de santĂ©. Un recrutement de personnels mĂ©dico-sociaux est aussi urgent.

 

Choix pĂ©dagogique ou diktat du MEDEF ?

Comment croire ce gouvernement des riches quand il prĂ©tend agir dans l’intĂ©rĂȘt des Ă©lĂšves dĂ©crocheurs ou encore pour la psychologie de la jeunesse ? Le gouvernement ne souhaite surtout pas « mettre l’activitĂ© Ă©conomique en carafe Â» (Castex) et mise cyniquement sur le faible nombre de cas graves dans cette tranche d’ñge ! Cette politique a pourtant un coĂ»t, jamais assumĂ© politiquement, 10000 morts par mois actuellement et des mesures contraignantes qui s’éternisent, enfonçant des pans entiers de la sociĂ©tĂ© dans la prĂ©caritĂ© et la dĂ©tresse psychologique…

 

Alors que faire, fermer et puis c’est tout ? Nous avons conscience de l’accentuation des difficultĂ©s et inĂ©galitĂ©s scolaires suite au premier confinement avec un enseignement en distanciel mal prĂ©parĂ© et discriminant. Nous partageons la volontĂ© de maintenir les apprentissages et le lien Ă©ducatif avec nos Ă©lĂšves mais cela ne doit pas se faire au prix de la santĂ© publique et par la mise en danger des personnels et Ă©lĂšves !

Nous dĂ©fendons un investissement public massif (voir ci-dessus). Face au risque de l’explosion des variants, des mesures d’urgence peuvent encore ĂȘtre prises. On a pu remarquer un effet « vacances scolaires Â» faisant baisser la circulation virale (trĂšs marquĂ© Ă  la Toussaint). La solution de fusionner les zones de vacances scolaires et de fermer le systĂšme Ă©ducatif pendant un mois reste une solution simple avec un impact diminuĂ© sur la scolaritĂ© !

Pour nous, il faut ensuite temporairement faire baisser partout le nombre d’élĂšves accueillis et rĂ©organiser les enseignements ( en application du « plan de continuitĂ© pĂ©dagogique Â»), seule façon de tenir pleinement les objectifs du protocole sanitaire. Cela implique aussi une rĂ©organisation pĂ©dagogique, les attendus de l’annĂ©e (programmes, Ă©valuations..) et le calendrier ne peuvent rester inchangĂ©s comme si de rien n’était. Et si on arrĂȘtait la machine Ă  sĂ©lectionner pour revenir Ă  l’éducation ?

 

Personnels comme parents, nous devons revendiquer la mise en place de mesures permettant, si il est encore temps, de pĂ©renniser la fin d’annĂ©e scolaire. Contrairement au discours du ministre, « l’école Â» n’est pas un isolat dans la sociĂ©tĂ©, il s’agit d’un enjeu de santĂ© publique indispensable pour la maĂźtrise globale de la pandĂ©mie ! Mettons la question en dĂ©bat dans nos Ă©tablissements et utilisons tous les moyens nĂ©cessaires y compris la grĂšve  !

 

La fĂ©dĂ©ration CNT-SO Éducation et Recherche revendique :

‱ Regroupement des vacances scolaires d’hiver des zones A, B,C et fermeture complĂšte des Ă©tablissements pour un mois Ă  partir du 06/02

‱ DĂ©doublement de toutes les classes avec emploi du temps adaptĂ© soit l’application immĂ©diate de la phase 1 du plan de continuitĂ© pĂ©dagogique sur tout le territoire et de la phase 2, dans les zones les plus affectĂ©es par l’épidĂ©mie

‱ Distribution gratuite de masques pour tous les Ă©lĂšves

‱ Fourniture de masques FFP2 pour les personnels de santĂ© et AESH

‱ RedĂ©finition stricte des « cas contacts Â». RĂ©orientation des tests pour dĂ©pister massivement Ă©lĂšves et personnels dĂšs apparition d’un cas, en liaison avec les collectivitĂ©s et les autoritĂ©s de santĂ©.

‱ Plan de recrutement massif de personnels

‱ Plan d’équipement informatique pour les Ă©lĂšves et personnels

‱ Maintien du tĂ©lĂ©travail ou ASA de droit pour les personnels vulnĂ©rables. Remplacement des enseignants vulnĂ©rables en ASA.

‱ Indemnisation Ă  100% du congĂ© garde d’enfant, de droit, pour les parents. Indemnisation pour tous des pĂ©riodes d’isolement.




Source: Cnt-so.org