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3) Ce coronavirus, d’où pourrait-il bien venir ?

Nous n’avons pas ici les connaissances en génétique et biologie moléculaire pour rentrer dans le détail des débats techniques qui ont pu être abordés ici ou là, donc nous resterons prudents sur ces questions. Ceci dit, ça ne nous empêche pas de considérer quelques données du problème, sans prétention à une expertise supérieure.

D’après les autorités chinoises, le nouveau coronavirus (2019-nCoV) a été identifié puis isolé formellement le 7 janvier 2020. Passons ici sur le fait que quelques biologistes contestent le fait que le virus ait été réellement purifié puis isolé, c’est un autre débat. Par la suite, des chercheurs de l’Institut de Virologie de Wuhan publièrent la séquence génétique d’un virus de chauve-souris, qui semblait être l’ancêtre du CV19. Mais comme ces chauves-souris se trouvent à environ 1500 kilomètres de Wuhan, il a fallu chercher l’intermédiaire. Et on annonça rapidement l’avoir trouvé : des pangolins de Malaisie, interceptés par les douanes chinoises dans une autre province, étaient apparemment porteurs d’un virus assez proche du nCoV-19.

Les média et autres « réseaux sociaux » se sont alors mis à nous servir le pangolin à toutes les sauces, dès qu’il était question de pneumonie (sans doute pour égayer la monotonie du confinement, et dissuader de discuter de questions plus sérieuses). La communauté scientifique, un peu plus prudente, a aussi bien mis en avant aussi ce coupable tout trouvé pour faire le lien entre les malades de Wuhan et de lointaines chauves-souris. Cela donnait quelque part une excuse bien commode pour ne pas trop chercher ailleurs ; et on pourrait même y voir le signe d’une certaine mauvaise conscience par rapport aux activités très répréhensibles d’une partie de la profession. Sinon, comment expliquer l’enchaînement de déclarations répétées pour « certifier » (sur l’honneur ? En fait plutôt à coup d’arguments d’autorité… ) que le virus était bien d’origine naturelle, et qu’il n’y avait aucune trace d’intervention humaine ?

Les « gains de fonctions », une arme à double tranchant

La modification des espèces vivantes -pompeusement nommée « amélioration »- par le bipède humain ne se limite pas aux plantes et animaux domestiques. Il y a belle lurette que les agents pathogènes sont l’objet d’une grande attention, en particulier de la part des armées et autres forces étatiques. Toujours dans le prétexte d’étudier une maladie dont l’adversaire pourrait se servir, des biologistes cultivent et analysent une grande quantité de champignons, bactéries et autres virus susceptibles de causer un grand tort aux humains.

Parmi ces recherches, le « gain de fonction » part d’une idée simple : des virus pourraient receler une certaine dangerosité, mais il leur maque des caractéristiques pour l’être effectivement. Par exemple, chez les animaux il y a des virus qui peuvent être très contagieux pour l’humain, mais peu ou pas dangereux (ou le contraire). Si on peut les rendre virulents, par un processus qui mimerait une évolution « naturelle », alors ont peut les étudier et trouver une parade avant que cela n’arrive dans la nature. Admirez la logique : on fabrique artificiellement une situation problématique qui « pourrait » advenir naturellement… afin d’avoir la capacité de répondre au cas où cela arriverait ! Or depuis 2015, ceci n’est plus de la science-fiction.

Des chauves-souris et des chercheurs

Concrètement, une des façon de faire est de transférer le virus considéré d’animal en animal, afin de le forcer à « muter » en quelque sorte ; jusqu’à ce qu’un ou des animaux devienne particulièrement malade. Des modifications génétiques peuvent aussi intervenir dans le processus. Et l’objectif est atteint : on a un virus pathogène ! Le premier obtenu de la sorte fut un coronavirus de chauve souris autour de l’année 2015 (mais qu’on se rassure, il n’a pas de liens à priori avec le n-Cov-2019). Cette « grande avancée » a poussé un certain nombre de chercheurs à demander l’arrêt définitif de ce genre de recherche particulièrement dangereuses, évidemment sans succès.

Et au fait, pourquoi se concentrer sur les chauves-souris ? Pour deux raisons : ce sont des mammifères, donc elles nous ressemblent, et leur température corporelle entre 39°C et 40°C est plus élevée que la notre. Et là est l’astuce (si l’on peut dire) : comme le corps humain combat les virus par la fièvre, si ceux-ci sont déjà habitués à des températures supérieures, alors l’organisme aura d’autant plus de mal à en venir à bout.

Quand les USA délocalisent en Chine…

Retournons à Wuhan : dans cette ville se situe un laboratoire de recherche sur les virus, l’Institut de Virologie de Wuhan (WIV en anglais), devenu aujourd’hui célèbre. Il comprend des laboratoires de niveau P3 et P4, pour étudier les agents pathogènes les plus dangereux. On y pratique notamment le « gain de fonction » sur des coronavirus. Ce centre de recherche a été notamment construit avec l’aide de la France, qui possède elle-même un laboratoire P4 dans la ville de Lyon. Par ailleurs, le WIV a reçu des millions de dollars de l’Institut National de la Santé des USA (en anglais NIH) pour étudier principalement, oh surprise, les virus de chauve-souris !

L’une des raisons de cette générosité intéressée est la suivante : en 2012 les recherches sur les « gain de fonction » ont été interdites de financements publics aux USA, avant d’être à nouveau autorisées en 2017 dans un cadre très restreint. Les institutions publiques de recherche médicale US ont donc en quelque sorte cherché à « délocaliser » ces études afin de les poursuivre ailleurs. L’étude des animaux sauvages susceptibles d’héberger des virus « à risque » est par ailleurs la spécialité de certains organisations liées à la fois à ces instances et aux militaires américains, telle Ecohealth Alliance (dont bizarrement les média parlent très peu, et toujours en bien). On ne sera donc pas étonné que cette ONG, intéressée par les chauves-souris chinoises notamment, se soit retrouvée mêlée à un nouveau financement du WIV par les américains sur les coronavirus … de chauve-souris.

Or on l’a vu, l’article faisant état d’un gain de fonction sur un coronavirus (impliquant des chercheurs américains), date de 2015 [1] On en déduit donc que des centres de recherches américains ont continué leur sale boulot dans d’autres pays, moyennant finances et partenariat. Et nous ne parlons ici que de la recherche publique, car il est très probable que les laboratoires militaires américains aient continué à faire ce qu’ils voulaient pendant tout ce temps…

Dans les labos, des fuites à gogo

Revenons à notre Covid. Dès février 2020, des chercheurs chinois ont émis l’hypothèse d’une fuite d’un coronavirus (leur article en prépublication a aujourd’hui disparu, mais on peut le trouver ici [2] Remarquant que les chauves-souris ne sont pas vendues au marché de Wuhan, que le virus du SRAS-CoV-2 en est visiblement originaire, et que le Centre de Contrôle et de Prévention des Maladies de Wuhan -en anglais WCDCP- est situé à environ 300 mètres à vol d’oiseau du même marché, ils en ont déduit qu’une fuite éventuelle aurait très bien pu se répandre via les étals d’animaux vivants par exemple. Mais notons qu’en réalité, les labos P3 et P4 du WIV sont assez éloignés du marché : plusieurs kilomètres en ligne droite. Le lien éventuel n’est donc pas aussi simple, car si il y a bien eu des chauves-souris dans un bâtiment à 300 mètres du marché, les études sur les virus ont à priori été faites ailleurs.

Cela n’exclut cependant pas la possibilité d’une fuite, d’autant que des chercheurs, indiens et américains essentiellement, ont par la suite découvert des éléments intéressants. En 2012, dans la province du Yunnan, des mineurs tombent gravement malades de pneumonies après avoir été en contact avec des chauves souris dans une mine désaffectée. A l’époque, la responsabilité éventuelle d’un virus est écartée. Cependant, des chauves-souris du Yunnan furent par la suite capturées pour être étudiées au laboratoire de Wuhan, et ce sont ces mêmes bestioles dans lesquelles on a découvert le fameux virus « RaTG13 », parent (ou grand-parent) du CV19. L’hypothèse d’un échappement accidentel du virus n’est donc pas à exclure ; d’autant qu’il est aujourd’hui admis que des virus du SRAS de 2003 sont déjà sortis de laboratoires « haute sécurité » situés pas loin de Benjing.

Cette hypothèse, qui n’a rien de scandaleux (même Le Monde a fini par en parler en décembre dernier), n’a évidemment pas la faveur des biologistes chinois et américains. Quand on se souvient que ces derniers sont impliqués dans la collecte et l’étude de ces fameuses chauve-souris, on comprend bien pourquoi. Mais d’un autre côté, cela n’a pas empêché un certain nombre d’américains de crier au « virus chinois » et d’accuser la Chine d’être responsable de la pandémie d’une façon ou d’une autre (en poussant parfois jusqu’à suggérer qu’il s’agissait d’un virus artificiel dirigé contre le reste du monde).

Il semblerait aujourd’hui que l’on s’intéresse de plus près, notamment du côté de l’OMS, à cette hypothèse sérieuse. Mais toujours en insistant sur le laboratoire chinois de Wuhan, sans mentionner (à ma connaissance) les liens forts avec des organismes américains impliqués dans la recherche sur les virus. Ainsi la réticence de la Chine pour qu’une délégation visite Wuhan et ses labos a bien été notée. Par contre, le fait que dans le comité de l’OMS chargé des investigations figurait un certain Peter Daszak ne semble jamais mentionné. Cet homme est le président de l’ONG Ecohealth Alliance, dont nous avons déjà parlé, qui a aidé à financer les recherches sur les chauves-souris à Wuhan. Sur la dernière décennie, cette organisation américaine a reçu notamment 40 millions de dollars du Pentagone (Ministère de la Défense des USA). Dans le but d’étudier « défensivement » les virus d’animaux sauvages, entre autres.

L’hypothèse américaine

Une autre possibilité, mais qui n’a évidemment pas été évoquée dans les grands média occidentaux, est de regarder du côté des USA. Au mois de février 2019, des chercheurs taïwanais présentèrent leurs conclusions après voir étudié la répartition du virus sur la planète. A ce moment-là, il y avait dans le monde cinq familles génétiques (dénommées haplotypes) de CV19 en circulation, pour environ 2000 séquences répertoriées. Or il se trouve que ces variantes sont reliées les unes aux autres, et par étude de leur code génétique les chercheurs pensent déterminer laquelle est la descendante d’une autre, et ainsi de suite. Cela peut permettre aussi d’analyser plus en détail la dissémination du virus : par exemple, les deux familles de virus présentes à Taïwan était les même qu’en Australie, mais différentes de celles qui circulent en Chine. Ou bien, les variantes anglaises et françaises ne sont pas de la même famille, etc.

Or il se trouve que les Etats-Unis étaient le seul pays à avoir les cinq haplotypes. Comme on imagine mal le virus partant de Chine pour aller aux Amériques, puis se mettant à muter progressivement en envoyant régulièrement chaque nouvelle variante dans un pays ou une région spécifique, ils en ont déduit que les USA étaient nécessairement le pays d’origine du virus. Les cinq familles y seraient apparues, et se seraient disséminées dans le monde progressivement. Cela expliquerait par exemple qu’en Chine il n’y ait qu’un seul haplotype, ce qui est très peu probable pour le pays supposément originaire du virus.

Ici une précision s’impose. La « science » génétique correspond à une représentation du monde vivant très réductrice et mécaniste, que nous considérons avec un grand recul. Ses conclusions sont donc à prendre avec des pincettes. Mais cette hypothèse n’était pas plus farfelue que toutes les affirmation péremptoires que l’on nous assénait à l’époque (pour prendre un exemple, c’est bien moins idiot que l’histoire du pangolin…).

Le nCov-2019, un virus militaire ?

Il y a en effet plusieurs éléments à considérer. Les Etats-Unis sont les champions de l’étude des armes biologiques, coronavirus inclus [3]. Le plus grand laboratoire du monde de recherche militaire, Fort-Detrick, est réputé autant pour son « haut niveau » que pour ses fuites régulières. A tel point qu’à l’été 2019, les autorités du CDC (Centre de Contrôle des Maladies, qui co-dirige le laboratoire) ont décidé d’arrêter certaines recherches en cours dans des laboratoires de niveau P3 et P4, car des standards de sécurité n’étaient pas respectés. Dans le laboratoire de niveau 3 on y étudiait la tularémie (une maladie infectieuse), la peste et l’encéphalite équine ; et dans le laboratoire P4 le virus Ebola. Nous voila rassurés…

Bien sûr ce ne sont là que les informations officielles, et il est possible que des coronavirus se soient fait la malle auparavant sans que cela ne soit mentionné… Car on se rappellera que peu après eurent lieu aux USA de nombreux cas de maladies pulmonaires, ce qui donna la « pneumonie des vapoteurs » (dont on a parlé plus haut). Et lorsqu’il fut demandé aux autorités de santé américaine d’effectuer des tests pour savoir si les victimes d’affections respiratoires de l’été et l’automne 2019 auraient pu être victimes du CV19, elles répondirent par un refus catégorique.

Mais comment ce virus serait-il arrivé dans le Hubei, avant de se répandre comme une traînée de poudre ? Eh bien, dans la deuxième quinzaine d’octobre 2019 eurent lieu les jeux mondiaux militaires, sorte de jeux olympiques pour les assassins en kaki du monde entier, dans la ville de Wuhan. Or, lors de ces jeux, l’équipe américaine a effectué une très mauvaise performance, un certain nombre de ses soldats (pardon, athlètes) étant tombés malades, développant des affections respiratoires parfois graves. On peut rajouter que des soldats américains ont été observés en train de faire du tourisme au lieu de s’entraîner, et notamment autour du fameux marché aux animaux de la ville… ce qui, quelques mois plus tard, a fait germer des hypothèses.

Même si cela semble peu probable, on mentionnera qu’aux Etats-Unis, il existe quand même un petit nombre de gens -ayant des connaissances variables en biologie- qui pensent sincèrement que les épidémies respiratoires en Chine pourraient avoir été provoquées intentionnellement par la CIA (ou d’autres services du même type). Leurs arguments se basent sur le fait que la recherche biologique « offensive » est très répandue et très avancée aux Etats-Unis, que la CIA y est tout autant impliquée que l’Armée, sinon plus, et que les épidémies servent les intérêts géopolitiques et économiques américains ; en particulier parce qu’à chaque épidémie des millions d’animaux d’élevages sont éliminés pour empêcher les contagions et que cela profite à l’agrobusiness américain (la Chine devant alors importer en masse cochons, poulets, bœufs, etc).

Notons enfin qu’une athlète française a également développé une grave pneumonie à son retour de Chine. Mais faisant partie de la « Grande Muette », elle n’a pas eu le droit de s’exprimer sur le sujet, et l’armée a sans surprise refusé de de donner le moindre éclaircissement.

Fermons les nécro-labos !

Pour conclure, si la dissémination délibérée du CV19 par les Etats-Unis en Chine semble extrêmement peu probable, une fuite de Fort Detrick, entraînant diverses mutations du virus, suivie d’une contamination de Wuhan par les jeux militaires d’octobre, est une hypothèse qui en vaut une autre. D’autre part, les chinois ne sont pas les seuls à avoir étudié la piste des laboratoires américains. Au début de la pandémie, lorsque celle-ci se répandait en Iran, des médecins de ce pays ont publié une lettre ouverte aux gouvernements des pays voisins abritant des laboratoires liés au Pentagone, pour en demander la fermeture immédiate. En effet l’armée américaine, et parfois aussi la CIA, dirigent ou cogèrent une centaine de centres de recherches biologiques situés dans 25 pays du monde. Par exemple en Afghanistan, Pakistan, Azerbaïdjan, Géorgie, etc (voir carte). Ces médecins ont exprimé qu’il était temps de fermer ces laboratoires qui font peser une menace énorme sur les populations du monde.

Même si on saisit l’aspect politique du geste, à un moment où les Etats-Unis font pression sur l’Iran par rapport à son programme nucléaire, cette critique est néanmoins légitime. Elle est aussi partagée par d’autres individus ou organisations. C’est par exemple l’avis de l’Observatoire pour la fermeture de l’École des Amériques [voir encadré], qui s’inquiète de la présence au Pérou d’un centre de recherche militaire américain, dont on suspecte qu’il ait développé des armes biologiques). Il est clair que la fermeture immédiate de ces laboratoires de mort, y compris d’ailleurs le P4 lyonnais, reste toujours une nécessité !

L’Ecole des Amériques est un centre de formation militaire aux USA , surtout pour les officiers. Elle a été créée au début de la guerre froide, à destination essentiellement des militaires d’Amérique du Sud, pour enseigner la contre-insurrection « anti-communiste » (enlèvements, tortures et assassinats de masse, etc). Elle a notamment formé des officiers des dictatures militaires sud-américaines. Il y avait, parmi les « professeurs en torture », de célèbres galonnés français ayant commis d’innombrables horreurs pendant la guerre d’Algérie tels Aussaresses et Trinquier. Ils avaient effectivement beaucoup de choses à enseigner à leurs semblables !




Source: Oclibertaire.lautre.net